No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Time of high adventure


Sortie de "L’adieu aux rois", troisième tome de l’excellente série Servitude, déjà chroniquée ici et là, qui est ce qui se fait de mieux en fantasy.
Bourgier et David réalisent encore un travail d’une immense qualité, en alliant un scénario complexe et tortueux, aux multiples pelures intriquées, à des dessins magnifiquement tracés puis colorés au lavis donnant au tout une apparence à la fois ancienne et très réaliste.
Troisième tome oblige, on commence à comprendre les relations qui existent entre les différentes histoires, et, comme dans « Le trône de fer » par exemple, ce qui avait commencé comme une guerre de frontière entre un suzerain et son vassal devient une conflagration à grande échelle, impliquant toute l’humanité, et lestée d’enjeux qui dépassent largement les conflits locaux qui la constituent. Les rapports de force entre royaumes se modifient par le fer et le feu, l’équilibre des pouvoirs à l’intérieur même des royaumes par l’assassinat et la conspiration.
De riches annexes approfondissent la connaissance qu’on peut avoir du monde de Servitude et de sa cosmogonie. Au final, c’est un très bel album qui prolonge le travail fait sur les deux premiers tomes. Plus que deux à tenir pour terminer cette série qui sera, sans aucun doute, un des grands classiques de la fantasy en BD.
Servitude, t3, L’adieu aux rois, Bourgier, David

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