Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

I'll come back for you


"Bridesicle" est une nouvelle de Will McIntosh publiée dans Asimov's en 2009, prix Hugo et nominée Nebula.
Dans un futur proche, les morts peuvent être cryogénisés pour attendre des soins et un réveil à venir. Une assurance paie la cryogénisation et la conservation, mais c'est à quelqu'un de payer, le cas échéant, les soins de réanimation. Mira est stockée après un accident mortel de voiture. Sortira-t-elle du stock et comment ?
"Bridesicle" traite intelligemment de questions d'éthique qui nous guettent peut-être à moyenne échéance. Faut-il stocker les morts en attente d'un espoir de soin ? Qui aura accès à ce service ? A quel prix ? Quels seront les droits de ces ni-morts ni-vivants ? Les réponses qu'apporte l'auteur sont glaçantes (c'est le cas de le dire). Car si la mise en chambre froide est payante, la sortie du centre est loin d'être gratuite, et les morts doivent payer de leur personne s'ils veulent espérer vider les lieux (difficile d'en dire plus sans spoiler).
Ce qui fait l'immense qualité de cette nouvelle tient au fait que McIntosh parvient à poser une vraie question intellectuelle et à lui donner corps à l'aide de personnages qui provoquent l'empathie du lecteur. L'angoisse de Mira, sa tristesse, ses maigres rêves, son espoir, donnent réalité à ce qui n'aurait été sinon qu'une interrogation théorique. Comme dans Soft Apocalypse, l'histoire est portée par un personnage avec qui l'on tremble et dont on veut le bien. Et, comme dans son roman, McIntosh, en abordant une problématique qu'il connait bien académiquement, parvient à en tirer le meilleur.
La nouvelle se télécharge ici. Ne passez pas à côté.
Bridesicle, Will McIntosh

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