Bifrost 121 : entre dossier Walton et nouvelle de Nayler

Dans le Bifrost numéro 121, on trouve un copieux dossier Jo Walton ( dont je rappelle qu'elle a eu le Prix Planète-SF en 2017 pour Mes Vrais Enfants )  sous une couverture de Florence Magnin. Le numéro s’ouvre sur l’édito du boss qui rappelle à tous quel est l’âge canonique (trente ans) du Bélial et, de facto, de la revue Bifrost. Un édito en forme de bilan (d’étape) et de mise en lumière des (pas si subtils) changements qui ont affecté le monde de l’édition entre alors et maintenant. Suivent quatre nouvelles puis toutes les rubriques habituelles, critiques des nouveautés, scientifiction, and so on. On y trouve même les lauréats du Prix des lecteurs Bifrost 2025 : en catégorie francophone Résonances , de Mina Jacobson, et en traduction Joe 33 % , de Suzanne Palmer. Bravo à eux deux et au traducteur Pierre-Paul Durastanti qui s’est chargé du Palmer. Quatre nouvelles donc. D’abord, Contraction d’Iris de Peter Watts, un texte très wattsien qui met en scène, dans un futur p...

I'll come back for you


"Bridesicle" est une nouvelle de Will McIntosh publiée dans Asimov's en 2009, prix Hugo et nominée Nebula.
Dans un futur proche, les morts peuvent être cryogénisés pour attendre des soins et un réveil à venir. Une assurance paie la cryogénisation et la conservation, mais c'est à quelqu'un de payer, le cas échéant, les soins de réanimation. Mira est stockée après un accident mortel de voiture. Sortira-t-elle du stock et comment ?
"Bridesicle" traite intelligemment de questions d'éthique qui nous guettent peut-être à moyenne échéance. Faut-il stocker les morts en attente d'un espoir de soin ? Qui aura accès à ce service ? A quel prix ? Quels seront les droits de ces ni-morts ni-vivants ? Les réponses qu'apporte l'auteur sont glaçantes (c'est le cas de le dire). Car si la mise en chambre froide est payante, la sortie du centre est loin d'être gratuite, et les morts doivent payer de leur personne s'ils veulent espérer vider les lieux (difficile d'en dire plus sans spoiler).
Ce qui fait l'immense qualité de cette nouvelle tient au fait que McIntosh parvient à poser une vraie question intellectuelle et à lui donner corps à l'aide de personnages qui provoquent l'empathie du lecteur. L'angoisse de Mira, sa tristesse, ses maigres rêves, son espoir, donnent réalité à ce qui n'aurait été sinon qu'une interrogation théorique. Comme dans Soft Apocalypse, l'histoire est portée par un personnage avec qui l'on tremble et dont on veut le bien. Et, comme dans son roman, McIntosh, en abordant une problématique qu'il connait bien académiquement, parvient à en tirer le meilleur.
La nouvelle se télécharge ici. Ne passez pas à côté.
Bridesicle, Will McIntosh

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