Machine Vendetta - Alastair Reynolds

Tu connais mon blog, lecteur, tu sais qu’à chaque nouveau volume d’un même cycle mon envie de chroniquer décroît. Je vais donc traiter brièvement le tome conclusif de la saga Prefect Dreyfus Emergencies ; il s’intitule Machine Vendetta . Bref ne signifie pas insignifiant. Je vais donc t’apprendre, lecteur, que ce troisième ouvrage est à la hauteur des précédents, qu’il les surpasse même en ceci qu’il fait encore évoluer ses personnages tout en dénouant tous les fils de l’intrigue tissés depuis le début du cycle. Sans trop spoiler, sache que, au fil d’enquêtes sur une série de meurtres et d’attentats, on ira dans cet ouvrage jusqu’à la conclusion de la guerre d’usure entre IA surpuissantes entamée dans le tome 1 . Sache que l’ouvrage, comme son prédécesseur, peut être lu avec un œil politique. La division à l’intérieur du Glitter Band , les actions violentes qui opposent les radicaux de « communautés » présentées comme adverses, le poids des vieilles rancœurs et des péchés pas...

Femmes au bord de la crise de nerfs


"Ainsi naissent les fantômes" est un recueil de nouvelles de Lisa Tuttle, composé et traduit par Mélanie Fazi qui est peut-être sa plus grande admiratrice française. Publié par Dystopia, l'objet est beau, nanti d'une couverture superbe qui met le lecteur immédiatement dans l'ambiance. Mais on ne juge pas un livre à sa couverture. Qu'y a-t-il à l'intérieur ?

Rêves captifs est une nouvelle d'horreur très efficace, presque un modèle pour ce genre. Courte, intense, elle effraie en jouant sur enfermement, obscurité, ineluctabilité, avant de surprendre d'une bien belle manière.

L'heure en plus parlera bien aux mères ou aux hommes en couple avec des mères. C'est la maternité qui en est le centre. Dévouement permanent, effacement de soi, rêve de pouvoir mettre entre parenthèse cette servitude volontaire, l'héroïne croit pouvoir réaliser magiquement ce rêve, puis est rattrapée par les rets invincibles de la maternité.

Le remède est une belle histoire d'amour qui brode sur une thématique de Noam Chomsky. J'ai eu un peu de mal avec cette nouvelle. Quand des pratiquants de science humaine se lancent dans des extrapolations de sciences dures, ça donne souvent le flottement caractéristique de Deleuze ou Kristeva, comme l'a brillamment montré Alan Sokal.

Ma pathologie est une histoire de maternité (encore) et d'amour fou, à l'arrière-goût lovecraftien. Jusqu'où l'amour nous change-t-il en monstre ? Quel degré d'horreur acceptons-nous par amour ? Bien conduite, elle souffre d'une fin trop rapide à mon goût.

Mezzo-tinto est classique comme un récit de Weird Tales. Efficace, réussie, une bonne nouvelle à chute.

La fiancée du dragon lorgne vers la novella. Secrets de famille, maison héritée, ancienne "malédiction", bête magique, lande, voisins trop au courant, ce texte rondement mené m'a furieusement fait penser au Chien des Baskerville. Je l'aime autant.

Au final, une jolie petite anthologie, à lire la nuit pour frissonner quand crient les engoulevents.

Ainsi naissent les fantômes, Lisa Tuttle

L'avis de Lhisbei

Commentaires

Efelle a dit…
Je l'attaque dès demain !
Gromovar a dit…
Tu nous diras.
Pitivier a dit…
C'est tentant mais l'étiquette "Melanie Fazi approved" ne me rassure pas. Je n'ai pas du tout aimé Serpentine.
Gromovar a dit…
Alors, évite. Il y a des similitudes évidentes.
Lhisbei a dit…
Oui on voit une filiation entre Lisa Tuttle et Mélanie Fazi même si les thématiques sont très différentes :) Il faut mieux que tu passes ton chemin Pitivier
Gromovar a dit…
On dit que Mélanie Fazi est la padawane de Lisa Tuttle ?
Lhisbei a dit…
on peut dire ça même si à mon avis Mélanie est maintenant un Jedi :)