And Side by Side They Wander - Tanzer Molly

Imaginez qu’au milieu du XXIe siècle, la Terre ait été à deux doigts de devenir invivable pour l’humanité (ce n’est pas trop difficile à imaginer) . Imaginez que les Celerians, une espèce extraterrestre supérieurement avancée, nous aient alors contactés et fait le genre de proposition qu’on ne peut pas refuser : nos plus précieuses œuvres d’art contre une aide pour passer ce mauvais cap. Nos chefs-d’œuvre seront exposés dans un musée spatial loin de la Terre où ils seront préservés le temps que la planète se refasse une santé en utilisant les technologies offertes par les Celerians – compter deux ou trois siècles avant que les critères de restitution soient réunis. Les aliens offrent même de nous fournir des copies impossibles à distinguer des originaux, en plusieurs exemplaires même, de sorte que chaque musée du monde aura sa Joconde ou sa Victoire de Samothrace. C’est du gagnant/gagnant. L’humanité accepte donc. De toute façon, ce n’était pas comme si elle avait vraiment le choix éta...

Quand on sulfate la vigne, on flingue des coccinelles


Après une longue attente, le second volume de la belle série "Mattéo", de Jean-Pierre Gibrat, est sorti. Il est largement à la hauteur du premier, chroniqué ici. Après la Grande Guerre et la fuite en Espagne de Mattéo, le jeune anarchiste espagnol, toujours amoureux de la belle Juliette qui l'a trahi pour un bourgeois, s'embarque, plein d'espoir, pour Pétrograd afin de participer à la Révolution russe. Il y rencontre la belle Léa (décidément !) et beaucoup de désillusions.
Dans une ville en ébullition, où se côtoient tous les révolutionnaires de la planète, le bel idéalisme des anarchistes se fracasse sur le cynisme bolchévik. La brutalité des léninistes vient progressivement à bout de toutes les autres factions, avant de commencer à se retourner contre elle-même dans ce qui préfigure ce que sera la terreur soviétique, ce totalitarisme dans lequel chacun, même le moins suspect, est potentiellement coupable. La fin justifie les moyens, les pertes collatérales sont acceptables, et, comme le dit, parait-il, Arnaud Amaury, au siège de Béziers : "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens". Les intellectuels pensent la Révolution, et les pauvres diables qui la font boivent pour se donner du courage, luttent souvent les uns contre les autres, et crèvent au nom d'alliances qui se font et se défont sans cesse, quand ils n'arrêtent pas de plus pauvres diables encore.
Les graphismes de Gibrat sont toujours superbes. J'ai déjà dit tout le bien que j'en pensais dans la chronique précédente.
Comme précédemment, j'attends avec impatience le volume suivant pour un autre lieu et une autre guerre.
NB : Si on veut voir comme les bolchéviks étaient des gens sympathiques, on peut aussi lire Octobre Noir, même si la qualité n'est pas vraiment au rendez-vous de cet album. Grumf !
Mattéo, t.2, Jean-Pierre Gibrat

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