La Migration annuelle des nuages - Premee Mohamed - Retour de Bifrost 118

Futur trop proche, à quatre générations de nous environ. Prédation, effondrement de la biodiversité, changement climatique et pandémies émergentes, le monde (le nôtre) s'est effondré, pas sur un boom mais sur un murmure. Bien des humains sont morts dans les années de tribulation qui ont signé l’effondrement. Quelques-uns restent néanmoins. D'abord dans les lointains dômes, où les plus riches se sont apparemment réfugiés et où subsisteraient les merveilles de l'Ancien Monde (Cf. Exodes , de Jean-Marc Ligny) . Ensuite, plus nombreux, dans les ruines des villes, non loin d’une nature endommagée redevenue sauvage et donc dangereuse. Reid vit avec sa mère au sein d'une communauté qui tente de survivre dans ce qu'il reste d'Edmonton, précisément dans le campus de la ville. La jeune femme, comme sa mère, est porteuse du Cadastrulamyces , abrégé cad, un champignon parasite (Cf. The Last of Us ) qui se transmet de parent à enfant et finit par tuer son hôte non sans l’a...

Quand on sulfate la vigne, on flingue des coccinelles


Après une longue attente, le second volume de la belle série "Mattéo", de Jean-Pierre Gibrat, est sorti. Il est largement à la hauteur du premier, chroniqué ici. Après la Grande Guerre et la fuite en Espagne de Mattéo, le jeune anarchiste espagnol, toujours amoureux de la belle Juliette qui l'a trahi pour un bourgeois, s'embarque, plein d'espoir, pour Pétrograd afin de participer à la Révolution russe. Il y rencontre la belle Léa (décidément !) et beaucoup de désillusions.
Dans une ville en ébullition, où se côtoient tous les révolutionnaires de la planète, le bel idéalisme des anarchistes se fracasse sur le cynisme bolchévik. La brutalité des léninistes vient progressivement à bout de toutes les autres factions, avant de commencer à se retourner contre elle-même dans ce qui préfigure ce que sera la terreur soviétique, ce totalitarisme dans lequel chacun, même le moins suspect, est potentiellement coupable. La fin justifie les moyens, les pertes collatérales sont acceptables, et, comme le dit, parait-il, Arnaud Amaury, au siège de Béziers : "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens". Les intellectuels pensent la Révolution, et les pauvres diables qui la font boivent pour se donner du courage, luttent souvent les uns contre les autres, et crèvent au nom d'alliances qui se font et se défont sans cesse, quand ils n'arrêtent pas de plus pauvres diables encore.
Les graphismes de Gibrat sont toujours superbes. J'ai déjà dit tout le bien que j'en pensais dans la chronique précédente.
Comme précédemment, j'attends avec impatience le volume suivant pour un autre lieu et une autre guerre.
NB : Si on veut voir comme les bolchéviks étaient des gens sympathiques, on peut aussi lire Octobre Noir, même si la qualité n'est pas vraiment au rendez-vous de cet album. Grumf !
Mattéo, t.2, Jean-Pierre Gibrat

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