L'Enfant du Deptford - Nat Cassidy

L'Enfant du Deptford , de Nat Cassidy, un roman trop mou, trop fade, trop quelconque pour séduire. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 125, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : Et si votre enfant n'était plus vraiment… le vôtre ? Après la naissance très compliquée de leur fille Charlie, Ana et Reid ont désespérément besoin d'un nouveau départ. Tout semble enfin leur sourire lorsqu'ils ont l'occasion, pour un loyer modique, de vivre dans un appartement au Deptford, l'un des immeubles les plus prestigieux de Manhattan, avec vue sur Central Park. Mais très vite, une présence insidieuse se fait sentir. Bruits inexpliqués, couloirs secrets, voisins inquiétants… Puis le doute s'installe. Quelque chose cloche. Dans l'immeuble. Et avec le bébé. Un roman troublant, intense et profondément dérang...

Into each life, some rain must fall


"Lucifer's Hammer", de Larry Niven et Jerry Pournelle, est présenté comme un roman post-ap. Ce n'en est pas un.
Publié en 1977, il est typique de l'époque dans le fond comme dans la forme. Dans le fond, on y trouve des hippies en communauté, des Black Panthers, le début de l'environnementalisme (ses tenants étant présentés au mieux comme de doux cinglés), la Guerre Froide (et une seconde rencontre Apollo Soyouz, pour les plus vieux d'entre vous, ainsi qu'un inévitable tir d'ICBM), autant de considérations parasites qui semblent n'être là que pour sacrifier à l'époque et prouver au critique du New York Times qu'on peut écrire des fariboles sans cesser d'être en prise avec la réalité. Sur la forme, c'est un film catastrophe avec tout ce que ça peut signifier : 200 pages inutiles au début (la présentation des personnages qu'on est censé apprendre à aimer), un casting cookie-cutter, des intrications familiales ou sexuelles entre les personnages qui compliquent les choix cornéliens à faire (prendre ou pas dans sa voiture les 200 survivants affamés qui n'en ont pas), grumf ! Et comme dans tout film catastrophe, l'action est centrée sur ce qui suit immédiatement le désastre (quelques semaines au plus), et une tentative de retour à la "normalité" largement invraisemblable. On est dans le prosaïque court-termiste. Ca a plus un goût d'inondations au Pakistan que de fin du monde.
Pour rendre les choses un peu plus difficiles, il y a des méchants bien sûr, très méchants ; il y a aussi, pour garder l'histoire en mouvement, des rencontres et surtout des retrouvailles improbables. Et malgré 600 pages de texte (dont 400 en net), le duo d'auteurs se perd dans tellement de considérations stériles, notamment techniques, que beaucoup de personnages ou de fils narratifs sont sous exploités. Là encore l'impression est cinématographique, on dirait que des scènes ont été coupées au montage.
Quelques passages sont néanmoins agréables, mais "Lucifer's Hammer" est à lire seulement si vous avez adoré L'aventure du Poséidon. Sinon...
Lucifer's Hammer, Larry Niven et Jerry Pournelle

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