L'Enfant du Deptford - Nat Cassidy

L'Enfant du Deptford , de Nat Cassidy, un roman trop mou, trop fade, trop quelconque pour séduire. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 125, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : Et si votre enfant n'était plus vraiment… le vôtre ? Après la naissance très compliquée de leur fille Charlie, Ana et Reid ont désespérément besoin d'un nouveau départ. Tout semble enfin leur sourire lorsqu'ils ont l'occasion, pour un loyer modique, de vivre dans un appartement au Deptford, l'un des immeubles les plus prestigieux de Manhattan, avec vue sur Central Park. Mais très vite, une présence insidieuse se fait sentir. Bruits inexpliqués, couloirs secrets, voisins inquiétants… Puis le doute s'installe. Quelque chose cloche. Dans l'immeuble. Et avec le bébé. Un roman troublant, intense et profondément dérang...

Ossements et espoirs


Denoël publie cette année un roman de RC Wilson qui date de 1991. C'est une excellente initiative, même si "A bridge of years", titre parfaitement adapté à l'histoire, devient étonnamment en français "A travers temps".
Dans "A travers temps", un homme trouve dans sa cave un tunnel vers le passé récent, l'éternel âge d'or de la génération précédente. Qu'en fera-t-il ?
Sur ce pitch minimaliste, Wilson développe une bien belle histoire mélancolique. Fidèle à l'approche dans laquelle il excelle, il délaisse les questions de plausibilité pour se consacrer à étudier l'effet des perturbations scientifiques sur la vie de ceux qu'elles affectent.
Le temps peut-il être une échappatoire ? Peut-on quitter un hic et nunc décevant pour un autre chronos plutôt que pour un autre topos ? Comment vivre dans un monde dont on connait l'avenir ? Comment s'y impliquer ? Comment laisser les autres se tromper ? Que peuvent être pour nous des autres, vivants devant nous mais déjà morts dans notre passé ? Comment juger des conflits dont la futilité sera avérée ultérieurement ? Comment ne pas trouver tout conflit absurde ?
A toutes ces questions que se posent les héros du roman, RC Wilson apporte des réponses sensibles et balancées. Ce que traite Wilson dans ce roman, c'est la valeur du présent. Ce lieu, qui cesse d'exister dès sa création, est pour Wilson le point où se rencontrent les ossements du passé et les espoirs d'avenir. Il est donc le seul où l'Homme peut vivre, laissant reposer les morts et espérant en des lendemains meilleurs. Contrairement à un Barrès déclarant "La nation, c'est la terre et les morts", Wilson sait que le passé n'existe que pour servir de fondation à l'avenir.
L'œuvre de Wilson mêle souvent l'humain et le temps, c'est encore le cas ici et c'est judicieux car la conscience du passage du temps est l'un des seuls problèmes qui soient strictement humains. Il avait été traité aussi d'une superbe manière dans le magnifique Le jeune homme, la mort, et le temps, de Richard Matheson. Dans un style très classique rappelant bien plus Matheson, justement, ou Dick que la Hard-SF, Wilson bâtit une histoire émouvante et profonde. Lire "A travers temps" laisse un sentiment doux-amer, paisiblement mélancolique.
A travers temps, Robert Charles Wilson

L'avis d'Efelle

Commentaires

Efelle a dit…
Une très bonne surprise en ce qui me concerne.