JC Dunyach excelle dans le Bifrost 115

Dans le Bifrost 115 , sous une couverture qui fleure bon l'Age d'or, on trouve les rubriques habituelles : édito d'Olivier Girard, critiques des sorties récentes, scientifiction (sur les Anti-Terre, par le duo Chemla Lehoucq, qui parlent même de Gor ce qui prouve, en nos temps éveillés, une liberté d'esprit méritoire) . On y trouve aussi un imposant dossier James Tiptree Jr. coordonné avec énergie et entrain par l'encyclopédique Jean-Daniel Brèque. Et, comme toujours, quatre nouvelles. Les Objets savent , de Jean-Claude Dunyach, est la première nouvelle de la revue. Petit bijou d'humour et de pétillance, elle raconte la résolution express d'une affaire de meurtre par l'IA d'un véhicule militaire reconverti en taxi qui utilise pour ce faire son immense puissance de calcul ainsi que celle de toutes les objets connectés qui l'environnent. Que font les IA sentientes de leur temps ? Elle échangent, ragotent, réfléchissent, et parfois résolvent des af

Dieu reconnaitra les siens


"Tuez-les tous, Dieu reconnaitra les siens" est la phrase mémorable (mais non attestée de manière fiable) qu'Arnaud Amaury, légat du pape Innocent (!?!) III, aurait prononcée à la fin du siège de Béziers en réponse à un soldat qui demandait comment choisir entre cathares et catholiques. C'est aussi le titre du premier tome de la nouvelle série d'Arnaud Delalande et Eric Lambert, "Le dernier cathare".
Loin des histoires de templiers auxquelles il pourrait faire penser, cet album aborde un évènement historique assez peu traité dans la BD, la croisade des Albigeois qui, de 1208 à 1249, annihila le catharisme (jugé hérétique), et l'indépendance occitane par la même occasion. Ne pas crier, donc, à la DaVinciconnerie, "Le dernier cathare" n'a rien à voir avec l'épuisante mode des histoires de chevalerie ésotérique. On est ici bien plus près du "Trône d'argile", l'excellente série de Jarry et Caneschi sur la dernière partie de la guerre de 100 ans, c'est à dire dans le récit historique crédible. Et cette histoire étant peu reluisante, on y voit le cynisme de l'Eglise, la faible valeur morale de nombreux chevaliers, l'absurdité d'une croisade en terre chrétienne, l'assassinat de masse commis par le fanatique religieux Arnaud Amaury.
Originalité du thème, scénario fouillé et documenté, apports culturels, équilibre savamment réalisé entre didactisme et aventure, dessins et couleurs réalistes de bonne facture, cet album fait plaisir à lire autant qu'il cultive. On en sort diverti et enrichi. Vivement la suite !
Le dernier cathare, t1 Tuez-les tous, Delalande, Lambert

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