A Violent Masterpiece - Jordan Harper

Los Angeles, aujourd’hui. Jake est un ancien chroniqueur de la nuit people reconverti en streamer trash. Nuit après nuit, il parcourt les rues de LA dans sa voiture pour filmer les braquages, meurtres et fusillades que détecte son scanner de police. Il vit de dons en commentaires et d’abonnements pour ses produits les plus trash. Quand son ancienne boss du site Truth or Dare lui propose ce qui ressemble fortement à du stalking de personnalités en vue de chantage, il accepte. Le salaire est convaincant. Doug est un avocat public. Il défend surtout des déshérités qu’un système bien plus fort qu’eux et une justice américaine qui est plus un match entre accusation et défense qu’une recherche de la vérité met en péril dès l’incrimination. Pour ses clients, Doug est « le couteau qu’ils amènent à la fusillade » . Il se trouve, presque par hasard, à défendre, pour une audience de libération sous caution, Eric Algar, un riche producteur accusé de pédophilie qui, étonnamment, a catégor...

Les arbres ne montent jamais jusqu'au ciel


Nouveau petit opuscule du Cepremap. Un peu ardu pour le grand public dans sa deuxième partie (quoique...), mais de très grande qualité.
Chef de file de l'école des conventions, André Orléan livre ici son analyse de la crise financière de 2007-08. Dans "Neuromancien", William Gibson décrit la Matrice comme "une hallucination consensuelle". Pour Orléan, la valeur des actifs financiers est aussi une hallucination consensuelle. A l'opposé des tenants de l'orthodoxie pour qui la valeur des actifs reflète toujours plus ou moins les fondamentaux des entreprises et de l'économie, les conventionnalistes considèrent qu'elle n'est que le résultat d'un accord implicite et quasi-inconscient entre intervenants (comme dans le célèbre exemple du Concours de beauté de Keynes). Plus précisément, les oscillations de prix autour d'hypothétiques valeurs fondamentales sont d'une extrême intensité, comme l'affirmait déjà Dornbush il y a quelques années. Alors Orléan développe la thèse, minoritaire dans le monde économique, suivant laquelle les marchés financiers ne sont pas efficients. Il explique comment, sur les marchés spéculatifs, la demande augmente avec le prix et baisse avec lui, à l'opposé de ce qui se passe normalement sur les marchés de biens. Ce phénomène a deux conséquences liées : l'apparition spontanée de bulles spéculatives et la grande difficulté à sortir de la spirale dépressive quand elle est enclenchée, forçant alors l'Etat à intervenir à grand renfort d'argent public. En d'autres termes, les marchés ne sont pas efficients et bulles et dépression sont normales. Se pose alors la nécessité de contrôler étroitement le secteur financier afin d'éviter les crises globales comme celle qui vient d'avoir lieu. A l'opposé de la doxa propagée par le banque centrale US, il importe, pour l'auteur, de recloisonner les marchés afin de circonscrire les crises. La finance globalisée, théorisée et mise en œuvre notamment par Alan Greenspan, ne souffre pas d'une régulation insuffisante, elle est, pour Orléan, impossible à réguler. Décloisonnée pour favoriser la liquidité, et ainsi une meilleure allocation mondiale des ressources financières, la finance se retrouve aujourd'hui hors de tout contrôle, notamment à cause du hors-bilan et des produits structurés, au risque impossible à évaluer. Après la crise de 1929, le secteur financier avait été corseté pour éviter d'autres crises ; il s'est libéré de ce corset durant les années 80 ; il est urgent de remettre le corset en place et de serrer fort, même au prix d'un léger ralentissement de la croissance mondiale.
De l'euphorie à la panique, penser la crise financière, André Orléan

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