Something is killing the children t9 - Tynion IV - Dell'Edera

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis mon bref post sur le tome 2 . De l'eau et des tomes puisqu'aujourd'hui nous en sommes à l'opus 9, intitulé All her monsters , qui rappellera par son titre comme par son propos le Demon in a Bottle d'Iron Man. L'histoire principale du début de la série s'est conclue, pour le mieux si l'on peut dire. Au fil de l'eau, entre le 2 et le 9, alors que je flemmardais et ne chroniquais pas, on aura appris bien des choses sur l'organisation à laquelle appartient la chasseuse Erica Slaughter ainsi que sur les monstres qu'elle combat. Depuis deux volumes maintenant, nous explorons son passé, ses jeunes années d'enfant et de chasseuse. Les qualités dites dans la chronique du tome 1 sont toujours présentes. C'est un comic qu'on lit avec l'excitation des plaisirs simples qui régalent sans être gâchés par une simplicité excessive (si tu comprends ce que je veux dire, lecteur, tu es fort) . ...

Suite et fin


"Dark blood" poursuit et clôt l'histoire commencée dans "Bone song".

Warning : Il existe un livre, de John Meaney aussi, appelé "Black blood". Ce n'est que "Dark blood" avec son titre US. Ne pas acheter sous peine de doublonner.

Je ne réécris pas tout ce vous trouverez dans le premier post concernant le décor et l'ambiance, excellents. Je trouve par ailleurs que "Black blood" est supérieur à "Bone song" en ce qui concerne le scénario et la narration. Le roman aborde la politique de Tristopolis avec des accents qui évoquent les grands films ou romans politico-policiers des années 70 en France ou aux Etats-Unis (penser à Serpico ou autres films du genre). Les personnages principaux y sont aussi des flics qui ne savent plus auxquels de leurs collègues ils peuvent faire confiance. Les représentants de l'autorités dans la ville sont aussi ceux qui en menacent la paix. A cela s'ajoute une situation pré-ségrégationniste qui en quelques images évoque immanquablement la montée des tensions antisémites dans l'Allemagne des années 30. Il y a dans le livre ce mélange entre une intrigue principale, qui est le point focal de la vision du lecteur, et un background, visible en vision périphérique (pas tant que ça d'ailleurs), caractérisé par le développement d'un racisme violent à l'endroit de populations jusqu'alors intégrées qui évoque immanquablement le "Cabaret" de Bob Fosse, excellent film adapté de l'excellente novella "Goodbye to Berlin" de Christopher Isherwood. Sur le plan narratif, c'est un roman dont le découpage est très cinématographique. Les points de vue alternent rapidement entre les quelques personnages principaux, et l'action est dense. Si on cherche des personnages très développés, il vaut mieux passer son chemin. L'intrigue est capitale, elle est l'objet du livre, et elle utilise les personnages comme des caméras qui permettent au lecteur de l'observer. Mais c'est ce que les anglo-saxons appellent a real page-turner et parfois ça repose.
"Dark blood" est aussi l'occasion de découvrir de nouveaux aspects fantastiques de Tristopolis, d'en savoir plus sur les zombies, sur les mages, et globalement sur les différents quasi-humains qui peuplent la ville, de prolonger une ballade déjà fort plaisante entamée dans le premier volume. On regrettera simplement, comme dans "Bone song", une fin un peu rapide, comme si John Meaney avait du lait sur le feu et devait vite fermer son document Word.
Dark blood, John Meaney

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