Revue Tina IA - Collectif

  Je ne suis guère partisan de l'autopromo mais, la revue étant collective, je veux signaler ici la sortie du numéro de  la revue Tina  consacrée à l'IA. Je ne citerai personne pour n'oublier personne (sommaire ci-dessous) , je dirai juste ici que les 190 pages de la revue sont bien remplies de fictions autant que de non-fictions, qu'on y croise Ian Soliane ( qui commence à être bien connu des lecteurs de ce blog ) , qu'on y lit de la poésie et qu'on peut même y écouter une bande-son. Le sommaire complet de la revue est disponible là. Allez y jeter un oeil, voire les deux.

Pour la vue


"Bone song", de John Meaney, est le premier livre de la trilogie "Tristopolis". C'est un mélange assez inédit de policier noir et de dark fantasy.
Commençons par ce qui n'est pas optimal dans ce roman. La partie noir ou hard-boiled est très (trop ?) classique. Flic incorruptible, tensions internes aux services, corruption, infiltration profonde et risquée, tout ici a déjà été vu ailleurs. Ca ne signifie pas que ça a été mal réalisé, le suspense est même mené à un rythme qui pousse à lire vite, très vite, pour en savoir plus, mais ce n'est en rien original ou innovant.
Ce qui est passionnant, en revanche, c'est le contexte dans lequel cette enquète prend place. La ville de Tristopolis se situe dans une réalité alternative gothique. Faisons-y un tour rapide, j'espère qu'il vous donnera l'envie d'y déambuler aussi. A Tristopolis, la magie est utilisée pour quantité de choses triviales ou capitales, en particulier, ici, dans le domaine des enquètes policières; des morts-vivants participent, volontairement ou sous la contrainte, à la vie sociale; les morts ou les mourants sont utilisés comme source d'énergie. Un immense réseau d'archives est lu par des prescients qui souffrent pour ce faire. L'architecture est faite de tours immenses ornées de symboles cabalistiques, construites sous un ciel perpétuellement pourpre. Quantité d'objets sont animés par des esprit liés qui leur donnent une vie propre et des fonctions additionnelles. Des chiens de l'enfer assurent la sécurité. Ce foisonnement est particulièrement visuel. Rapidement on parcourt en esprit les rues de Tristopolis en compagnie de Donal Riordan, lieutenant de police cherchant à élucider une série de meurtres dont les victimes sont des acteurs ou des chanteurs d'opéra. Cette ville évoque, si on doit la comparer, d'autres créations artistiques. On pense au Tim Burton de "L'étrange Noël de Mr Jack" pour l'ambiance gothique, à New Crobuzon, la ville de "Perdido Street Station", pour le foisonnement exotique, à l'univers de la BD "Le régulateur" de Corbeyran pour le design art déco steam, à l'extension de Dongeons et Dragons "Planescape" pour la place centrale accordée à la douleur commme prix à payer pour toute connaissance. Enfin, les objets semi-conscients et l'immense réseau d'archive évoquent un univers de type cyberpunk. Beaucoup de références donc, plutôt bien utilisées et mixées. Découvrir Tritopolis est un vrai plaisir. Le lecteur a vraiment le sentiment de parcourir une terre (très) étrangère. Et, en ce qui concerne la partie policière proprement dite qui est l'occasion de parcourir les rues et les souterrains de cette fascinante métropole, j'aurais une petite mention pour deux twists finaux que je n'avais pas envisagés. Et je crois bien que je lirai sous peu les deux suites qui prolongent la découverte de ce superbe univers.
Bone song, John Meaney

Commentaires

Munin a dit…
M'intéressant de près au mélange polar + fantasy, c'est un titre que je note soigneusement !
Gromovar a dit…
J'ai beaucoup aimé. Je ne sais pas si ce sera vrai pour tout le monde mais...
tiberix a dit…
Rafraîchissant, avec quelques moments dignes d'un Clark Ashton Smith... ^_^