Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

L'homme qui valait moins qu'un kopek


"Le dernier de son espèce" est un roman d'Andréas Eschbach, le génial auteur de "Des milliards de tapis de cheveux". Dans un genre complètement différent c'était une véritable réussite. Qu'en est-il du "Dernier de son espèce" ?
Tout le monde se souvient je pense de "L'homme qui valait 3 milliards", série culte des années 70 dans laquelle Steve Austin, astronaute (joué par l'inénarrable Lee Majors), devenait le premier homme bionique et travaillait pour les services secrets ; dans "Le dernier de son espèce", le programme a vraiment existé. Des cyborgs ont été créées en ajoutant des parties bioniques à des soldats pour en faire des surhommes. Ils y ont gagné une énorme puissance physique, mais y ont énormément perdu en terme de qualité de vie. Puis le programme a été abandonné et tous se sont dispersés. Ils ont vieillis, leurs implants ont vieilli aussi. Ces surhommes déchus connaissent simultanément un vieillissement organique et un vieillissement mécanique, après avoir fait le deuil de leurs illusions (il y a du Faust et de l'Icare dans ces hommes). Et pour couronner le tout, après dix ans de retraite anticipée, le passé les rattrape.
"Le dernier de son espèce" est un superbe roman. Il parle de manière très émouvante de la vieillesse et de la désillusion. Il est une interrogation sur la "vie bonne", et sur l'utilisation qu'on doit faire du temps si on ne veut pas le gaspiller alors qu'il est la seule chose précieuse et la seule vraie propriété de l'homme. Il est un éloge du stoïcisme comme moyen de supporter la vie et son adversité (le héros du livre est tellement convaincant que j'ai commencé, comme lui, à lire Sénèque, dont les pensées servent d'exergue à chaque chapitre). C'est aussi une histoire de trahison et de dissimulation, de celles dans laquelle la moindre information fait l'objet de rétention, car après avoir passé une vie à mentir il est impossible de traiter la vérité d'une manière simple.
Le personnage principal est magnifiquement développé et il est impossible de ne pas compatir à ce qu'il subit, tout en admirant la sérénité que la philosophie a fini par lui apporter (la fin est à cet égard exemplaire). Dans le huis-clos extérieur que constitue le petit village irlandais où se déroule l'action, ce vieux soldat déchu met en application la sagesse stoïcienne dans un détachement progressif qui l'amène à accepter ce que les stoïciens appellent "les choses sur lesquelles l'homme n'a pas de prise".
Voici donc un beau livre, émouvant et intelligent (et très lisible par quelqu'un qui n'est pas un lecteur habituel de SF, pensez à vos jeunes amies).
Le dernier de son espèce, Andréas Eschbach

La critique d'Efelle

Commentaires

Anonyme a dit…
Ca fait un bon moment que je lorgne sur celui ci... Va bien falloir que j'y vienne.
Gromovar a dit…
Viens-y. La couverture m'a longtemps retenu, j'ai eu tort.
Munin a dit…
J'ai un excellent souvenir des milliards de tapis de cheveux, mais aussi de Station Solaire, au thème plus classique mais parfaitement maîtrisé. Je vais donc également récupérer celui-ci pour l'insérer dans ma pile. Merci du billet !
Efelle a dit…
Vraiment chouette !
Merci !