Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Dystopie pour débutants


"Zen city" est une dystopie quasi-réaliste. Elle décrit le fonctionnement d'une cité "idéale" centrée sur la consommation et la réalisation personnelle (et sur la consommation comme moyen de la réalisation personnelle), sur l'idée en particulier que le temps libre devrait être utilisé à consommer des services et qu'il y a toujours des moyens plus efficaces pour "inciter" les hommes à consommer, et pour ce faire à travailler. Le roman développe des thèmes qui sont au coeur de la critique anti-consumériste et anti-productiviste, les thèmes qu'on trouvait par exemple dans le "No logo" de Naomi Klein. Mais c'est surtout au Herbert Marcuse de "L'homme unidimensionnel" qu'on pense en lisant "Zen city". L'aliénation au travail par la consommation, qui était le thème de son ouvrage prophétique, est au centre de la problématique du livre et elle est illustrée d'une manière assez originale par la cession de parts de salaires en contrepartie de l'achat de biens ou de services. La société d'ultra-consommation est alors décrite comme un totalitarisme doux dans lequel la docilité est assuré par l'accoutumance au revenu et à la consommation (largement futile) qu'il permet. On peut penser aussi au "Days" de James Lovegrove pour la place centrale accordée au centre commercial "Zen market", nexus de la vie de "Zen city", et peut-être bientôt de notre vie dominicale si le travail du dimanche devient réalité. Dans le même ordre d'idées, les différents moyens de développer la productivité personnelle mis à la disposition des salariés et l'attention aimante dont les sociétés de "Zen city" font montre à leur égard rappellent assez le code d'Hammourabi qui prévoyait la répudiation des femmes sexuellement inactives afin d'assurer la satisfaction de ses sujets masculins, et par là même leur collaboration bienveillante .
Comme toujours dans ce type d'ouvrage, le héros va se trouver impliqué dans un groupe de "résistants" aux intentions pas si claires qu'ils veulent le faire croire. Il va alors découvrir les tentatives de manipulation à grande échelle dont se rendent coupables les fondateurs de "Zen city" qui appliquent de manière empirique les dernières avancées du neuromarketing.
Qu'on ne comprenne pas mal le titre de ce post ! "Zen city" est un livre que je recommande. Mais je le recommande plutôt aux lecteurs de ce blog comme un cadeau à offrir à des personnes un peu novices dans le fantastique. Pour des personnes plus habituées, la dystopie est trop légère pour être réellement prenante. L'auteur a voulu rester le plus près possible de technologies existantes (explications en annexe à l'appui) pour démontrer que ce qu'il décrit est presque la réalité, mais l'amateur de SF préfèrera du Ballard qui sait aller un peu plus loin dans la folie.
Zen city, Grégoire Hervier

Commentaires

Anonyme a dit…
Un ami consumériste de gauche m'a offert ce bouquin, et je ne cache pas avoir pris un certain plaisir en entrant dans l'intrigue. Dénoncer les totalitarismes qui menacent nos sociétés fragiles, j'adhère; c'est mon côté idéaliste qui parle.
Mais les personnages manquent de profondeur et le scénario devient plus paresseux dans la deuxième partie; en hésitant entre fiction et réalisme, l'auteur tombe dans un entre-deux un peu frustrant. Ni vraiment délirant, ni vraiment crédible.
Gromovar a dit…
D'accord. A partir de l'arrivée de la fille de l'agence de rencontre, la jonction ne se fait plus entre une dénonciation réaliste et une oeuvre de fiction spéculative.
Pas d'accord en ce qui concerne les personnages, tout au moins le personnage principal. Je trouve que l'idée du héros absolument moyen est bien trouvée. En revanche le personnage de la fille est à la limite du ridicule.