Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Exhilarating


Ce petit opuscule de Jean-Pierre Andrevon narre avec ironie et détachement l'invasion du monde par des zombies revenus malencontreusement d'entre les morts. L'auteur réussit à faire tenir ensemble, sans raccord visible, deux parties assez différentes, d'une part l'arrivée des zombies, décrite sur un ton où l'angoisse et la stupeur sont mélées à la goguenardise, d'autre part les derniers efforts du héros pour survivre dans un monde devenu un cimetière à ciel ouvert. Andrevon, auteur, critique, musicien, et j'en passe, bien connu dans le milieu, place volontairement, et de manière plutôt judicieuse, ses réflexions sur l'environnement et sa destruction par l'humanité ; il décrit avec un réalisme désabusé les rapports d'un couple qui se connait depuis trop longtemps, et l'amour immodéré de deux filles pour leur deux mêres ; il explore quelques perversions humaines ; il illustre les rapports qu'entretiennent la mort et le sexe ; il utilise aussi parfois, et là c'est sûrement involontaire, un vocabulaire ou des images qui prouvent qu'il a plus de 70 ans, ce qui donne à son roman le charme désuet des livres écrits "avant". Le politiquement correct est brièvement tourné en dérision, ce qui est toujours agréable, avant de céder face aux contraintes de la réalité. Les autorités ne contrôlent la situation qu'un temps ridiculement court avant que leur contrôle, précisément, ne tourne court. Et surtout, il raconte l'histoire d'un héros un peu improbable que le lecteur trouve foncièrement sympathique, ce qui le pousse à tourner les pages à la vitesse grand V pour savoir s'il va s'en sortir et comment. Au fil de l'histoire, Jean-Pierre Andrevon fait des références quasi-explicites au "Je suis une légende" de Richard Matheson, et certaines scènes évoquent furieusement "Mad Max II", ainsi que tous les film de zombie de Romero. "Un horizon de cendres" est court, rythmé, haletant. C'est le parfait ouvrage pour un voyage en train (je n'ai pas dit roman de gare ;-) ou une ou deux soirées à remplir agréablement. Ce livre est excitant.
Un horizon de cendres, Jean-Pierre Andrevon

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