Painstaking - Rich Larson

Nous parlions ce matin de guerrier immortel, de facteur de régénération, de combats surhumains, dans une ambiance mythologique. On peut lire en VO un texte bien plus court de Rich Larson. Il s'intitule Painstaking et est lisible là . Autre salle, autre ambiance, autre origine du pouvoir, mais même genre de personnage. Un homme, modifié pour se régénérer sans limite, doit fuir ceux qui veulent sa mort dans une Namibie du futur. Il parcourt pour ce faire une ville que Larson décrit avec force détails, comme il le fait toujours, construisant un monde dont on sent la cohérence même si on n'en voit qu'une infime partie. Il donne aussi l'occasion, chemin faisant, de s'interroger sur l'identité potentielle d'un double bourgeonné. Qu'est donc le double pour moi ? Un jumeau ? Un frère ? Un fils ? Un clone ? Une copie carbone ou un individu doté dès son apparition d'une personnalité et d'un agenda propres ? Même si le texte laisse un peu sur sa faim, Lar...

Un, deux, Freddy te coupera en deux...


Voici un recueil de nouvelles proprement terrifiant. Je dois un énorme remerciement à Nébal, dont la chronique m'a incité à l'acheter. Spontanément je n'aurais jamais investi dans l'ouvrage d'une femme qui se fait appeler Gudule. Préjugés, quand vous nous tenez...
"Le club des petites filles mortes" regroupe plusieurs novellas d'horreur fantastique (parmi lesquelles les chef-d'oeuvre absolus "Entre chien et louve", "Mon âme est une porcherie" et "Petite chanson dans la pénombre") plus éprouvantes les unes que les autres. Le point commun entre toutes est la présence centrale d'une enfant malmenée, martyrisée, terrorisée. Dans des styles divers, souvent à la première personne, ces histoires sont des contes terrifiants pour adultes, capables d'effrayer comme le faisaient les contes de Grimm quand nous étions enfants. L'ambiance y est noire, très noire, les enfants y sont victimes mais ils savent aussi y être atrocement cruels, les adultes y sont moins protecteurs que menaçants, les happy end y sont inexistants. Il y est question de mort, de névrose, de schizophrénie, de sexe pas toujours consenti, souvent d'odeurs, souvent aussi de métempsycose. La mort n'y est ni belle ni paisible. Elle y est faite de corps brisés et de sang qui inonde.
Au fil des novellas, on ne peut s'empècher de penser au Pierre Bordage de "Nouvelle vie", aux situations abracadabrantesques qu'affectionnait Boris Vian, au monde paranoïaque du "Brazil" de Terry Gilian. Et le plaisir de ces reminiscences est intense. Mais surtout, et c'est là la grande réussite du livre, il n'est pas possible de lire "Le club des petites filles mortes" sans ressentir une tension et un malaise qui grandissent inexorablement du début de chaque texte à l'acmé terrible de sa conclusion. Ces petites filles ne meurent pas dans la sérénité, pas en silence, et même la mort n'est pour elles qu'une étape vers plus d'horreur encore. De plus, sur des textes courts (d'environ 80 pages), la progression narrative est suffisamment maitrisée pour que chaque élément soit dévoilé progressivement sans révélation trop précoce ou explication finale didactique. Ce livre tient en haleine et ce livre fait peur. Il est réellement éprouvant et il est impossible de le lire d'un seul oeil. Dans le domaine de l'horreur fantastique, si difficile car il n'est pas aisé de susciter la terreur chez un lecteur installé avec un café dans le confort lumineux de son salon, c'est une réussite totale. Si on aime se faire un peu mal, c'est une médication indispensable. Si je ne l'avais pas lu, j'aurais raté quelque chose de grand. Maintenant je vais aller lire un peu de Bourdieu pour me décontracter.
Le club des petites filles mortes, Gudule

Commentaires

Anonyme a dit…
Aaaaaaaah ! Hein, que c'est bon, hein, hein ? :)

Une très très très bonne surprise en ce qui me concerne.
Gromovar a dit…
Fameux, fameux.
Anonyme a dit…
C'est dans la pile suite à Nébal aussi tout ça... Faut que le lises !
Gromovar a dit…
Tu ne le regretteras pas. J'attaque "L'accroissement mathématique..." là.
Anonyme a dit…
Bonne lecture, tu ne le regrettera pas non plus. ;)
Anonyme a dit…
Je l'ai enfin lu... Brrr !
Très efficace dans l'ensemble et deux textes vraiment excellent.
Gromovar a dit…
Content que tu n'ai pas été déçu.
fleurdusoleil a dit…
J'ai aussi été agréablement surprise par ce recueil de nouvelles "épouvante". Comme toi le nom de l'auteur ne m'inspirai pas, et comme toi je me suis trompée.
Gromovar a dit…
Ce qui nous prouve à tous les deux qu'on ne juge pas un livre à sa couverture.