Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

Abondance de biens nuit


Sortie ce mois-ci du recueil de nouvelles de Catherine Dufour "L'accroissement mathématique du plaisir". Une pluie de louanges tombait sur l'ouvrage avant même sa sortie, et elle s'est transformé en cataracte depuis.
On trouvera de longues et bonnes critiques par exemple ici :
Chez Efelle
Chez Nebal
Chez Mr Cafard

Mais, en dépit de la grande qualité de plusieurs des nouvelles qui composent "L'accroissement", je dois à la vérité de dire que j'ai été déçu par l'assortiment, présenté partout comme intégralement bon (à l'exception reconnue d'une seule nouvelle).
Concentrons-nous sur les réussites :

"L'immaculée conception" est clairement le chef d'oeuvre du recueil. Plongée oppressante dans une grossesse non désirée terrifiante de dureté, c'est le genre de texte qui vous coupe le souffle et ne vous le rend que très progressivement.

"Mémoires mortes" est un grand texte sur la mort et la virtualité. A lire pour la tristesse douce qu'il procure.

"La lumière des elfes" et "L'accroissement mathématique du plaisir" sont deux superbes textes sur l'art et la folie qu'il peut susciter chez ses amateurs. On peut penser au Rilke de "Lettres à un jeune poète", au Somoza de "Clara et la pénombre".

"Vergiss mein nicht" et "Le Jardin de Charlith" sont deux nouvelles très joliment écrites, mais trop courtes pour être vraiment convaincantes.

"Mater Clamorosum" est charmant comme un petit conte.

"Kurt Cobain contre Dr No" est intéressant sur un plan biographique et il est présenté d'une manière particulièrement originale. J'ai donc aimé.

"La liste des souffrances autorisées" et "L'amour au temps de l'hormonothérapie génique" avec leur style cyberpunk ironique sont à la fois amusantes et surprenantes. De la vraie bonne matière de nouvelles. D'ailleurs, globalement, les nouvelles de SF sont les plus réussies.

Le reste ne m'a pas passionné. Trop parodique, trop court pour contenir une histoire, trop "à la manière de...", en un mot trop dispensable.

Au final, le menu est plaisant, mais à condition de pouvoir renvoyer certains plats.

L'accroissement mathématique de plaisir, Catherine Dufour

Commentaires

Anonyme a dit…
Tu n'as pas aimé la Perruque du Juge et Je ne suis pas une légende ?
Gromovar a dit…
Je ne les trouve pas mauvaises, simplement un peu faciles.
Cedric Jeanneret a dit…
Combien de nouvelles (approximativement) restent ils que tu n'as pas aimés ?
Gromovar a dit…
10 (50% des textes et moins de 50% des pages). Pas catastrophique, mais pas à la hauteur du dithyrambe. Ce n'est pas un mauvais recueil, mais ce n'est pas l'alpha et l'oméga dont tout le monde parle (après, ce que j'en dis...).
Anonyme a dit…
Toi, tu n'aimes pas les pastiches... ;)

J'ai adoré l'ensemble du recueil. Rien à jeter en ce qui me concerne (sauf une, oui, bon, et encore...).
Gromovar a dit…
Je crois que je dois bien le reconnaitre ;-)