The Traveler - Joseph Eckert

Scott Treder est un gars normal. Il est marié à Amy. Ils ont un fils de sept ans, Lyle. Il est informaticien. Et ce matin d’avril, comme tous les matins, il part en voiture à son travail. A 7 heures 52 précises, Scott Treder cesse définitivement d’être un gars normal. Impression de glissement et… plus de voiture ! Scott – dont la quantité de mouvement n’a pas changé – se retrouve en l’air, à quelques centimètres du bitume, lancé à 30 km/h environ. Scott, rattrapé par la pesanteur, chute sur l’asphalte, où il culbute et se blesse avant de manquer se faire écraser par une voiture en mouvement apparue derrière sa position. Ce phénomène incompréhensible trouve vite une explication qui ne l’est pas moins : Scott a avancé dans le temps d’une journée entière, passant du 13 avril au 14, même heure, même lieu. Rentrant chez lui, il retrouve une femme et un fils morts d’inquiétude. Ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que ces sauts temporels vont se répéter, jour après jour, toujours à la même ...

Filigree and shadows


Une autre belle réussite de la collection "Série B" de Delcourt, "Le testament du docteur M" est une enquète policière teintée de fantastique.
Un amnésique s'évade d'un hopital psy. Il est en possession d'un morceau de pellicule, quelques images d'un film de Fritz Lang. Or ce bout de film est censé avoir été détruit.
L'album progresse en suivant deux enquètes parallèles. L'une, policière, essaie de trouver le responsable d'une série de meurtres particulièrement gores ; l'autre est menée par l'amnésique pour retrouver son identité et comprendre ce que signifie le petit bout de film. L'ambiance est glauque et sanglante, sordidement sanglante. Dans le style d'abord, cela rappelle assez le graphisme réaliste brouillon des Tales from the crypt, ou, pour les plus agés, des petits comics qui s'appelaient "Il est minuit l'heure des sorcières". Les personnages n'y sont pas sympathiques parce qu'ils sont laids et que leur laideur est comme celle du portrait de Dorian Gray, une manifestation de leur essence. C'est ainsi que fond et forme se rejoingnent. Car c'est surtout le fond de l'histoire qui est glauque. L'ambiance est pesante ; secrets, mystères, dépravations abondent. Nul n'est celui qu'il semble être, et on pressent qu'existe une terrible vérité cachée dont nous n'aurons aucune idée dans ce premier tome et qui justifie qu'on tue pour la protéger. Il est toujours frustrant d'arrêter sa lecture après 48 pages et de devoir attendre plusieurs mois une suite, mais suffisamment de fils narratifs sont lancés pour qu'on ait très envie d'en savoir plus et de comprendre ce qui les relie tous. Un premier tome est souvent une exposition en BD, mais peu nombreux sont ceux qui donnent à ce point envie d'en savoir plus. Je patiente donc, et vous pouvez peut-être vous mettre en situation de le faire aussi.
Pour mémoire, le Pécau qui a écrit cette série est le même que celui qui est à l'origine, dans un style complètement différent, du "Grand jeu". Je l'aime bien finalement ;-)
Le testament du docteur M, Pecau, Damour, Froissard

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