Something is killing the children t9 - Tynion IV - Dell'Edera

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis mon bref post sur le tome 2 . De l'eau et des tomes puisqu'aujourd'hui nous en sommes à l'opus 9, intitulé All her monsters , qui rappellera par son titre comme par son propos le Demon in a Bottle d'Iron Man. L'histoire principale du début de la série s'est conclue, pour le mieux si l'on peut dire. Au fil de l'eau, entre le 2 et le 9, alors que je flemmardais et ne chroniquais pas, on aura appris bien des choses sur l'organisation à laquelle appartient la chasseuse Erica Slaughter ainsi que sur les monstres qu'elle combat. Depuis deux volumes maintenant, nous explorons son passé, ses jeunes années d'enfant et de chasseuse. Les qualités dites dans la chronique du tome 1 sont toujours présentes. C'est un comic qu'on lit avec l'excitation des plaisirs simples qui régalent sans être gâchés par une simplicité excessive (si tu comprends ce que je veux dire, lecteur, tu es fort) . ...

Nec Deleatur


Voici un livre que je n'aurais jamais du lire. Titre cryptique et couverture peu engageante ne sont que les moindres de ses handicaps. Le pire est là : il est introuvable en librairie. Frédéric Delmeulle n'a trouvé qu'un éditeur Internet pour publier son premier roman : l'Editeur Indépendant. Chaque exemplaire y est imprimé à la commande et expédié chez vous sous 8 jours. 300 exemplaires vendus et c'est rentable, sinon tant pis. J'aimerais pouvoir dire que mon flair infaillible m'a guidé vers cet ouvrage mais l'honnêteté m'oblige à dire que c'est faux. Le premier roman de Frédéric Delmeulle a bénéficié d'une review élogieuse par Gérard Klein himself, review qui a été à la source d'un buzz important sur le Net, et le murmure a fini par arriver jusqu'à moi (intéresssant de noter qu'une traduction approximative de buzz pourrait être al azif).
Qu'en est-il du texte ? Sur un autre site quelqu'un a écrit que c'est entre Jules Verne et du pulp. Comme je crois que c'est la définition ultime de ce livre je ne vais rien y changer. Ici pas de Hard-SF ou de spéculation sociale ou politique, c'est de la SF à l'ancienne. On vogue entre Lovecraft, "20000 lieues sous les mers" et les strips du Fantôme. Il y a des héros (peu), un mystère, une enquête d'archiviste, une machine, des paradoxes temporels particulièrement bien gérés, un monceau de références, et un amour des livres qui traverse toutes les pages du livre et qui éveille des échos forts chez moi. Le texte est graphiquement violent et il est le fils assumé de la violence du XXème siècle. Les surprises sont nombreuses et l'histoire nous amène toujours dans des directions déroutantes (donnant même la solution d'un mystère historique qui avait agité la France) jusqu'à un twist final ironique. Au final "Nec Deleatur" est très agréable, et très rapide à lire parce qu'on a vraiment envie de savoir comment le héros du livre va se déméler de l'embrouillamini dans lequel il s'est mis. Je ne peux donc que conseiller l'achat et la lecture de ce livre. C'est un vrai plaisir, c'est un soutien à un jeune auteur qui sera peut-être publié la prochaine fois de manière plus conventionnelle, c'est un encouragement pour le site d'Editeur Indépendant, c'est surtout trois bonnes soirées qu'on passe à tenter de comprendre ce qui se trame réellement dans l'écheveau du temps.
Nec Deleatur, Frédéric Delmeulle

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