Nowhere Burning - Catriona Ward

Aujourd’hui, dans le Colorado. Riley et Oliver sont frères et sœurs. Orphelins de parents, ils vivent sous la garde de Cousin, qui, sous prétexte de fanatisme religieux, les martyrise. De punition en privation finit par arriver un jour où la situation n’est plus tenable – d’autant qu’une mystérieuse visiteuse nocturne nommée Dawn propose à Riley, l’aînée, une voie de sortie possible. Frère et sœur vont fuir vers Nowhere, une propriété abandonnée, isolée dans les montagnes, dans laquelle, croit-on, vivent libres des enfants en fuite. Mais Nowhere a aussi mauvaise réputation. Un incendie, des meurtres, le ranch a un passé sombre. Voilà pourquoi Marc et Kimble, deux documentaristes, sont en train de travailler dessus. D’autant que, semble-t-il, des enlèvements ont lieu, qui seraient commis par les résidents de ce lieu si éloigné qu’il a fini par se retrouver noyé dans une brume d’inconnaissance. Et puis il y a Adam, un menuisier, futur père, qui fuit son couple en difficulté dans un chant...

Tous pourris


Après "Le ghetto français", encore un excellent petit ouvrage, publié cette fois par les Editions de la rue d'Ulm, "La société de défiance".
Les deux auteurs de cet opuscule partent d'un constat que chacun peut faire quotidiennement : défiance et incivisme sont deux traits très répandus dans la société française.
Après avoir vérifié ce fait de la manière la plus rigoureuse possible, ils montrent que ces traits sont d'apparition récente. Loin de faire partie d'un "éternel français", ils apparaissent de manière significative après la Seconde Guerre Mondiale, avec la mise en place du système social français.
Reprenant les analyses d'Esping-Andersen sur les natures de l'Etat-Providence, ils montrent que le système français, parce qu'il s'appuie sur une segmentation statutaire de la société et sur des prestations sous conditions de ressources, encourage le corporatisme et, par voie de conséquence, des interventions étatiques aussi opaques que différenciées (la perception qu'ont, en France, les classes moyennes de l'action de l'Etat-Providence est symptomatique de ce fait).
Ils montrent enfin, et c'est assez novateur, que cet état de choses pourrait avoir pour conséquence un niveau de chômage plus élevé que nécessaire et un PIB par tête inférieur à ce qui serait possible.
Plaidoyer social-démocrate, ce livre propose un programme politique qui commence par la réforme de l'Etat-Providence afin de l'orienter vers un modèle universaliste à la scandinave (tu vois Ségo, je suis fair-play).
Cet excellent petit ouvrage n'a que deux défauts qu'il est facile de négliger : d'une part la méthodologie utilisée par mesurer les écarts de défiance et de civisme entre pays est complexe (mais indispensable pour éliminer ce qui relève de la conjoncture), d'autre part il est régulièrement fait référence à des working papers qui précisent ou approfondissent les questions traitées, ce qui peut laisser un sentiment d'inachevé. Néanmoins, le point est intéressant, et il serait dommage de se priver de la lecture de ce petit livre à 5 €.
La société de défiance, Yann Algan et Pierre Cahuc

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