L'Enfant du Deptford - Nat Cassidy

L'Enfant du Deptford , de Nat Cassidy, un roman trop mou, trop fade, trop quelconque pour séduire. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 125, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : Et si votre enfant n'était plus vraiment… le vôtre ? Après la naissance très compliquée de leur fille Charlie, Ana et Reid ont désespérément besoin d'un nouveau départ. Tout semble enfin leur sourire lorsqu'ils ont l'occasion, pour un loyer modique, de vivre dans un appartement au Deptford, l'un des immeubles les plus prestigieux de Manhattan, avec vue sur Central Park. Mais très vite, une présence insidieuse se fait sentir. Bruits inexpliqués, couloirs secrets, voisins inquiétants… Puis le doute s'installe. Quelque chose cloche. Dans l'immeuble. Et avec le bébé. Un roman troublant, intense et profondément dérang...

Tous pourris


Après "Le ghetto français", encore un excellent petit ouvrage, publié cette fois par les Editions de la rue d'Ulm, "La société de défiance".
Les deux auteurs de cet opuscule partent d'un constat que chacun peut faire quotidiennement : défiance et incivisme sont deux traits très répandus dans la société française.
Après avoir vérifié ce fait de la manière la plus rigoureuse possible, ils montrent que ces traits sont d'apparition récente. Loin de faire partie d'un "éternel français", ils apparaissent de manière significative après la Seconde Guerre Mondiale, avec la mise en place du système social français.
Reprenant les analyses d'Esping-Andersen sur les natures de l'Etat-Providence, ils montrent que le système français, parce qu'il s'appuie sur une segmentation statutaire de la société et sur des prestations sous conditions de ressources, encourage le corporatisme et, par voie de conséquence, des interventions étatiques aussi opaques que différenciées (la perception qu'ont, en France, les classes moyennes de l'action de l'Etat-Providence est symptomatique de ce fait).
Ils montrent enfin, et c'est assez novateur, que cet état de choses pourrait avoir pour conséquence un niveau de chômage plus élevé que nécessaire et un PIB par tête inférieur à ce qui serait possible.
Plaidoyer social-démocrate, ce livre propose un programme politique qui commence par la réforme de l'Etat-Providence afin de l'orienter vers un modèle universaliste à la scandinave (tu vois Ségo, je suis fair-play).
Cet excellent petit ouvrage n'a que deux défauts qu'il est facile de négliger : d'une part la méthodologie utilisée par mesurer les écarts de défiance et de civisme entre pays est complexe (mais indispensable pour éliminer ce qui relève de la conjoncture), d'autre part il est régulièrement fait référence à des working papers qui précisent ou approfondissent les questions traitées, ce qui peut laisser un sentiment d'inachevé. Néanmoins, le point est intéressant, et il serait dommage de se priver de la lecture de ce petit livre à 5 €.
La société de défiance, Yann Algan et Pierre Cahuc

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