L'Homme sans tête - Gene Wolfe

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Dans le Bifrost 124 , il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi dans le Bifrost 124 , une très courte nouvelle de Gene Wolfe. L’H...

Tous pourris


Après "Le ghetto français", encore un excellent petit ouvrage, publié cette fois par les Editions de la rue d'Ulm, "La société de défiance".
Les deux auteurs de cet opuscule partent d'un constat que chacun peut faire quotidiennement : défiance et incivisme sont deux traits très répandus dans la société française.
Après avoir vérifié ce fait de la manière la plus rigoureuse possible, ils montrent que ces traits sont d'apparition récente. Loin de faire partie d'un "éternel français", ils apparaissent de manière significative après la Seconde Guerre Mondiale, avec la mise en place du système social français.
Reprenant les analyses d'Esping-Andersen sur les natures de l'Etat-Providence, ils montrent que le système français, parce qu'il s'appuie sur une segmentation statutaire de la société et sur des prestations sous conditions de ressources, encourage le corporatisme et, par voie de conséquence, des interventions étatiques aussi opaques que différenciées (la perception qu'ont, en France, les classes moyennes de l'action de l'Etat-Providence est symptomatique de ce fait).
Ils montrent enfin, et c'est assez novateur, que cet état de choses pourrait avoir pour conséquence un niveau de chômage plus élevé que nécessaire et un PIB par tête inférieur à ce qui serait possible.
Plaidoyer social-démocrate, ce livre propose un programme politique qui commence par la réforme de l'Etat-Providence afin de l'orienter vers un modèle universaliste à la scandinave (tu vois Ségo, je suis fair-play).
Cet excellent petit ouvrage n'a que deux défauts qu'il est facile de négliger : d'une part la méthodologie utilisée par mesurer les écarts de défiance et de civisme entre pays est complexe (mais indispensable pour éliminer ce qui relève de la conjoncture), d'autre part il est régulièrement fait référence à des working papers qui précisent ou approfondissent les questions traitées, ce qui peut laisser un sentiment d'inachevé. Néanmoins, le point est intéressant, et il serait dommage de se priver de la lecture de ce petit livre à 5 €.
La société de défiance, Yann Algan et Pierre Cahuc

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