The Department of Truth t3 - Tynion - Simmonds - Bidikar

Le TPB 3 de Department of Truth sort de la chronologie précédente pour se centrer sur les Histoires alternatives et le personnage de Lee Harvey Oswald, en réunissant les issues #6-7 et les #14-17. Il est nécessaire de lire les chroniques précédentes pour savoir où on met les pieds. C'est dans les Archives que commence la « carrière » d'Oswald au sein du Département, juste après son « assassinat » par Jack Ruby. Il y apprend à quel niveau de globalité peut se réécrire la « vérité », à quel point une telle réécriture peut avoir un effet apocalyptique aussi bien dans l’espace connu que dans le temps long passé et futur, comment des organisations puissantes ont toujours cherché – et parfois réussi – à maîtriser le narratif et par là-même à altérer de manière définitive la réalité. Dans cette partie, avec Lee, on croise l'Empire roman, l'Eglise catholique, Charlemagne et le Saint-Empire Romain Germanique. Rien de moins. Suit la montée en puissance d'un Oswald qui veut c

Fragments de rose en hologramme


William Gibson est (était ?) un grand homme. Il a révolutionné la SF avec son premier roman "Neuromancien" qui créa le genre Cyberpunk. La "matrice", représentation sensorielle du réseau de données directement envoyée dans le cerveau humain via une interface neurale, dans laquelle se plongent les pirates informatiques pour des hacks qui peuvent leur couter la vie, est une superbe invention de science-fiction. Il a développé les concepts d'Intelligence artificielle autonome et de constructs (copie d'une personnalité humaine dans un système informatique) - Greg Egan fera, 10 ans plus tard, de la notion de constructs le coeur de son roman "La cité des permutants". Il a enfin imaginé le monde actuel avec une impressionnante clairvoyance alors qu'il a écrit au milieu des années 80. Dans Neuromancien et ses suites il y a les connections mobiles au réseau informatique, l'omniprésence des marques, l'omnipotence de multinationales plus puissantes que des Etats, la banalisation de la pornographie et de ceux qui en font profession, la montée en puissance de l'Asie, l'ultra-violence des gangs, l'innovation permanente en terme de drogues. C'est alors logiquement qu'il a reçu pour ce roman les trois prix les plus prestigieux de la SF : le Hugo, le Nébula, le Philip K. Dick award.
William Gibson est donc un auteur capital dans l'évolution du genre. Aussi il faut saluer l'initiative de "J'ai Lu" qui publie en un seul volume "Neuromancien" et ses deux suites "Mona Lisa s'éclate" et "Comte Zéro", le recueil de nouvelles "Gravé sur chrome" (qui contient la belle histoire d'amour trahi "Fragments de rose en hologramme"), ainsi que des éléments d'analyse. Pour ceux qui n'auraient pas encore lu, c'est une superbe occasion.
Neuromancien et autres dérives du réseau, William Gibson

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