The Apologists - Tade Thompson

The Apologists est une novella de Tade ‘Molly Southbourne’ Thompson, finaliste du BFSA Award 2025  (c’est mérité, ça aurait même mérité mieux imho) . Elle est lisible là . Londres. Maintenant ? Bientôt ? Eve Stevens est une inspectrice de la police britannique. Elle vit avec Dane Russell, à l’évidence un artiste, peut-être un autiste. Alors que Dane travaille sur sa prochaine exposition, Eve est envoyée sur un double meurtre. La scène de crime est une maison. S'y trouvent une mère et sa fille. L’enquête commence. Eve s’y investit, au-delà même de son devoir. Phrases courtes au présent. Focalisation sur un point de vue. Primats des faits sur les sentiments. C’est le style qu’a choisi Thompson pour cette novella. Il est approprié. Dérangé d’abord par cette approche très minimaliste, le lecteur l’est encore plus quand il commence à réaliser que quelque chose ne va pas, que le monde d’Eve et Dane ne colle ni avec un maintenant connu ni avec un bientôt imaginable. Comme dans Les Meurt...

Fragments de rose en hologramme


William Gibson est (était ?) un grand homme. Il a révolutionné la SF avec son premier roman "Neuromancien" qui créa le genre Cyberpunk. La "matrice", représentation sensorielle du réseau de données directement envoyée dans le cerveau humain via une interface neurale, dans laquelle se plongent les pirates informatiques pour des hacks qui peuvent leur couter la vie, est une superbe invention de science-fiction. Il a développé les concepts d'Intelligence artificielle autonome et de constructs (copie d'une personnalité humaine dans un système informatique) - Greg Egan fera, 10 ans plus tard, de la notion de constructs le coeur de son roman "La cité des permutants". Il a enfin imaginé le monde actuel avec une impressionnante clairvoyance alors qu'il a écrit au milieu des années 80. Dans Neuromancien et ses suites il y a les connections mobiles au réseau informatique, l'omniprésence des marques, l'omnipotence de multinationales plus puissantes que des Etats, la banalisation de la pornographie et de ceux qui en font profession, la montée en puissance de l'Asie, l'ultra-violence des gangs, l'innovation permanente en terme de drogues. C'est alors logiquement qu'il a reçu pour ce roman les trois prix les plus prestigieux de la SF : le Hugo, le Nébula, le Philip K. Dick award.
William Gibson est donc un auteur capital dans l'évolution du genre. Aussi il faut saluer l'initiative de "J'ai Lu" qui publie en un seul volume "Neuromancien" et ses deux suites "Mona Lisa s'éclate" et "Comte Zéro", le recueil de nouvelles "Gravé sur chrome" (qui contient la belle histoire d'amour trahi "Fragments de rose en hologramme"), ainsi que des éléments d'analyse. Pour ceux qui n'auraient pas encore lu, c'est une superbe occasion.
Neuromancien et autres dérives du réseau, William Gibson

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