Cullen Bunn - Bones of our stars, Blood of our world

Scénariste de comics et romancier, ce n'est apparemment pas le même set de compétences. C'est la conclusion qu'on doit tirer de la lecture de Bones of our stars, Blood of our world , le premier roman du scénariste Cullen Bunn . Là où un comic peut se permettre d'être frénétique, ici trop de personnages se succèdent trop vite dans une histoire convenue qui ne parvient même pas à être gore alors que c'est cette direction qu'elle vise. Ajoutons-y, pour faire bonne mesure, une écriture sans éclat, une enfilade de narrations à la troisième personne qui empêche tout investissement émotionnel, et l'éternelle petite ville insulaire en décrépitude dans laquelle on s'emmerde grave. Nihil novi sub sole , ça a été déjà fait, et beaucoup mieux. Passe ton chemin, lecteur !

Tous à Zanzibar




Voila un grand livre intelligent. Evidemment c'est un prix Hugo, Apollo, et j'en passe.
Je reste fidèle à mon option de départ de ne pas donner de résumé des livres. Ils sont disponibles partout et réduisent un organisme à son squelette.
Sachez simplement que "Tous à Zanzibar", écrit en 1968 est une merveille de futurologie littéraire. Le futur que décrit John Brunner, nous y sommes ou quasiment, sur certains points nous sommes même au-delà. L'importance des média et des sondages dans la "démocratie" moderne, le terrorisme aveugle qui tue pour protester contre une chose ou l'autre, le dévoiement de la sociologie en science prédictive et normative, etc...
La société que décrit Brunner est tellement détaillée et réaliste qu'un condisciple de Sciences-Po a pu rédiger son mémoire de fin d'étude sur une lecture anthropologique du livre.
Pour ce qui est du style, l'immersion dans cette société étrangère se fait à la manière de Dos Pasos par des exergues de chapitres (flashes d'info, pubs, citations), tous factices, qui sont autant de fenètres sur le monde dans lequel Brunner situe son roman, autant d'occasion de saisir le Zeitgeist de sa société imaginaire.
Lisez John Brunner vous ne le regretterez pas, et si vous trouvez la SF puérile, lisez Dos Pasos, mais vous y aurez perdu le travail d'imagination et de prospective.
Tous à Zanzibar, John Brunner
42ème parallèle, John Dos Pasos


L'avis de Julien

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