dimanche 26 avril 2015

Les dormeurs doivent se réveiller

"Trees" est une nouvelle série de comics de Warren Ellis.

Il y a dix ans, d’énormes artefacts aliens ont atterri sur Terre. Semblables à des piliers d’une hauteur vertigineuse, sans ouverture, silencieux, immobiles, ils ont été surnommés les Arbres (Trees) car c’est ce à quoi ils ressemblent le plus.

Certains des Arbres se sont plantés dans la cambrousse (Spitzberg ou frontière somalienne), d’autres ont écrasé des quartiers entiers de grandes villes (New-York ou Rio), voire de plus petites comme Cefalu en Sicile. La Chine a entouré son Arbre d’un mur gardé, et laisse prospérer dans la ville qu’il enserre une liberté culturelle et sexuelle aussi totale qu’expérimentale.

Partout, la présence des Arbres a modifié l’écoulement des eaux et la circulation des vents, ou éloigné les animaux sauvages. Les flux de capitaux s’écartent aussi des zones touchées, avec de graves conséquences sur les économies locales. A part ça, rien. Après leur atterrissage, les Arbres n’ont plus rien fait, n’ont jamais validé la présence de l’humanité. De temps en temps, dégazage à l’aveugle, ils dégorgent une sorte de sève toxique qui détruit et tue alentour. Pourquoi pas ? Les fourmis meurent bien quand nous vidons une bouteille d'eau. On pourrait être avant Stalker.

Sous l’ombre des Arbres, les sociétés se sont délitées, certains gouvernements ont perdu beaucoup de leur pouvoir. Les villes touchées directement ont sombré dans des états d’anarchie où gangs et police militarisée s’affrontent pour contrôler des territoires gangrénés par une corruption rampante et une misère endémique. Mais du côté des Arbres, rien. Toujours, désespérément, rien.

Dix ans après le contact, le lecteur suit les parcours très différents de Vince, qui veut devenir le nouveau maire d’une New-York post-apocalyptique, de Chenglei, plouc chinois aux velléités d'artiste qui cherche qui il est au cœur de la « zone culturelle libre » chinoise, d’Eligia, prête à tout pour s’en sortir dans une Sicile passée sous la coupe d’une organisation néo-fasciste, de Malek, le journaliste français en contact avec un président somalien prêt à la guerre. Tous luttent à leur manière pour s’adapter à un monde qui a définitivement changé. Car même si les Arbres ne font rien, leur simple existence transforme humains et sociétés .

Et enfin il y a Marsh, un scientifique de la base du Spitzberg dont la détermination obstinée lui permet de détecter ce qui sera peut-être le premier mouvement des Arbres, un mouvement potentiellement dévastateur.

Entre Le jour des triffides et Les Chronolithes, Ellis propose une histoire prenante appuyée sur des personnages forts. Un mystère qui intrigue, un effondrement lent, une violence jamais occultée, une suite à venir. Que demander de plus ?

Trees t1, In Shadow, Ellis, Howard

5 commentaires:

Efelle a dit…

Intéressant, apparemment cela n'a pas été traduit, non ?

Gromovar a dit…

Ca sort en octobre chez Urban.

Lorhkan a dit…

Très intéressant !
J'attend de voir la taille du volume chez Urban, mais ça pourrait grandement m'intéresser.
"Problème" : la série VO n'est pas terminée, et on ne sait pas quand elle le sera...

Gromovar a dit…

Non. Mais Ellis semble décider à lui donner une fin. En revanche je lis aussi Naibiter qui est en train de prendre l'air de la série interminable à la Lost.

Vincent R/P-opars a dit…

Yeah ! Merci de cette délicieuse réponse !