mercredi 15 avril 2015

Interview : Charles Stross, un brillant touche à tout


Charles Stross est un auteur de SFFF britannique qui passe sans effort du Mythe de Cthulhu au polar futuriste et de la fantasy à la Hard-SF. Engagé et passionnant, il se rappelle aujourd'hui à notre souvenir avec la sortie très proche de la traduction d'Accelerando, son roman sur la Singularité. Il a aimablement accepté de répondre aux questions de Quoi de Neuf...

Bonjour Charles. D’abord un grand merci pour cette interview.

1.    Pour commencer, peux-tu te présenter brièvement pour les lecteurs du blog ?


Hi ! Je m’appelle Charlie Stross. J’ai 50 ans, je vis à Edinburgh, la capitale de l’Ecosse, et j’écris de la SF et de la fantasy. Je suis essentiellement publié aux USA et en Grande-Bretagne. J’y suis présent avec plus de 20 livres disponibles.

2.    De la fantasy au mythe de Cthulhu moderne en passant par la Hard-SF, ton œuvre est très éclectique. Y a-t-il néanmoins un genre qui a ta préférence ?

Non. Ou plutôt, je me lasse facilement. Ca arrive dès que je travaille dans le même domaine pendant plusieurs années. J’écris des nouvelles, publiées, depuis le milieu des années 80, et des romans depuis le début des années 2000, et, comme tout le monde, mes centres d’intérêt ont changé avec le temps. J’ai, pour l’essentiel, consacré la décennie écoulée à la SF lovecraftienne et à l’urban fantasy, mais je retournerai peut-être au space-opera la décennie prochaine. La seule direction que je ne prendrai sans doute plus est celle qui ramène à la Singularité.

3.    Accelerando est maintenant publié en France et en français. Que peux-tu dire aux lecteurs français pour leur donner envie de lire le roman ?

J’ai déjà beaucoup écrit sur l’origine d’Accelerando. Mais ce qui suit est mon essai définitif sur l’écriture du roman, tel que publié sur mon blog il y a deux ans :

Nous sommes le 27 mai 2013 – c’est à peu près l’année où est situé le début d’Accelerando, alors que j’ai commencé l’écriture de « Homards (Langoustes ? ndt) » un jour pluvieux de 1998. J’étais assis dans le café In de Wildeman, à Amsterdam, rue Kolksteeg, déprimé par mon travail (une dot.com de première génération où la charge de travail augmentait de 30% par mois mais pas, encore, le revenu). Dehors il tombait des cordes, et ma copine d’alors (maintenant ma femme) et moi prenions un long weekend de repos car j’étais tellement stressé par mon job que l’alternative, sinon, était de le quitter. C’est alors que j’ai reçu de très bonnes nouvelles par téléphone : le client corporate qui était devenu le fléau de ma vie était fermé définitivement par ses propriétaires. Fou de joie, je me suis assis pour me saouler, et pour une raison que j’ai oubliée, j’ai sorti mon ordinateur portable et j’ai commencé à taper.

Manfred est de nouveau en route pour enrichir des inconnus…

J’ai tapé ces mots sur un Psion 5. Un parfait petit ordinateur miniature avec écran et clavier, 8 MB de RAM, carte flash de 16 MB, et processeur ARM 22 MHz exécutant un système d’exploitation nommé EPOC32, pour les connaisseurs le chainon manquant qui précéda Symbian. Le Psion avait un port série et une interface infrarouge qui lui permettait de communiquer avec mon téléphone mobile, un Motorola GSM tri-bande équipé d’un modem infrarouge capable de supporter l’étourdissant débit sans fil de 9600 bits/secondes, à condition toutefois que j’accepte de payer à la minute les appels internationaux.

Quinze ans ont passé : nous sommes en 2013.

Je suis assis au In de Wildeman ; je bois une pinte d’une délicieuse De Molen Single Hop Chinook, et je tape sur un iPad Mini. RAM 1024 MB, 65536 MB de mémoire flash (l’équivalent de la carte flash de 1998 mais inamovible), processeur double-cœur ARM 1024 MHz. L’iPad exécute une OS jolie et flashy qui est comme un film plastique réfléchissant m’isolant des profondeurs insondables du système UNIX, aussi puissant qu’un Cray des années 90, qui est dessous. Les choses changent, ou pas.

L’air est en effet plein des cris de solitude d’équipements bluetooth cherchant à s’apparier et demandant qui voudrait bien les reconnaître (Maintenant le pub a aussi du wifi – qui aurait pu penser en 98 que le wifi deviendrait si gros ? – et j’ai pour ma part une connexion 3G+ dont le débit est le même que celui qu’avait le wifi autour de 2001).
Nous vivons dans un monde connecté, mais la peinture du plafond et le mobilier de bar en bois sont toujours les mêmes. Quant à la bière, un brasseur du néolithique serait encore capable de l’identifier.
De l’autre côté, le pub a maintenant une app dans l’iOS Store. Il organise aussi des « lancements de bière » et, alors que j'étais en train d’y tweeter, ma présence fut remarquée par une librairie du coin qui m’a invité à faire un saut pour une flash dédicace. Vraiment, les choses changent. Ceci n’aurait pas pu arriver en 1998.

Nous vivons en fait dans les premiers moments d’Accelerando, dans la première partie, « Homards », qui était située dans un futur proche. Mais Accelerando, dans son ensemble, ne semble pas être en train d’arriver, et c’est tant mieux. Car à l’arrière-plan de ce qui ressemble à un roman techno-optimiste Panglossien se produisent des évènements horribles. La plus grande part de l’humanité est éradiquée, puis arbitrairement ressuscitée dans une forme mutilée par nos propres « Vils Rejetons » post-humains. Le capitalisme a TOUT dévoré, puis sa logique concurrentielle a été poussée si loin que les simples humains n’étaient tout simplement plus compétitifs ; nous sommes une ressource grasse, lente, et gouteuse -- comme le défunt dodo. Le narrateur central du roman, Aineko, n’est pas un chat qui parle : c’est une AI superintelligente, froide et calculatrice, qui a compris que les humains sont plus faciles à manipuler s’ils pensent avoir affaire à une jouet en peluche. Son corps félin n’est qu’une marionnette animée par un monstre abusif.

La logique du progrès exponentiel à un rythme qui tend vers le vertical n’est tout simplement pas soutenable par l’humanité, elle n’y a pas sa place. Mais c’est sans doute une erreur de croire que ce qui se passe en ce moment continuera indéfiniment. Nous avons déjà eu de ces pics de progrès exponentiels dans le passé ; ils s’avèrent souvent être en fait des sigmoïdes en devenir, le progrès vertical finissant par s’amortir et former un plateau. Mais c’est amusant de se demander ce qui se passerait si, pour une fois, la chose arrivait pour de vrai.

Quelques remarques pour finir :

J’ai écrit Accelerando comme une série de neuf novelettes, sur une période de 5 ans. Ce fut un travail très difficile, peut-être la fiction la plus difficile que j’ai écrite. Difficile au point qu’au milieu de l’histoire intitulé « Routeur » j’ai pris deux mois pour me distraire avec une autre activité. L’activité en question vient d’être republiée presque sous sa forme originale sous le titre « The Bloodline Feud » (« Une affaire de famille » et « Un secret de famille » en France), donc ça en valait la peine. Mais combien de fois avez-vous déjà entendu parler d’un écrivain interrompant l’écriture d’une nouvelle pour écrire un roman, car l’écriture du roman lui était plus facile ?

L’assemblage final des histoires a eu lieu en 2004. Accelerando n’est pas le plus long roman que j’ai écrit en terme de nombre de mots, mais il est le plus long en terme de temps d’écriture (1998-2004) et de loin le plus difficile. Si la narration parait parfois un peu décousue c’est à cause de cette écriture sous forme de succession d’histoires indépendantes. Je crois aussi que ça a grillé la partie de mon cerveau capable d’écrire ce type de fiction.

4.    As-tu été influencé par l’œuvre de certains auteurs dans l’écriture d’Accelerando ? Ou par des actions concrètes irl ?

Il y a eu énormément d’influences, mais j’ai essayé de ne pas singer d’auteurs individuels. Je dois avouer que les nouvelles de Bruce Sterling « Bicycle Repairman » et « Maneki Neko » (initiateur du Dead Media Project, ça me rend particulièrement fier du titre de ma chronique sur Accelerando ndt) tournaient dans mon esprit quand j’ai commencé à écrire « Homards » - ceci est dû au fait que Bruce a toujours eu dix ans d’avance sur tout le monde quand il s’agit de littérature d’idées – mais ce qui m’a surtout influencé est ce qui se passait sur Internet. Comme je l’ai déjà dit, j’ai commencé l’écriture d’Accelerando pendant le premier boom des dot.com à la fin des années 90, et le début du livre reflète bien le sentiment bizarre de compression temporelle et d’accélération qui nous habitait alors (nous qui pensions être en train d’inventer le futur sur le web). Comme l’a écrit Tim Berners-Lee autour de 99, « Cinq ans passent sur le web pour chaque douze mois dans le monde réel » ; c’est ce sentiment que j’ai essayé de transmettre.

5.    Nous sommes aujourd’hui en 2015. La première partie de la chronologie du roman est encore à venir pour l’essentiel. Aurais-tu été trop optimiste en 2000 ?

J’ai 15 ans de plus aujourd’hui et je suis content d’avoir été trop optimiste. Le rythme de changement que j’évoquais est profondément corrosif, destructeur pour les relations humaines. Néanmoins, je ne suis pas sûr que ne nous soyons pas en train de vivre des changements massifs. Il y a beaucoup de technologies en cours de développement dont les implications sont terrifiantes. La grande nouveauté à venir, nous dit-on, est l’Internet des Objets. Magnifique. Mais qu’en sera-t-il s’il est bâti sur des fondations délibérément truffées de virus et de spywares par la NSA ou des organisations similaires ?

6.    Penses-tu vraiment que nous nous précipitons vers un monde qui ne serait plus que contrats omniprésents, royalties, compagnies ?

L’Internet désintermédie les chaines d’approvisionnement et met les producteurs au contact direct des consommateurs, en théorie du moins. Les grandes compagnies orientées-recherche se sont donc positionnées en portiers du Net. Il y a Amazon (recherche de produits commerciaux), eBay (recherche de ventes privées), Facebook (recherche de personnes), et Google (recherche de tout le reste, financé par la publicité). Dans le même temps, la stupidité de la législation US sur les brevets a créée une industrie entière de « trolls de brevets » -- des firmes juridiques qui ne font qu’acheter des droits sur des choses qu’elles sont même incapables de comprendre et extorquent ensuite des rentes sur quiconque veut produire ou utiliser ces choses.

Il me semble que nous nous précipitons en effet vers un futur qui ressemble fortement à la transformation du capitalisme que vit Macx, où tout ce qui semblait solide s’évapore (ou disparait dans un smog de end-user license agreements), dominé par des investisseurs de plus en plus obsédés par la volonté de collecter de la rente au lieu de créer les nouvelles technologies qui amélioreraient nos vies.

Alors oui, nous vivons dans un avenir de contrats omniprésents – mais pas d’une manière satisfaisante. Nous sommes enfermés dans un rôle de sources passives de revenus pour de très grandes compagnies. Le processus est encore plus avancé dans les pays anglophones, où de larges pans des services gouvernementaux sont vendus à des entreprises privées, ce qui leur permet d’extraire indéfiniment de la rente sur les contribuables. En même temps, personne ne gouverne ce système : il évolue aveuglément sans se soucier des dommages causés tant à la société civile qu’aux écosystèmes dont nous dépendons.

D’une manière concrète, on peut dire que le monde est déjà dirigé par des intelligences artificielles. Nous les avons créées il y a 300 ans environ, les avons nommées « Sociétés anonymes », et, chaque fois que possible, elles automatisent et informatisent leurs processus internes. Mais elles fonctionnent aussi bien avec de simples règles bureaucratiques et leurs buts ne sont pas les nôtres.

7.    Penses-tu qu’il y ait aujourd’hui dans le monde des équivalents de ton activiste de l’abondance Manfred Macx ?

J’ai écrit « Homards » avant de rencontrer Cory Doctorow. Cory a failli devenir cet équivalent (durant sa période startup, pre-EFF). Mais la privatisation commerciale croissante du monde universitaire et l’imposition brutale du consensus néolibéral dans nos sociétés (où n’existent plus que les deux rôles de ploutocrate ou d’esclave-salarié) rend la survie de quiconque hors du système de plus en plus difficile.

8.    Partages-tu la peur exprimée par certains sur les possibles conséquences d’une émergence de l’IA ? Ou d’un contact éventuel avec des civilisations extraterrestres ?

Accelerando est, de fait, une fable, un avertissement sur ces deux menaces. Elle est simplement rendue moins évidente par l’action d’un narrateur peu fiable (Aineko, étant une IA, n’est évidemment pas un observateur impartial des évènements…)

9.    Tu as travaillé sur « The rapture of the nerds » avec Cory Doctorow. Vous semblez partager beaucoup de vues. Y a-t-il des choses sur lesquelles vous êtes en désaccord ?

Plein. D’abord sur les mérites de Disney, puis ça devient de plus en plus politique à partir de là. Mais il est vrai que nous sommes assez en accord pour avoir pu écrire « The rapture of the nerds » qui est de mon point de vue la contrepartie comique d’Accelerando.

Fondamentalement, nous sommes d’accord sur l’importance de l’humanité et sur l’idée que nous devons être très méfiants à l’égard de toute idéologie politique qui affirme avoir une explication simple, cohérente, et globale de ce qui est en train de se passer et de ce que nous devons faire pour aller vers le mieux.

10.    Ton œuvre est souvent cité à coté de celle de Rajaniemi. Lis-tu cet auteur et dirais-tu que vos visions de l’avenir sont proches ?

Hannu et moi avons fait partie du même atelier d’écriture SF d’Edinburgh pendant des années. Je suis un grand fan de son œuvre (pas gêné du tout par le fait que ce sur quoi il travaille maintenant, après la trilogie Quantum Thief, va surprendre ceux qui pensent qu’il va refaire la même chose).

Ce que nous faisions tous les deux (et d’autres comme Cory, Ken MacLeod… était de creuser un filon de futurisme extrême, fou, nommé Extropianisme, qui a pris naissance et s’est épanoui en Californie à la fin des années 80 et au début des années 90. Les Extropiens discutaient par mailing lists sur des sujets tels que la Singularité ou l’émergence IA bien avant que ça devienne des sujets à la mode en SF. Ils étaient passionnés par l’allongement de la vie, l’amplification de l’intelligence, la cryogénique (jusqu’à une éventuelle résurrection des morts), entre autres. Etant américains, ils étaient aussi de manière inquiétante enclins au libertarianisme et à d’occasionnelles infections d’objectivisme. Mais, vivant au cœur de la Silicon Valley, ils avaient des idées fascinantes sur la technologie et le rythme du changement dans l’avenir. Ken a tracé, plus tard, les racines de cette idéologie futuriste jusqu’au XIXème siècle et au-delà, via l’œuvre du théologien orthodoxe russe Nikolai Federovitch Federov (source d’inspiration centrale pour Rajaniemi ndt) et ses acolytes du début de l’ère soviétique. Le concept même de Singularité trouve son origine dans l’eschatologie chrétienne – c’est de fait une toute nouvelle explication séculaire pour l’apocalypse.

En tant qu’athée convaincu, j’ai été très troublé de constater qu’un morceau d’eschatologie chrétienne prémédiévale se glissait dans ma Weltanschauung. Ca m’a conduit à prendre mes distances, peu de temps après la publication d’Accelerando (mes dernières réflexions sur l’IA se trouvent dans mon dernier roman « Rule 34 »).

11.    Plus globalement, quels sont les auteurs dont tu te sens proche ?

Je préfère ne pas répondre car mes décennies de fandom SF signifient que les gens dont je lis les livres sont aussi des gens avec qui je partage des bières.

Plus léger, pour finir :

12.    Tu as créé le cycle de la Laverie, Mythe de Cthulhu moderne et drôle avec des espions (bravo pour Equoid à propos). Où as-tu trouvé une telle idée ? As-tu reçu des plaintes de fans « sérieux » de Lovecraft ?

Des plaintes ? Seulement que je n’écrivais pas assez vite !

Et la Laverie n’est pas drôle. C’est de la tragédie. L’esprit et l’humour sont les rires réconfortants du narrateur (ou des narrateurs dans les derniers volumes) en route vers la Guillotine. Je pense que je peux confesser ici que les romans forment un long arc narratif qu’on peut qualifier de « Marche vers la Singularité lovecraftienne » (inutile de se passer d’eschatologie dans une série qui traite explicitement de divinités, même si ce ne sont pas les nôtres).

L’idée originale est née entre 92 et 98 quand je jouais avec une nouvelle intitulé « A colder war ». Ce texte est une suite assumée aux « Montagnes hallucinées » placée dans les années 80, dans un monde où l’expédition Pabody est revenue d'Antarctique avec des reliques alien, ce qui a déclenché une course internationale visant à militariser les Anciens. Oliver North, Ronald Reagan, et quelque autres personnages peu reluisants y font un tour de piste avant que la Troisième Guerre Mondiale ne démarre, avec Cthulhu comme arme, laissant à la fin les protagonistes du récit, ceux du moins assez malchanceux pour avoir survécu aux bombardements nucléaires, avec des perspectives bien pires que la mort.

L’écriture de « A colder war » m’a donné des idées mais le tout était bien trop sinistre et déprimant. Au même moment, je travaillais sur un roman dans lequel un service secret britannique supprimait certains types de technologie ; ça ne marchait pas bien. J’ai alors eu deux illuminations : (1) faire de la magie un « effet secondaire » du calcul, (2) créer une comédie tournant autour d’une recrue inadaptée balancée dans un environnement mortel et qui est incapable de déterminer ce qui est vraiment important dans le contexte – entre l’audit des trombones, les réunions interminables, et les attaques par des monstres tentaculaires extradimensionels.

J’ai toujours voulu écrire des thrillers d’espionnages de la guerre froide, alors la première fois j’ai pastiché Len Deighton. Puis, dans le second roman, je me suis attaqué au Bond de Ian Fleming - plus exactement à la version cinéma, qui nous est plus familière (Bond est de fait un négatif du genre de personnes que recruterait une agence d’espionnage, et Bob, mon personnage, est un négatif de Bond. Le mettre dans le costume de Bond m’a donc paru naturel). La série a vraiment explosé avec le troisième tome, un hommage à Anthony Price, puis je suis allé vers l’œuvre de Peter O’Donnell (dont l’héroïne Modesty Blaise a hanté plus de vingt livres et deux films).

J’ai fini par me lasser des auteurs de thrillers et, à partir du quatrième livre, la Laverie avait son propre style, de moins en moins compatible avec celui d’autres auteurs. Alors, au lieu de continuer à pasticher des auteurs précis, je me suis mis à pasticher des sous-genres de fantasy urbaine. Le livre 5 « The Rhesus Chart » est un roman de vampire ; j’ai écrit Equoid (Hugo de la meilleure novella – de licorne) comme un lien entre les livres 2 et 3 et pour préparer du background pour le livre 7. Le livre 6 « The Annihilation Score » est sorti en juillet aux USA et en Grande-Bretagne, il parle de super-héros et de la manière dont le Home Office (le ministère britannique de l’Intérieur) s’en occupe. Le livre 7, en cours d’écriture, concernera des elfes (absolument terrifiants), puis retour à Bob dans le 8…

13.    Dans Singularity Sky, tu as trouvé une manière élégante de transférer de l’information plus vite que la lumière grâce à des particules intriquées. Crois-tu qu’un tel système pourrait être utilisé, par exemple pour communiquer instantanément avec des sondes spatiales ?

Aucune idée. Et je bluffais.

14.    Certaines de tes créations pour le jeu de rôle (Githyanki, Githzerai, Slaad) se sont retrouvées dans le Fiend Folio de ADD. J’ai combattu ces créatures et parfois été tué par elles. Es-tu fier d’avoir contribué à l’univers ADD ? Es-tu encore actif dans le monde du jeu de rôle ?

Je n’ai plus joué depuis plus de 30 ans, depuis mon adolescence en fait. Mais je suis content que tu ais aimé mes créatures.

15.    Pour finir, as-tu joué au jeu de rôle de la Laverie ? Et si oui, as-tu survécu et/ou conservé ta santé mentale ?

Nope. Comme je l’ai dit, je ne joue plus.

Merci beaucoup pour toutes ces réponses et bonne chance à Accelerando.

8 commentaires:

Alias a dit…

Bravo pour cette interview. Je suis un grand fan de Charles Stross, qui a aussi un blog très intéressant (www.antipope.org/charlie) où il sort de temps en temps des réflexions futuristes qui décoiffent.

Du coup, je m'aperçois qu'il y a plein de ses bouquins que je n'ai pas – encore – lus.

Gromovar a dit…

Merci. Et moi je suis dit qu'il fallait que je lise au moins Rule 34, si ce n'est me remettre sérieusement à la Laverie.

A.C. de Haenne a dit…

Je devrais (je me méfie maintenant avec les livres que je suis censé recevoir...) très bientôt me plonger dans "Accelerando". Merci donc pour cet éclairage avant lecture. Ça donne d'autant plus envie, même si je ne suis pas sûr d'avoir tout saisi les subtilités.

A.C.

Gromovar a dit…

Le récit est passionnant tu verras.
Et oui, il y a quelques échanges un peu geek dans l'itw je sais ;)

Lorhkan a dit…

Passionnante interview !
L'auteur a vraiment plein de choses à dire, et aussi beaucoup d'imagination. De quoi faire regretter l'arrêt du cycle de "La Laverie" en France... Mais j'ai encore son diptyque "Crépuscule d'acier/Aube d'acier" sur ma PAL.
De quoi patienter pour voir arriver d'autres traductions (en espérant qu'Accelerando trouve son lectorat) ?

Gromovar a dit…

Oui. Clairement quelqu'un qui réfléchit et sait ce qu'il fait. Parfois un peu au prix du récit.

Julien le Naufragé a dit…

Très sympa l'interview, ça donne envie de lire le roman rapidos

Gromovar a dit…

Fais-toi plaisir :)