L'Homme sans tête - Gene Wolfe

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Dans le Bifrost 124 , il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi dans le Bifrost 124 , une très courte nouvelle de Gene Wolfe. L’H...

Archéopolitique islandaise


Suite de la saga "Northlanders" avec ce second volume intitulé "Le livre islandais". Rappelons qu’Urban Comics a décidé de publier en France la série en regroupant les épisodes par zone géographique.
Une présentation détaillée de la série a été faite ici.

Ce tome 2 est plus court que le premier (312 pages seulement). Il est aussi moins intense. Dommage.

Quatre récits dans le volume :

Sur aucune carte, en 760, imagine une première visite, avortée, des vikings en Islande. Dispensable.

Sven l’immortel, suite du Sven le revenant du premier tome, est l’occasion de rencontrer un Sven vieilli, espérant la paix et le calme pour ses dernières années et les premières de ses enfants. L’attaque d’un groupe de jeunes hommes ambitieux oblige le vieux héros à reprendre les armes pour défendre, dans le sang, sa tranquillité et l’avenir des siens.

La jeune fille dans la glace nous montre encore un vieux viking. Découvrant un mystérieux cadavre, il décide de le « protéger ». En des temps troublés par les guerres entre clans, il finira par le payer très cher.

Enfin arrive la vraie saga de l’ouvrage, La trilogie islandaise.
Passionnant récit dans lequel le lecteur voit se construire une dynastie régnante ; on s’y rappelle que le premier roi fut un guerrier heureux. De 871 à 1260, on assiste à l’ascension des Hauksson et à celle, parallèle, de leurs ennemis héréditaires, les Belgarsson. A travers les aventures de plusieurs membres successifs de la famille Hauksson dont il contemple grandeur et décadence, le lecteur entre dans la réalité de la politique viking entre guerres de conquête, raids, et commerce. On y voit fonctionner l’althing, l’assemblée des clans où sont prises démocratiquement les décisions pour la grande communauté. On y voit les pressions norvégiennes pour mettre l’Islande en coupe réglée. On y voit aussi, encore, l’avancée inexorable du christianisme, gagnant le peuple sans oublier de forcer les puissants à la conversion. Si les missionnaires chrétiens n’apportent jamais avec eux la paix qu’ils prêchent, ils procèdent à une mise en coupe réglée des régions qu’ils investissent, jouant autant sur les alliances guerrières que sur le développement du commerce entre territoires chrétiens. Le résultat est inévitablement l’ethnocide et la soumission plus ou moins complète à la politique des prélats.
Après la fin du récit, en 1262, le Vieux Pacte est signé. L’Islande indépendante s’unit, à son corps défendant, au Royaume de Norvège et à lui prête allégeance. Elle ne recouvrera son indépendance qu’au XXème siècle.

Northlanders t2, Le livre islandais, Wood et al.

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