Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

The Apologists - Tade Thompson


The Apologists est une novella de Tade ‘Molly Southbourne’ Thompson, finaliste du BFSA Award 2025 (c’est mérité, ça mérite même mieux imho). Elle est lisible là.


Londres. Maintenant ? Bientôt ?

Eve Stevens est une inspectrice de la police britannique. Elle vit avec Dane Russell, à l’évidence un artiste, peut-être un autiste. Alors que Dane travaille sur sa prochaine exposition, Eve est envoyée sur un double meurtre. La scène de crime est une maison. S'y trouvent une mère et sa fille. L’enquête commence. Eve s’y investit, au-delà même de son devoir.


Phrases courtes au présent. Focalisation sur un point de vue. Primats des faits sur les sentiments. C’est le style qu’a choisi Thompson pour cette novella. Il est approprié.

Dérangé d’abord par cette approche très minimaliste, le lecteur l’est encore plus quand il commence à réaliser que quelque chose ne va pas, que le monde d’Eve et Dane ne colle ni avec un maintenant connu ni avec un bientôt imaginable.

Comme dans Les Meurtres de Molly Southbourne, premier brillant texte de Thomson, comme – pour changer d’auteur – dans l’Amatka de Tidbeck, le lecteur est plongé dans un monde subtilement différent qu’il tente de comprendre alors même que les personnages qui l’habitent tentent d’y faire avancer leurs propres agendas.

Monde et histoire se mêlent vers une résolution conjointe qui met le lecteur et l’enquêtrice face à des mystères liés. C’est étonnant. C’est bien fait. C’est gratifiant à la fin – même si l'infodump final aurait pu être un peu plus filé et moins directement explicite. Et surtout, c’est étrangement émouvant quand tout est dit et accompli.

Sache, lecteur, qu'elle sortira en UHL au Bélial très vite si tout va bien (genre, pas de guerre nucléaire).


The Apologists, Tade Thompson

Commentaires

Alec Eiffel a dit…
J’adore le style d’écriture, le côté « rentre dedans » du 1er chapitre est egalement assez surprenant. Pour l’ambiance on est carrément dans Dark City. Et oui effectivement la conclusion aurait gagner à rester plus mystérieuse.
Gromovar a dit…
Un très bon texte en effet.
Jean-Daniel Brèque a dit…
"La conclusion aurait gagné à rester plus mystérieuse": il reste des questions sans réponse, ou plutôt que le lecteur doit élucider. Exemple: pourquoi Eve croque-t-elle des araignées? et pourquoi a-t-elle cessé de le faire à la fin?
(Précision: c'est moi qui traduis cette novella pour UHL.)
Gromovar a dit…
Je donne ma langue au chat ;)