Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Hyde Street t1 - Johns - Reis


Hyde Street, une rue qui existe en tout lieu et à toute époque. Dans cette sorte de purgatoire organisé et managé par un être mystérieux nommé le Compteur atterrissent les âmes viles en attente de traitement. A Hyde Street, elles devront être damnées, définitivement tuées, ou, rarement, absoutes.

Ce sont les démons qui la hantent qui se chargent de l'orientation finale. Ces derniers y ont grand intérêt ; en effet, après 10000 âmes traitées sans absolution, chaque démon – des ex-humains à l’âme noire sélectionnés par le Compteur pour être ses agents sur Hyde Street – pourra revenir sur Terre avec, en prime, ce qu’il peut souhaiter.

Les démons de Hyde Street sont hauts en couleurs. On compte dans leur rang Mr X-Ray (un publicitaire des 60’s, cynique et mauvais père), Pranky (un boy-scout des 50’s, enfant martyrisé et tueur en série), Le Monstre Mutique (acteur de rôles de monstres chez Universal, tueur par accident en raison d’une paranoïa aiguë liée à sa carrière peu glorieuse), Mlle Bienfaite (une fanatique de la minceur des 80’s, cruelle et intolérante), le Dr Ego (un chirurgien esthétique aussi crapuleux que dangereux) et bien d’autres encore. Aucun ne sait sur quelles bases les autres ont été choisis, aucun ne sait qui est vraiment le Compteur, aucun ne sait quel est le but de tout ça. Et toi non plus, lecteur.


L’album, premier d’une série, est donc l’occasion de faire connaissance avec les faits et gestes des démons. Avec leurs éliminations d’âmes maudites, avec les damnations, avec – et ceci ne concerne que Le Monstre Mutique – les très rares cas d’absolution.

On découvre, au fil des pages, leur background. On est le témoin de leurs interactions souvent conflictuelles, notamment quand Pranky est impliqué. Il faut dire que le scout malveillant – une véritable peste – « vole » les âmes errantes de ses collègues et qu’il rode toujours à Hyde Street alors qu’il a dépassé depuis longtemps le minimum d'âmes nécessaire pour avoir le droit de retourner sur Terre. La vie est-elle vraiment meilleure pour lui ici ? Ou a-t-il plutôt enfin trouvé le lieu où il peut laisser libre cours à ses pulsions maléfiques ? Mystère.


Hyde Street, de Geoff Johns et Ivan Reis est un album speed et assez gore bien que jamais écœurant. On y voit une succession de saynètes liées par un fil rouge qui doivent nous amener progressivement à une compréhension de ce qui se joue. Ca reste encore flou, même si l’histoire des démons nous apporte quelques explications – au moins sur la raison de leur présence.

Ca se lit sans déplaisir mais sans implication intense. C’est amusant parfois et pas inintéressant.


A la lecture on retrouve un vrai hommage aux EC Comics. On retrouve le ton vaguement moralisateur, l’humour noir, le cynisme narratif, les châtiments imaginatifs. Démons mis à part, à Hyde Street, les méchants sont punis et ils paient le prix de leurs turpitudes. Et ceci est énoncé de manière explicite par les démons agissant ou la voix-off, comme ça l’était toujours dans les EC Comics par – souvent – le personnage emblématique de Caïn. On y voit, typique aussi, des monstres parfois plus humains que les humains eux-mêmes.

Le type de dessins et de décors font clairement référence à ces comics iconiques.

Et pour parfaire le parallèle il y a même dans l’album des « réclames » pour des gadgets à la con, comme on en trouvait aussi dans ces petits comics des années 50.


Les aficionados – j’en suis – apprécieront et aimeront se retrouver un temps dans cet univers, ici en couleurs et joliment dessiné, surtout quand c’est Ivan Reis qui officie.

Pour les lecteurs qui n’ont pas cet amour inconsidéré des EC Comics qui me possède, à eux de voir.


Hyde Street t1, Johns, Reis

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