Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Beneath the Trees Where Nobody Sees - Horvath


Woodbrook est une charmante petite ville de l’Amérique rurale. Les gens y sont bienveillants. Ils s’entraident. Ils vivent et travaillent ensemble en bonne intelligence.

Dessinée en images enfantines (avec même une voix off écrite sur des fragments de cahier d’écolier), peinte en couleurs pastels, Woodbrook nous est présentée par Samantha, l’ourse qui tient le magasin de bricolage et compte parmi les piliers de la communauté. 

A Woodbrook, la vie est paisible, tout le monde se connaît, on n’y ferme pas sa porte tant la délinquance y est minuscule – sache, lecteur, qu’on n’y a noté aucun meurtre depuis quarante ans.

Et voilà qu’un crime atroce est commis et mis en scène lors de la parade qui célèbre les deux cent ans de la ville. C’est toute la bourgade qui est bouleversée par cet acte impensable.


Beneath the Trees Where Nobody Sees est un album de Patrick Horvath, lettré par Hassan Otsmane-Elhaou.

Prenant son lecteur à contre-pied, il présente un petit paradis rural qu’il plonge vite dans l’horreur. Le meurtre spectaculaire de Martin, le petit vieux un peu gâteux que tous à Woodbrook connaissaient, déclenche une série d’événements qui met en vedette un tueur psychopathe. Intrusion des chaînes d’info qui dramatisent et jettent de l’huile sur le feu, psychose croissante parmi les habitants, méfiance mutuelle – car connaît-on jamais vraiment ses voisins ? –, achats massifs d’équipements de sécurité, enquête peu fructueuse d’un shérif dépassé par les faits, investigation parallèle menée par la seule personne de Woodbrook qui ne tient pas à ce que tout ceci s’étende, Woodbrook n’est plus un havre préservé, la violence y a fait une entrée fracassante.

D’autant qu’il y aura, bien sûr, d’autres meurtres. La tension monte.


Beneath the Trees Where Nobody Sees est un très joli petit album. One-shot publié en épisodes entre 2017 et 2024, il met en scène des animaux anthropomorphes engagés à leur corps défendant dans une histoire à la Dexter.

On y suit la marche d’un prédateur local qui tient à rester le seul dans son environnement. On y voit une enquête tranquille dont le but est moins de remettre un tueur à la justice que de restaurer la tranquillité d’une petite ville et de sauver la vie et la réputation de celle qui la mène.

C’est intéressant, c’est charmant, c’est très agréable à lire.

Et, sache-le lecteur francophone, c’est disponible en VF chez Ankama.


Beneath the Trees Where Nobody Sees, Horvath

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