Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Dans ma maison sous terre - Nicolas Martin


Ici et maintenant.

Joseph est un chercheur, spécialiste des mouvements sociaux dans le secteur minier. Il est aussi le petit-fils de Jonas, qui fut mineur et disparut lors de la fermeture définitive de la mine, il y a des décennies.

Vivant ? Mort ? Pire que mort ? C’est ce que Joseph va découvrir en retournant à la mine abandonnée.

Il y recueillera le témoignage – ou plutôt le testament – d’un Jonas que sa rencontre avec une entité cosmique a radicalement transformé, après qu’elle eut tué un bon nombre de mineurs dans l’incompréhension générale.

Il découvrira qu’existe dans l’univers bien plus que dans toute la philosophie d’Horatio. Et aussi que lui échoit une mission que la transmission familiale impose.


Dans ma maison sous terre est une nouvelle de Nicolas Martin publiée aux éditions Esquif. Dédicacée à son grand-père Joseph (tiens donc !) et à sa grand-mère Marie, l’auteur y ressuscite une mémoire minière qui a disparu en France avec la fermeture des puits.

Accident en 1974, réouverture en 1984, nouvel accident peu après qui afflige les mineurs et leur entourage d’une maladie inédite et bien plus terrifiante que la silicose, puis fermeture définitive en 1986. La mine de Corduroy - où se passe la nouvelle - est symptomatique du destin du secteur minier en France, héraut de la Révolution industrielle disparaissant à grand frais au XXe siècle sous les effets combinés de la concurrence internationale et de l’épuisement des filons.

Avec les mines, c’était tout un monde qui disparaissait, comme avait disparu le monde paysan (Henri Mendras l’a documenté dans La Fin des paysans, Bourdieu aussi, sous un autre angle, dans Le Bal des célibataires). Sic transit gloria mundi.


C’est à ce monde que Martin rend hommage. Autant qu’à un Lovecraft auquel il adresse des clins d’œil plus ou moins explicites (« ilot d’ignorance »…et horreur cosmique).

C’est aussi aux nécessités de la transmission qu’il s’astreint (je ne sais pas ce que faisait ce grand-père Joseph auquel la nouvelle est dédicacée mais qu’importe, transmettre est toujours important, quoi qu’on transmette).

C’est donc une jolie petite nouvelle, bien écrite (dans un ton qui rappelle parfois les dialogues de La Couleur tombée du ciel) et presque mythologique, que propose Nicolas Martin. A lire.


Dans ma maison sous terre, Nicolas Martin

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