Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Liberation - Tade Thompson


“Abuja, Liberation. We have started the first Nigerian orbit of the Earth,” says Udo on the radio.

Futur proche ou uchronique. Le gouvernement nigérian décide d'envoyer une mission spatiale nationale au-delà de la ligne de Karman pour quelques orbites et, pense-t-il, beaucoup de prestige. Mais, après un début nominal, tout se met à aller de travers. Car le système politique nigérian, si moderne se veut-il, ne parvient pas à sortir de ses apories autoritaires. Hélas.


Tade Thompson est un britannique d'origine nigériane, auteur entre autres de la trilogie Molly Southbourne.

Il propose aujourd'hui Liberation, une très jolie nouvelle lisible sur le site de ReactorMag.

On y suit les péripéties pleines d'espoir et de candeur de jeunes astronautes nigérians qui échappent plus facilement au puit de gravité qu'à la pesanteur de la politique nigériane.

On s'y rappelle les désirs avortés des nations africaines de participer à la conquête spatiale, quand l'optimisme était encore de mise sur le développement d'un continent récemment décolonisé. En août 1963, ces désirs et cet optimisme furent symbolisés par le premier coup de téléphone par satellite passé entre le président Kennedy et le premier ministre Balewa ; les deux seront assassinés, emportant désir et optimisme.

On y est sincèrement triste d'assister à une parodie cheap de mission spatiale qui rappelle moins les projets, sérieux ceux-là, abordés dans le Nigerian in Space de Deji Bryce Olukotun, que les surréalistes projets d'astronautique zambienne. Liberation est une parodie, une fake mission qui, caprice de l'histoire et hormis dans ses conséquences, n'a guère à envier dans le fonds à celles qu'organise régulièrement Jeff Bezos avec sa fusée Bleu Origin.


C'est donc un beau texte que propose Tade Thompson. Un texte simple et touchant à la fois, à lire et à faire lire.

Liberation, Tade Thompson

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