Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Horizons obliques - Richard Blake


Sortie demain de Horizons obliques, un one-shot SF de Richard Blake.

Il y a des années que Jacob et Elena Armlen se sont perdus dans une dimension parallèle qu'ils tentaient de cartographier. Depuis aussi longtemps Adley, leur fille, veut les retrouver. Après un long entrainement elle part donc en quête de parents depuis trop longtemps absents, à travers des mondes incroyables, avec l'aide de ses grands-parents, d'un impressionnant appareillage technologique de voyage transdimensionnel, de ses dons de prescience, et d'un robot humanoïde nommé Staden.


Si le scénario, plutôt contemplatif, pourra désarçonner certains lecteurs, on ne peut qu'être impressionné par la beauté envoutante des planches réalisées intégralement par un auteur qui est peintre avant d'être bédéaste (et dont c'est le premier album).

Dès la première page représentant un rêve d'Adley portant un ours polaire sur son dos on est saisi par le style et la qualité graphique de l'album. L'impression ne se dément jamais au fil des pages, alors que l'œil est capté par les architectures monumentales ou improbables, les petites villes tranquilles, les ciels colorés, les barrières dimensionnelles ou les représentations de flux d'énergie.

Le rythme qu'amène le découpage est également très réussi. Alors que je n'aime guère les BD avares de texte je dois admettre que la gestion des transitions et des silences est ici parfaite (le départ du robot pour la dimension parallèle, développé sur plusieurs pages, est un chef d'œuvre de ce point de vue, l'auteur parvenant à « animer » la chose avec grâce et fluidité sur le support statique des feuillets). François 'Cités obscures' Schuiten, qui interviewe Blake à la fin, ne dit pas autre chose.


Si le scénario est un peu verbeux et phlogistique, l'album est néanmoins un vrai plaisir à lire pour la beauté des images et la délicatesse de leur enchainement. On pense très fort au Metal Hurlant historique et à ses grands anciens ; le nouveau Metal ferait bien imho de proposer un gig à mister Blake.


Horizons obliques, Richard Blake

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