Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Fables 5 - Willingham, Buckingham


Juste quelques mots pour signaler la sortie du tome 5 de l’Intégrale Fables en petit format chez Urban Nomad.


Après les préparatifs et les menaces du tome précédent, les Fables de Fableville décident de lancer la guerre sur le territoire de l’Adversaire afin de mettre un terme à un règne de terreur qui n’a que trop duré. C’est alors au bas mot 200 pages de conflit scénarisées par Bill Willingham et dessinées par Mark Buckingham qui sont offertes au lecteur.


On y voit tous les Fables sans exception (humains et non-humains) participer à l’effort de guerre, entre bombardements des portails transdimensionnels, combats au sol, protection d’un haricot magique changé en issue de secours et Fort Alamo à la fois. Alors que les combats font rage partout et que tous les acteurs importants des Fables sont à la manœuvre sur le terrain, Blue, assisté de sa cape magique de téléportation, sert de messager plénipotentiaire en faisant des centaines d’allers-retours entre les lieux et les protagonistes du conflit, chargeant, transportant, informant – un atout capital. Et donc peu à peu, pour la première fois depuis des siècles, l’espoir change de camp pour des Fables qui ont ajouté à leur magie la technologie découverte dans le monde des Communs et dont les Royaumes sont dépourvus.


Je ne veux spas spoiler plus mais disons que les stratégies mises en œuvre sont innovantes, que la victoire est amère à plus d’un titre, qu’à l’instar de GRRM Willingham n’hésite pas à sacrifier des personnages, que les vieux tyrans ne s’amendent pas plus facilement que les haines revanchardes ne s’éteignent, et qu’on y voit hélas que les effondrements politiques ont toujours des répliques nombreuses et parfois gravissimes.


Si on oublie les deux premières histoires du recueil qui n’ont guère d’intérêt narratif (même si une info importante est transmise de personnages à personnages dans la deuxième), le reste est passionnant, de la guerre totale à ses inattendues conséquences néfastes, de la Mission Impossible de Cendrillon aux problématiques exigences d’un transfuge, de la joie de la victoire à la tristesse du deuil.

On appréciera des images de guerre qui rappellent beaucoup Jack Kirby.

On verra l’inconstante Rose Rouge mise rudement face à ses problèmes et à sa responsabilité, et aussi – incroyable – Frau Totenkinder mise pour la première fois en difficulté.

On croisera – Willingham fait dans tout le recueil quantité de petites références amusantes – un tigre mécanique résister seul aux forces de l’Empire dans l’Inde magique de Mowgli ; un tigre appelé Lord Mountbatten citant le discours de Churchill pour exalter sa maigre troupe.

En guest, comme il y en a dans les séries télé, on rencontrera les invités Fafhrd et le Souricier Gris dont les malheurs navreront le plus endurci des lecteurs.


C’est lumineux, c’est vif, c’est toujours autant à lire pour ceux qui n’ont pas encore eu cette chance.

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