Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Slow Time between the Stars - John Scalzi




Slow Time between the Stars est une nouvelle SF de John Scalzi qui fait partie de la collection de textes inédits créée pour Amazon et intitulée The Far Reaches.

STBST est l'histoire, racontée à la première personne, du premier vaisseau envoyé par l'humanité à la recherche d'une planète habitable sur laquelle ensemencer l'embryon d'un écosystème capable de soutenir la recréation d'êtres humains qui seraient les descendants de l'humanité terrestre, la nôtre.


On est dans un futur proche, et pas de tour de magie ici. L'humanité n'a pas inventé le voyage faster-than-light, elle n'a pas créé d'immense vaisseau-arche, elle ne se déplace pas à travers un hypothétique hyperespace. C'est donc une IA qui part, seule, pour un voyage destiné à durer des centaines de milliers d'années voire plus. Et c'est l'IA qui raconte. Sa construction, son voyage, les réflexions que lui inspirent tant ses concepteurs que son périple, fondamentalement différentes des nôtres, dépourvues d'affect, dépourvues d'ennui comme de spleen, inaffectées par la peur de la mort.

Certes, l'IA a une mission léguée par l'humanité, mais l'altérité de sa pensée, les abimes de temps qui s'écoulent alors qu'elle progressent de plus en plus loin du système solaire, les marges d'interprétation dont elle dispose du fait de l'autonomie que lui confèrent tant son propre code que la distance et le temps qui la séparent de ses créateurs, et surtout le temps incroyablement long dont elle dispose l'amènent à réévaluer sa tâche et à en proposer sa propre interprétation. Quelle que soit la politique publique, c'est la mise en œuvre sur le terrain qui importe, on le sait depuis Pressman et Wildavsky.

Racontée par une IA libérée mais pas amère, un esprit paisible et aimable, STBTS est une nouvelle plaisante et apaisante qui surfe sur des échelles de temps colossales, comme le faisait Greg Egan dans A dos de crocodile, et montre gentiment que les priorités changent quand les époques deviennent géologiques ou comment le décentrement est un moyen de ramener chaque chose à sa juste place dans l'univers.

Slow Time between the Stars - John Scalzi


Cette chronique participe au Summer Star Wars Andor

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