Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

After the Animal Flesh Beings - Brian Evenson


After the Animal Flesh Beings est une nouvelle de Brian Evenson, téléchargeable sur le site de Tor. Et c'est un véritable bijou.


Loin, loin, loin dans l'avenir. La biodiversité est tombée à zéro ou, pour le dire autrement, il n'y a plus d'être vivant sur Terre. Crap ! Mais il y a encore des êtres sentients, concrètement une communauté (au sens de Tönnies) de robots qui sont nos seuls descendants, abandonnés comme des enfants orphelins.

Ces enfants, dont la psyché ressemblent fortement à celle d'humains des temps proto-historiques, peuplent leur monde de légendes, de contes, de récits qui aident à comprendre le monde autant qu'à se souvenir de ce qui fut.

Ils forgent des mythes, une forme de cosmogonie, et, contrairement aux nietzschéens, assistent effectivement à la mort de Dieu.

Ils sont une forme de nous, encore habités par la naïveté de ceux qui veulent comprendre le monde sans avoir les outils pour le faire et que nous avons perdue dans la désenchantement du monde.


Ces robots se disent en cinq histoires qui ne s'adressent pas à nous mais à eux-mêmes :

L'une raconte comment « naissent » leurs « enfants » et interroge sur le la filiation qui existe entre ces robots et nous.

Une autre la difficulté à élever un « enfant » handicapé. Elle renseigne sur les limites de la communauté robotique.

Un troisième récit est une légende des temps d'avant. Elle montre comment la non-vie peut-être une vie. Ca peut s'appliquer au robot.

La suivante parle de manque, de perversion, d'horreurs. Elle crée dans l'imaginaire le croquemitaine que toute société propose à ses enfants.

La dernière enfin informe sur la mort de Dieu. Et l'espoir d'un retour voire d'une résurrection, cyclique comme le rythme des saisons.


Écrit dans une langue cristalline et émouvante, sur un ton qui dit la découverte du monde et la simplicité des sentiments et des questionnements, After the Animal Flesh Beings est un véritable bijou qui touche aussi fort avec des robots que le faisait, dans un tout autre genre, le Lifecycle of Software Objects de Ted Chiang.

A lire absolument. Et imho une revue au nom de pont-arc-en ciel devrait s'y intéresser.

L'avis de Feyd Rautha

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