Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Gagner la guerre t4 - Genet - Jaworski


Voici qu'arrive le tome 4 de l'adaptation BD du Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski par Genet et Jaworski lui-même.


On avait laissé Benvenuto Gesufal en grand danger à la fin du tome 3. Les mensonges et les machinations dont il a été partie commencent à émerger au grand jour alors que les dépités de la guerre de Ressine cherchent à se venger et à reprendre l'initiative politique. D'atout secret, Benvenuto devient une gène possible pour la maison Ducatore, au point que, alors que Ducatore semble retourner sa veste à son endroit, il ne voit plus que la fuite comme solution aux deux périls qui le menacent : l'emprisonnement à court terme et l'assassinat à moyen terme.


Fuir dans la ville est utile pour échapper quelques temps à des lames trop aiguisées mais, clairement, quitter la ville est le seul moyen d'échapper à la mort. Recherché par spadassins et magiciens, le bretteur à gages doit mettre le plus de distance possible entre lui et la République de Ciudala s'il veut conserver un maigre espoir de conserver sa tête sur ses épaules. Alors que tout semble se liguer contre lui et qu'aucune échappatoire n'est est en vue, une aide inattendu se présente.


Etonamment, et en dépit de son impardonnable incartade au sein même de la famille de son « patron », il est aidé dans son entreprise par un homme du Podestat Ducatore. Le vieux leader pense pouvoir encore l'utiliser, comme homme de main ou comme chèvre si nécessaire. Voilà donc Benvenuto parti sur les routes d'exil, en compagnie du mage Sassanos et de deux mercenaires Ouromands, en direction de la Marche franche, une zone montagneuse située à l'ouest de sa ville de naissance, loin de la sophistication et de la magnificence de Ciudala la belle.

En chemin les dangers le guettent encore, qu'ils soient bandits de grand chemin ou poursuivants qui n'abandonnent pas tant son nom est devenu synonyme de tout ce qui doit disparaître des intrigues de la guerre de Ressine.


Action, réaction, risque, morts violentes, difficile de savoir dans le monde de Benvenuto qui est un ami et qui est un traître, d'autant que les alliances changent au gré des intérêts et que les soutiens évoluent avec les rapports de force et les opportunités. Benvenuto doit donc compter essentiellement sur lui-même pour survivre, en acceptant néanmoins l'aide d'autres sans lesquels il ne tiendrait pas longtemps, tout en sachant qu'il ne doit jamais baisser sa garde et donc se méfier « d'aides » susceptibles à tout moment se retourner. Une situation profondément inconfortable.

Quand il s'avère que la fuite ne pourra pas durer éternellement, Benvenuto se donne un nouveau cap, qu'on explorera dans le tome 5.

"La Marche franche" est encore, comme ses prédécesseurs, une réussite. L'action est toujours aussi frénétique, les enjeux toujours aussi élevés, les manigances toujours aussi tortueuses. On halète avec Benvenuto et on n'aimerait guère être à sa place.


Gagner la guerre t4, La Marche franche, Genet, Jaworski

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