Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Acadie - Dave Hutchinson


Futur. Espace. On n'en sait pas plus, si ce n'est que les protagonistes de la novella "Acadie" – de Dave Hutchinson – viennent originellement de la Terre.

L'histoire s'ouvre sur le réveil de Duke. Duke vient d'avoir 150 ans et il a une bonne gueule de bois. Pas de temps pour un hair of the dog, il y a une urgence et Duke doit la gérer.
Car Duke est président. De quoi et pourquoi ? Venons-y !

Duke vit dans la Colonie – qu'il préside, nous l'avons déjà dit. La Colonie est un ensemble d’habitats spatiaux fondés il y a des siècles par Isabel Potter, génie scientifique à défaut d'être éthique qui, d'abord aux USA puis en Chine après son exil forcé d'un pays devenu théocratique, poussa plus loin que tout le monde les recherches en ingénierie génétique – une sorte de CRISPR fait femme. Menacée d'enlèvement par un commando des SEALS venu des USA, Potter réussit à fuir avec l'aide de ses doctorants – des disciples – en détournant un vaisseau arche de colonisation chargé de 40000 colons en stase qui lui servirent de boucliers humains.

Depuis, Potter et sa coterie – comprenant aussi la plupart des ex futurs colons – vivent cachés dans l'espace, au sein de la petite société qu'ils se sont créés. Les manipulations génétiques n'ont jamais cessé, on croise donc dans la Colonie des Fondateurs affublés de corps de super-héros, d'elfes, de vampires, voire de Vil Coyote. On n'est pas très sérieux dans la Colonie, même si on abrite aussi un groupe de Super-intelligents qui ont développé une technologie de voyage FTL totalement inédite. Et même si, surtout, on vit derrière la « ligne d'alerte », un système de surveillance et de protection constitué de millions de micro-satellites, machines de Von Neumann destinées à empêcher toute approche par les myriades de sondes lancées tous azimuts par la Terre afin de retrouver des fuyards à qui elle n'a jamais pardonné.

Voilà de quoi Duke est président. Et pourquoi l'est-il ? Parce qu'il était celui qui voulait le moins du poste. Les libertaires de la Colonie mettant ainsi en application la sagesse attribuée à Platon : « Il ne faut pas donner le pouvoir à ceux qui le veulent » devenu depuis le principe de Jon Snow tel qu'énoncé par Tyrion Lannister.

Et voilà qu'un idiot, alors que la règle première est la discrétion, abat une sonde de passage. D'où réveil de Duke, alerte, réunion des hautes autorités, décision à prendre vite.
La sonde dispose-t-elle d'une technologie inconnue qui lui aurait permis de franchir la ligne d'alerte ? A-t-elle eu le temps de transmettre ? Sa destruction même signe-t-elle la présence de la Colonie ?
Confrontés à ces questions, Duke et la fondatrice Isabel Potter décident d'évacuer la Colonie vers d'autres cieux. L'opération, d'une durée complète de 8 mois, réussira-t-elle avant l'arrivée des forces terriennes ?

Non content de rejouer la querelle Edeniste/Adamiste dans l'espace, Hutchinson – qui s'y connaît en société fracturée – propose une novella amusante qui se lit comme un divertissement estival.
L'écriture est simple, le rythme rapide, le ton volontairement sarcastique et décalé. On suit avec amusement un attachant Duke (Dude?) qui, dans le contexte, fait irrésistiblement penser au Zaphod Beeblebrox de H2G2. Et on finit par se cogner la tête sur un twist énorme qui rend la potion aigre-douce. De quoi passer une agréable soirée.

Acadie, Dave Hutchinson

L'avis de Feyd Rautha

Commentaires

Vert a dit…
Même chose que pour les 2 autres. C'est alléchant, ça promet de belles lectures de rentrée ^^
Gromovar a dit…
Il sera tien.
Baroona a dit…
Toute la chronique me tentait déjà, mais alors si on peut en plus penser à Zaphod, c'est immanquablement à lire.
Gromovar a dit…
Et ouais, sans paniquer.