Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Philip Roth et Brett Easton Ellis dans America 9


Dans le numéro 9 de la revue trimestrielle America, il y a, entre autres, un intéressant dossier sur l'Amérique Indienne.

Il y a aussi deux textes indispensables.


D'abord, "Jus ou sauce ? ", une nouvelle inédite de Philip Roth.
L'inoubliable auteur de La tache y raconte, en dix pages, le début, l'inspiration, et le déroulement de sa carrière d'écrivain.
Dans une illustration délicieuse d'un grand moment de sérendipité, il explique comment une trouvaille inattendue a lancé et orienté son travail d'écriture, faisant, au fil des ans, d'un jeune homme plein d'ambition littéraire l'écrivain mondialement connu qu'il devint.
J'ignore si cette histoire est vraie ou imaginaire. Comme elle est vraiment belle, je préfère ne jamais le savoir.


Puis une longue interview de Brett Easton Ellis, à l'occasion de la sortie de sa non-fiction non-essai non-bio "White".
L'auteur y raconte la distance qui s'est installée entre sa génération et celles qui l'ont suivie, entre temps long et temps court, linéarité et simultanéité.
Il parle de l'Amérique, de Trump, des Démocrates.
Du monde.

Surtout, il livre plusieurs vibrants plaidoyers.
En faveur de l'art pour l'art.
Pour la disjonction de l'auteur et de l’œuvre, ou plus généralement de la personne et de son travail.
Pour l'explication et pour l'analyse, artistiques comme politiques.
Contre le monde des clans et des communautés.
En un mot, pour la complexité de la création - et la volonté de s'y affronter - contre la binarité d'un monde devenant tribal, où tout est enjoint à signifier et où tous se divisent sur la signification - en deux clans, pour et contre ; un monde qui n'a rien à envier à ce Moyen-Âge dans lequel les passions gouvernaient et dans lequel tout anathème vociféré assez fort conduisait irrévocablement au bûcher. Vous avez dit La tache ?

Il m'a convaincu, je lirai "White".

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