Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

The Black Monday Murders TPB 2 - Hickman - Coker


Sortie du tome 2 du très bon The Black Monday Murders, toujours par Hickman et sa bande. Il est intitulé sobrement "The Scales", comme la balance qui dit l'équilibre du marché ou ses déséquilibres récurrents, la balance aussi qui sera l'indicateur fiable de son rétablissement après que les sacrifices nécessaires aient été accomplis.

L'histoire entamée dans le TPB 1 se poursuit au mieux. Le volume précédent ouvrait les fils, posait les questions, et, intrigant, livrait seulement quelques réponses ; ce tome-ci répond à bien des interrogations légitimes du lecteur et fait avancer de manière résolue les intrigues en cours, il fait clairement le job.

On pénètre dans les secrets enfouis de la Fed (ce lieu où le voile entre deux mondes est fin), on en apprend plus sur la guerre froide en cours entre les maisons et à l'intérieur de Caina-Kankrin même, on comprend mieux les dessous de la mise à l'écart de Grigoria Rotschild et de la prise de contrôle par Daniel au milieu des années 80.

On découvre au fil des pages que les personnages principaux – Grigoria et son défunt frère Daniel, leur chef de la sécurité Thomas Dane, le détective Dumas – sont bien plus complexes qu'il n'y paraissait, et que certains sont engagés dans un changement radical de paradigme.

Sur le fond, au gré des dialogues, on est ramené à la réalité du pouvoir – dont la monnaie n'est qu'une forme matérielle, comme cristallisée.
On se rappelle le lien – dans une approche quasi marxienne encore – entre changement technologique (l'infrastructure), changement social, et changement idéologique (la superstructure). Dans cet ordre.
On comprend, je le disais déjà précédemment, que le surplus des uns ne peut venir que du rationnement des autres, et que, de ce fait, la lutte des lasses est inextinguible – There's no such thing as a free lunch, Fourastié ne disait pas autre chose dans son classique Pourquoi nous travaillons.
On mesure enfin avec effroi l'envergure planétaire de la coterie occulte qui gouverne en sous-main le monde, car le pouvoir n'a ni nation, ni idéologie, ni religion. Le pouvoir se suffit à lui-même comme but à atteindre et patrimoine à protéger, quel qu'en soit le prix.

A la fin de l'album, sous l'impulsion de Grigoria, la guerre froide est devenue très chaude. La lutte pour la suprématie et le contrôle de l'historicité mondiale fait rage ; elle a sans doute commencé avant le krach de 1987, le seul qui n'ait pas été causé par un réveil de Mammon mais bien par les actions – encore à découvrir – de ses adorateurs. C'est toujours aussi bon. Vivement le tome 3.

Black Monday Murders t2, The Scales, Hickmann et al.

Commentaires

midnighter a dit…
c'est la version originale ? la version française ne sort bien que ce mois de mai ?
Gromovar a dit…
VO oui. La VF du tome 1 sort est prévue pour le 22 juin (pas en mai).