Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Arkham Asylum - Morrison McKean - McKean what else ?


En 1989, le scénariste Grant Morrisson créait avec le graphiste Dave McKean un one-shot de Batman intitulé "Arkham Asylum" (Arkham ! No comment !). L’album fut publié par la suite en France sous les titres « Les fous d’Arkham » ou « L’asile d’Arkham ».

Donnant à Batman une nouvelle image, explorant une facette nouvelle du héros en décalant son angle de vision, Morrisson tourne le dos à la lecture sombre et très violente, voire psychotique, qu’en donnait Miller. Morrisson, lui, insiste sur les fêlures de Batman, sur son rapport exclusif à sa mère assassinée, sur la peur de sa propre folie qui l’habite à juste titre et qu’il ne maitrise qu’au prix d’une douloureuse discipline.

Récit. L’asile d’Arkham (du nom de son fondateur ; le bâtiment est à Gotham comme il se doit) abrite les plus dangereux malades de l’univers Batman. Problème : ils viennent de prendre le contrôle du lieu. Joker menaçant de torturer les otages, Batman accède à son injonction de se rendre dans l’asile. Forcé d’entrer dans le jeu de chat et de souris imaginé par son archi-ennemi, Batman plonge dans les fractures de sa raison et paradoxalement finit par y puiser la force de vaincre ses adversaires. Parallèlement, Morrison raconte l’histoire de l’asile - maison folle autant que maison des fous - et de son fondateur au destin tragique, les deux étant absolument liés.
Unis dans l’asile, Batman et ses ennemis les plus célèbres s’offrent leurs fêlures en miroir, même si l’option prise par Morrisson de faire du Joker un surréactif à la démence pure de l’information mondialisée en société violente conduit à se demander où est vraiment la folie et où sont vraiment les fous. Peut-être pas entre les murs de l’asile.

Au-delà d’un récit clair (en dépit de sa réputation) mais inaccessible imho à un novice, c’est le dessin de McKean qui impressionne et fait la qualité d’une histoire qui, sinon, prendrait sans doute plus mal. McKean, le génial dessinateur associé à Gaiman sur tant d’œuvres (parmi lesquelles Sandman, Signal to Noise, Violent Cases, The Tragical Comedy or Comical Tragedy of Mr. Punch, tous chroniqués dans l'excellent Bifrost 82 ; Gaiman intervient d’ailleurs - très à la marge - dans le comic) et qui avait déjà investi l’univers DC avec son acolyte en dessinant la minisérie Black Orchid. Dans un style qui mêle un nombre incroyable de techniques (collages, photos, projections, frottages, etc.), McKean donne une personnalité à l’histoire, installant une ambiance sombre et onirique qui sert à merveille un récit introspectif et torturé. On notera que, comme dans Sandman, chaque personnage a sa typo et sa couleur sur les bulles de dialogue, une couleur et une typo adaptées à la personnalité du locuteur. Du beau boulot.
Si McKean arrête là, Gaiman viendra lui-même à Batman en 2009 avec Batman: Whatever Happened to the Caped Crusader ? dont je trouve qu’il répond à Arkham Asylum, interrogeant le rapport de Batman à sa mère et la besoin impérieux de ne jamais abandonner.

Un bon comic donc, à ne pas mettre entre toutes les mains, qui posait de manière explosive une base sur laquelle Morrison allait lancer par la suite son run Batman Gothic sombre encore mais plus conventionnel.
A noter que l’édition 25th anniversary de DC offre le script intégral commenté. Très intéressant.

Arkham Asylum, Morrison, McKean 

L'avis de Xapur

Commentaires

Efelle a dit…
Voilà qui donne envie... :)
Gromovar a dit…
C'est pas cher, ça se tente.
Xapur a dit…
Lu en VF et bien apprécié pour ma part.
Gromovar a dit…
Bien appréciable en effet.
Vert a dit…
Je crois que j'ai rien pigé quand je l'ai lu celui-là, faudra que je retente vu que je n'en ai plus aucun souvenir. En même temps c'est du McKean, rien que les images valent le coup !
Gromovar a dit…
Fallait comprendre quelque chose ?