Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

De mal en pis


1194, Paris. Le Royaume de France. Encore médiéval. La féodalité, elle, n’a plus longtemps à vivre. Philippe Auguste est en train de signer son arrêt de mort.

Tristan, guerrier puissant et roublard, est le premier Roy des Ribauds. Milicien officieux au service du Roi de France, chargé de la protection du souverain, des basses besognes d’enquête ou d’élimination, ainsi que du contrôle des filles publiques, Tristan est aussi, merveille des synergies professionnelles, tenancier de bordel et chef du conseil des corporations plus ou moins criminelles de la ville. Il travaille avec deux hommes de confiance, emploie des espions, et maintient sous sa tutelle les chefs des autres bandes cryptocriminelles de Paris. Un genre de mélange entre Vidocq et Littlefinger.

1194, pour les férus d’histoire, c’est aussi l’année où Richard Cœur de Lion est libéré de son emprisonnement par l’empereur Henri VI « le Cruel », en échange d’une énorme rançon versée à l’initiative d'Aliénor d’Aquitaine, sa mère. De son côté, le frère « aimant » de Richard, Jean sans Terre, avait fait tout ce qu’il pouvait pour ne pas réunir la somme, à la grande satisfaction de Philippe Auguste qui, de la sorte, était débarrassé d’un ennemi puissant sans compter que le Sans Terre lui vendait généreusement ses possessions françaises.

Au début de cette année 1194 donc, Philippe Auguste recevait en grande pompe un envoyé d'Henri VI pour discuter de la situation internationale, rencontre qu’il savait placée sous de bien noirs auspices. Hélas, c’est aussi le moment que choisit Tristan pour venger l’honneur de sa fille chérie. Mauvaise idée. Les deux affaires, que rien n’auraient dû relier, vont l’être par malchance, plaçant Tristan dans une situation terriblement inconfortable.

Brodant de l’imaginé sur de l'historique, Brugeas tisse une intrigue captivante et haletante, un vrai thriller placé dans un Moyen-Âge ras du sol, violent et bien éloigné des fastes des palais ou des ors de la chevalerie. Toulhoat dessine comme il sait le faire, tout en ellipse descriptive et lavis de couleur. Ce que le dessin, stylisé, perd en précision historique est plus que compensé par le dynamisme de ses planches dont chaque morceau raconte une partie de l’action, attirant l’œil comme le ferait un aimant.

Le lecteur de BD aura reconnu le duo à l’origine de la perle uchronique Block 109. Qu’il sache que, tant pour le scénario que pour le graphisme, dans un genre complètement différent la même qualité est au rendez-vous.
Peu de BD font vraiment accélérer le pouls, c’est le cas de celle-ci. Attendons avec impatience la suite.

Le Roy des Ribauds, Livre 1, Brugeas, Toulhoat

Sur le roi des Ribauds, une note extraite des Considérations sur le célibat de Poncet de la Grave :

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