Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

The Weird anthology (note 10)


Acheté il y a peu la colossale anthologie "The Weird", dirigée par les Vandermeer (on peut trouver pire comme anthologistes). 1152 pages, 110 nouvelles et autant d’auteurs, un siècle d’envergure, 1,4 kilo (on comprend mieux l’exquis dessin de Karl Lagerfeld ci-dessous). Et, last but not least, British Fantasy Award 2012 de la meilleure anthologie.

Deux belles introductions de Moorcok et de Jeff Vandermeeer définissant le Weird, comme (je résume de nombreuses page en deux mots, c’est donc réducteur) du « fantastique étrange ».

Quelques noms d’invités : Kafka, Lovecraft, Gibson, Miéville, Borges, Walpole, Leiber, Link, Tuttle, Gaiman, etc… (il y en a 100 de plus dans l'ouvrage).

Je la lirai au fil de l’eau, une ou deux nouvelles entre chaque gros livre, comme on mange du gingembre entre deux sushis différents. Et parfois, j’en dirai un (bref) mot ici, car on peut se procurer certains de ces textes, même sans acheter l’anthologie.


Portal, de J. Robert Lennon, est une nouvelle caustique, enlevée, très agréable à lire, et moins légère qu’il n’y paraît.

Un monde qui ressemble au notre, si ce n’est que la magie y paraît normale. Une maison à l’américaine dans laquelle aménage une famille à la Happy Days. Les enfants découvrent un téléporteur au fond du jardin, dans la végétation.

Ajoutant un portail magique à une maisonnée qui fut heureuse avant de ressembler à celle d’American Beauty, Lennon l’utilise comme métaphore de la magie qui existe dans une famille. Lieu de rassemblement, d’activités communes, le portail permet à ses propriétaires (père, mère, deux enfants) de partager des expériences excitantes et de prendre du plaisir ensemble. Mais le portail, bancal dès le début, devient de plus en plus dysfonctionnel et procure des expériences communes qui deviennent vraiment déplaisantes. Il sera dès lors, moins utilisé, parfois aussi de manière solitaire, et deviendra source de discorde quand les désirs des uns façonneront les voyages des autres.

La magie du portail finit par mourir, et Jerry, le narrateur, comprend alors qu’il a perdu, conjointement à la magie du portail, celle qui irriguait sa famille.

Le ver était dans le fruit dès l’origine, mais il fallut du temps pour le réaliser.

Portal, J. Robert Lennon

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