Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Le Cluedo en beaucoup mieux


Soyons clair ! Lorsque j’ai feuilleté cet album en librairie, je n'en ai pas aimé le dessin et je l’ai donc reposé. Et sans le post très positif d’Efelle, je ne l’aurais jamais acheté.
Restons clair ! Je n’aime toujours pas le dessin, que je trouve laid et souvent peu clair. Et pourtant, le scénario me l’a fait oublier. C’est dire la qualité de celui-ci.

Pour résoudre une série de trois meurtres incompréhensibles, ayant pour cadre le Londres des années 20, sont rassemblés, à l’injonction du meurtrier, les sept détectives les plus brillants de l’époque. Longuement présentés et décrits au début de l’album, ces grands esprits tenteront de résoudre l’énigme double des assassinats et de leur « convocation ». Il leur échoira aussi d’empêcher l’assassin de récidiver. Aucun problème pour eux. Non ?

Dans une ambiance rappelant à la fois le Cluedo et les romans whodunnit vintage qu’il pastiche allègrement, "Sept détectives" offre aux lecteurs une histoire complexe, très écrite, parfaitement logique dans son délire, et aux rebondissements surprenants. Suivant des personnages qui rappellent Sherlock Holmes, Hercule Poirot, Miss Marple, et d’autres figures imaginaires du monde de l’investigation criminelle, faisant une référence transparente à Jack l’éventreur et au malheureux inspecteur Abberline, le récit entraine le lecteur dans une mise en abyme subtile de ce qui faisait le cœur des romans policiers du début du XXème siècle.

Les dialogues sont longs et riches (c’est aussi le cas des textes intercalaires ainsi que du mystérieux et capital journal du narrateur) et ils emmènent le lecteur au cœur d’un mystère où sa sagacité (supposée) sera prise en défaut, alors qu’elle était tentée de s’exercer tant les nombreux éléments discursifs l’y invitaient. Chose rare en BD, il sera souvent nécessaire de revenir en arrière et de relire pour saisir parfaitement d’où vient un indice ou ce qu’il signifie pris dans son contexte ; rien n’est donné au lecteur qui se surprend à se creuser la tête autant que les brillants détectives de l’ouvrage, pour un résultat moins glorieux malheureusement, quoique...

"Sept détectives" est donc une excellente BD, un diabolique casse-tête comme on en lit rarement en BD, de la vraie food for thought. C’est un album hautement recommandable, le meilleur de la série avec l'excellent Sept missionnaires.

Sept détectives, Hanna, Canete

Commentaires

Guillmot a dit…
Je suivrai vos conseils à toi et Efelle, car j'avais commencé cette série des "sept" mais je ne savais que lire de bon...
Gromovar a dit…
Si je devais en donner trois ce serait celui-ci, sept missionnaires, et sept voleurs un cran en dessous mais plutôt drôle.
Il y en a aussi de vraiment pas fameux.
Efelle a dit…
J'ai exactement le même ressenti.
Le scénario est diabolique et je suis en effet revenu en arrière par moment.
Excellent.
Efelle a dit…
Je préfère les sept yakuzas aux voleurs...
Par contre par de soucis sur les deux premiers au classement. ;)
Gromovar a dit…
Deux accords sur trois, c'est pas mal.