Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Dieu reconnaitra les siens


"Tuez-les tous, Dieu reconnaitra les siens" est la phrase mémorable (mais non attestée de manière fiable) qu'Arnaud Amaury, légat du pape Innocent (!?!) III, aurait prononcée à la fin du siège de Béziers en réponse à un soldat qui demandait comment choisir entre cathares et catholiques. C'est aussi le titre du premier tome de la nouvelle série d'Arnaud Delalande et Eric Lambert, "Le dernier cathare".
Loin des histoires de templiers auxquelles il pourrait faire penser, cet album aborde un évènement historique assez peu traité dans la BD, la croisade des Albigeois qui, de 1208 à 1249, annihila le catharisme (jugé hérétique), et l'indépendance occitane par la même occasion. Ne pas crier, donc, à la DaVinciconnerie, "Le dernier cathare" n'a rien à voir avec l'épuisante mode des histoires de chevalerie ésotérique. On est ici bien plus près du "Trône d'argile", l'excellente série de Jarry et Caneschi sur la dernière partie de la guerre de 100 ans, c'est à dire dans le récit historique crédible. Et cette histoire étant peu reluisante, on y voit le cynisme de l'Eglise, la faible valeur morale de nombreux chevaliers, l'absurdité d'une croisade en terre chrétienne, l'assassinat de masse commis par le fanatique religieux Arnaud Amaury.
Originalité du thème, scénario fouillé et documenté, apports culturels, équilibre savamment réalisé entre didactisme et aventure, dessins et couleurs réalistes de bonne facture, cet album fait plaisir à lire autant qu'il cultive. On en sort diverti et enrichi. Vivement la suite !
Le dernier cathare, t1 Tuez-les tous, Delalande, Lambert

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