Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Béotien que je suis


Lucius Shepard est un auteur dont je n'avais jamais rien lu. Grave erreur.
Le recueil de nouvelles "Aztechs" est un gros morceau de littérature, au sens le plus plein du terme. Et Lucius Shepard est vraiment quelqu'un qui sait écrire. Son style trouve un parfait équilibre entre le trop écrit et le pas assez (comprenne qui pourra ;-)
Chaque récit du recueil est situé dans un cadre fondamentalement étranger sans jamais tomber dans l'exotisme, magnifiquement décrit par l'entremise d'une profusion d'images évocatrices. Et cet étranger est pesant. C'est un étranger gras, moite, qui sent sous les bras. Les mondes de Lucius Shepard ne sont pas proprets, ils ne sentent pas la rose. D'un Mexique futuriste nimbé de rouge, à une Afrique assise à cheval entre tradition et modernité, et rendue presque lovecraftienne, en passant par un Moscou interlope qui évoque l'ambiance du film "Exotica" d'Atom Egoyan, le voyage est long, beau, dépaysant. Et même dans la très prosaïque New-York de l'après 11 septembre, il sait amener le mystère, dans une nouvelle profondément émouvante. Dans les histoires de Shepard, les destins importent. Il décrit à merveille les sentiments et leur confrontation ; il pose la question religieuse dans presque chaque texte d'une manière subtile et intelligente ; il montre comment la raison bascule facilement dans la folie suprême qui est de ne plus discerner le réel de l'illusion, comment la guerre rend fou (souvenez-vous du GI au fusil lance-grenades qui écoute Jimmy Hendrix dans Apocalypse Now).
Les nouvelles de Shepard oppressent, les nouvelles de Shepard dépaysent absolument, voila pourquoi il faut les lire. Foncez ! Foncez ! Foncez !
Aztechs, Lucius Shepard

Commentaires

Anonyme a dit…
C'est dans la pile mais là je patine un peu sur Hal Duncan...
Je prendrai donc ma dose de Shepard après Velum et le recueil de Gudule qui me fait de l'oeil depuis quelques chroniques ici et là...
Gromovar a dit…
J'ai vraiment aimé. A tel point que je vais en chercher quelques autres en occase (apparemment plus grand chose n'est dispo en neuf).
Dans le recueil j'ai particulièrement aimé : Aztechs, La présence, Ariel, Le rocher aux crocodiles, donc presque tout.
Anonyme a dit…
Je te conseille Louisiana Breakdown.
Anonyme a dit…
Je tombe sur ce blog totalement par hasard et ça fait plaisir de voir qu'on n'a pas bossé pour rien !
JD Brèque, traducteur d'AZTECHS
PS : on espère faire un autre recueil l'an prochain au Bélial. En attendant, il y a eu une novella dans un récent BIFROST. L'AUBE ECARLATE est toujours disponible en FolioSF.
Et, pour les anglophones, le blog que Lucius partage avec des écrivains potes à lui :
http://community.livejournal.com/theinferior4
Anonyme a dit…
Aaaaaaah !

Tout cela est bel et bon.

Un nouveau recueil, en plus ?

Joie ! Joie !
Gromovar a dit…
Bravo pour la traduction.
La lecture de ce recueil est un vrai moment de plaisir.
Anonyme a dit…
ah oui, très très bon recueil... il y a également thanatopolis, qui s'est révélé une très bonne surprise.
Gromovar a dit…
Faut définitivement que j'aille faire un tour chez les bouquinistes.