Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

L'autoritaire et le manipulateur...




...sont deux des archétypes de la personnalité autoritaire proposés par Théodor Adorno à la fin de son ouvrage. Ce livre, récemment sorti, contient les chapitres écrit par Adorno lui même de la vaste étude "The autoritarian personnality". Le reste de l'étude n'est toujours pas traduit.
Théoricien de l'école de Francfort, philosophe imprégné de psychanalyse freudienne, Adorno se livre au sortir de la guerre (et, en fait, l'étude commence alors que la guerre n'est pas encore terminée) à une gigantesque étude sur les fondements du passage d'une nation au fascisme (entendu comme système totalitaire pourvu d'un ennemi global, à droite ce peut être l'ennemi de race, à gauche l'ennemi de classe). Ce qui l'intéresse ce n'est pas la fabrication de l'idéologie ou de la propagande fasciste, mais l'existence dans le peuple, dans tous les peuples, de structures de personnalité identifiables, caractérisées par des valeurs de réponse élevées sur des variables telles que "la soumission à l'autorité", qui rendent des individus potentiellement réceptifs à une propagande de ce type, ce qu'il appelle "la personnalité autoritaire".
Ce qui est fascinant dans ce livre c'est la description complète que fait Adorno de sa méthode de travail. Comment les questionnaires sont conçus, évalués, modifiés, réévalués, etc. (la masse de travail devrait servir de référence à tous ceux qui fabriquent des questionnaires en une heure sur un coin de table, et à tous les psychanalystes de comptoir). Comment les résultats des questionnaires vont servir à sélectionner des individus qui seront vus en longs entretiens semi-directifs. Comment émergent de ces entretiens les éléments sous-jacents qui expliquent la susceptibilité au fascisme. Comment chaque autoritaire possède sa nemesis, son "juif", qui ne l'est pas nécessairement. Comment Adorno ne livre sa typologie finale qu'avec maintes précautions oratoires et dans un but uniquement fonctionnel, hors de toute volonté stérilement nominaliste.
A partir de son énorme masse de données Adorno trouve utile aussi de dégager des personnalités foncièrement imperméables à une idéologie fascisante, et à les typologiser aussi.
A lire absolument pour apprendre quelque chose sur la recherche psychologique. A lire après avoir lu "La psychologie de masse du fascisme" de Wilhelm Reich qui se centre, lui, sur les aspects sociétaux et l'origne de l'idéologie.
Etudes sur la personnalité autoritaire, Theodor W. Adorno

Commentaires

Anonyme a dit…
Oui, probablement il est donc
Gromovar a dit…
Il en manque un bout non ?