Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Salem on Avon


J'avais beaucoup aimé le diptyque Le dieu des cendres, orchestré entre autres par le duo Legendre / Aja. Ils remontent le temps dans ce nouveau cycle baptisé "Crawford, chasseur de sorcière".
On trouve dans ce premier tome, "Barghest", du nom d'un chien démoniaque, le même mélange convaincant de faits historiques et de fantastique. Un demi-siècle environ avant la dictature de Cromwell qui était le cadre du "Dieu des cendres", Legendre met en scène le règne tourmenté de Charles Ier d'Angleterre, considéré comme un tyran, et qui sera décapité à l'issue de la première guerre civile anglaise, celle-là même qui amène Cromwell au pouvoir. Charles Ier se heurta violemment au Parlement sur des questions fiscales, tenta d'instaurer une monarchie absolue, s'oppose aux puritains qui sont les calvinistes les plus intransigeants, tenta un rapprochement avec l'église catholique, et perdit l'Irlande. Trop pour un seul roi d'Angleterre.
Dans ce contexte agité, Crawford, un chasseur de sorcière cynique et brutal, prospère. Au service des puritains il détruit, autant que faire se peut, les monastères catholiques. L'arrivée, dans son équipe de bouchers, d'un jeune idéaliste sera sa fin.
Mâtiné de légendes irlandaises, lorgnant vers une forme archaïque de cyberpunk, ramenant à la vie une nouvelle page de l'histoire anglaise, Legendre fournit un ouvrage complexe et détaillé, aux nombreux rebondissements. Les graphismes d'Aja ont, comme dans "Le dieu des cendres", un style à mi-chemin entre le réaliste et le cartoonesque. On aime ou pas, moi j'aime. Un bien agréable album pour ceux qui aiment les BD dans lesquelles il y a beaucoup de texte.
Crawford, t1 Barghest, Legendre, Aja, Lacroix

Commentaires

Efelle a dit…
Pas fan du trait.
Gromovar a dit…
Je conçois aisément que ça puisse déplaire.
Guillmot a dit…
Une époque joyeuse et charmante. Par contre je suis un peu moins branché sur les albums Soleil en ce moment, je reconnais qu'on y trouve aussi quelques bons trucs.
Eric a dit…
La description donne envi de lire la BD.
Gromovar a dit…
Attention quand même. La série n'a pas été poursuivie.