mercredi 31 juillet 2013

Blogo-questionnaire jeux vidéo du Traqueur Stellaire

Le Traqueur Stellaire pose une question ; j'y réponds.
Y a-t-il un gamer derrière chaque blogueur de l’imaginaire ? Je ne sais pas ; la question pourrait d’ailleurs être élargie pour devenir « Y a-t-il un gamer derrière chaque lecteur de l’imaginaire ? ». Dans ce cas, on pourrait répondre facilement en invoquant le flowchart ci-dessous, biographiquement vraie en ce qui me concerne, et statistiquement aussi en ce qui concerne mon entourage.



Je vais maintenant répondre plus à fond, mais ce qu’il faut savoir, c’est que je suis vieux, donc que j’ai des références de vieux ; je veux m’en excuser auprès de la génération née après le Bon Président Pompidou.

1. Quels genres de jeux te définissent le mieux ?

Un genre principal les jeux de rôles, online ou pas, un genre secondaire, les jeux de gestion type Settlers, c'est à dire comme sur table. J’ai beaucoup pratiqué le point’n’click du temps où ça existait encore (Day of the Tentacle ou Sam and Max, des chefs d'oeuvre).





2. Tu es consoles, tablettes, or ordinateur pour jouer ?

Console jamais. J’ai grandi en un temps où les jeux de console c’était sport ou action ; j’en ai gardé une aversion assez prononcée pour ce support. Mon type de jeu de prédilection m’amène naturellement sur ordinateur, mais, mon temps de jeu se réduisant, les jeux sur tablette, rapide et bon marché, me séduisent de plus en plus.

3. Quels sont les trois jeux qui t’ont le plus marqué ?

Oula ! Seulement trois ?

Commençons par The Hobbit, jeu d’aventure textuel illustré sur Spectrum. Le plaisir de rejouer le roman et une belle astuce de programmation graphique. Vidéo inénarrable ci-dessous (je n'allais pas si vite) :



Sorcellerie, la VF de Wizardry, pour lequel j’ai acheté un Apple II (marquant ça, non ?). Premier jeu de rôle informatique pour moi, une révélation, un ADD-like en solo à la maison. C'était comme un rêve réalisé.



Dungeon Master sur Amiga, jdr toujours et techniquement (programmation) très malin.



Eye of the Beholder, premier jeu de la licence ADD (je suis un peu monomaniaque). Voir bouger les créatures qu’habituellement je décrivais sur table, grande expérience.



Ultima VII, le premier jeu qui m’ait parlé (je me souviendrai toujours du visage de ma mère) et qui ait « pris le contrôle » de mon ordinateur. Le premier jeu aussi qui n’a plus cherché à être fin sur la programmation, en partant du principe que le puissance des PC n’arrêtait jamais d’augmenter et que les joueurs n’avaient qu’à acheter la machine à même de faire tourner le jeu. Partage la peur en cliquant sur le visage rouge :



Everquest, premier MMORPG, commandé aux USA, livré par UPS en express, sans certitude que ça fonctionnerait correctement sur mon PC, et sur lequel j’ai passé d’innombrables heures, jours, semaines. Addictif et excitant. Le dernier jeu difficile auquel j'ai joué. Après on n'en a plus fabriqué.



World of Warcraft, parce qu’un jeu auquel tu as joué huit ans, ça marque. On trouve sur mon compte plein de personnages dont le nom commence par Gromo.



Et mon petit faible, Settlers, dont j’ai eu presque toutes les versions, et que j’ai encore aujourd’hui sur iPad.



Mince, ça fait 8. 'grin'...'evil grin'

4. A contrario, quel jeu t’a laissé le pire souvenir ?

Pfff ! Va savoir. N’importe quel jeu d’action où je bloque au bout de cinq minutes ?

5. Tu choisis tes jeux en fonction du gaming ou du roleplay ?

Question simple, réponse simple, le gaming.

6. En ce moment, à quoi tu joues ?

Un peu Don’t Starve sur ordinateur, mais je suis déjà en phase de lassage. Knights of Pen and Paper sur iPad (encore du jdr sur table, désolé), pas encore de lassage mais je l’ai depuis peu. En fait, tous les jeux vidéo me lassent vite depuis un petit moment.

dimanche 28 juillet 2013

L'homme illustré, Ray Bradbury


Dans "Trois automnes fantastiques", gros volume signé Ray Bradbury et publié chez Lunes d'Encre, on trouve, sous une même couverture, "L'homme illustré" et "Le pays d'octobre", deux recueils de nouvelles, et le court roman "La foire des ténèbres". Je n'évoquerai ici que "L'homme illustré" (dont je signale qu'on peut se le procurer indépendamment en poche chez FolioSF), pour en dire que le lecteur y trouvera de la SF classique de l'Age d'Or, une littérature du "Et si ?", simple et abordable, qui s'intéresse moins à la plausibilité scientifique qu'aux effets du progrès sur l'être humain.

Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 72, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…).

Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout :

«Il retira sa chemise et la roula en boule. De l'anneau bleu tatoué autour de son cou jusqu'à la taille, il était couvert d'Illustrations."Et c'est comme ça jusqu'en bas", précisa-t-il, devinant ma pensée. "Je suis entièrement illustré. Regardez !"Il ouvrit la main. Sur sa paume, une rose. Elle venait d'être coupée ; des gouttelettes cristallines émaillaient ses pétales délicats. J'étendis ma main pour la toucher, mais ce n'était qu'une image."Mais elles sont magnifiques ! m'écriai-je.- Oh oui, dit l'Homme Illustré. Je suis si fier de mes Illustrations que j'aimerais les effacer en les brûlant. J'ai essayé le papier de verre, l'acide, le couteau... Car, voyez-vous, ces Illustrations prédisent l'avenir."» Dix-huit Illustrations, dix-huit histoires à fleur de peau par l'un des plus grands poètes du fantastique et de la science-fiction.

Voila. Rien de plus. Sinon voici ce qui m'attend :



jeudi 25 juillet 2013

Le Parrain et le Consigliere


Une grosse année après l’événement éditorial qu’avait constitué la publication du Dragon Griaule (superbe livre, largement inédit en français), Les éditions du Bélial, et singulièrement Olivier Girard, (éditeur), Lucius Shepard (auteur), Jean-Daniel Brèque (traducteur), et Nicolas Fructus (illustrateur) remettent ça avec ce "Calice du Dragon", tout récemment achevé par Shepard, qui est donc inédit en français et pas encore publié en anglais (bien qu’il ait été écrit dans cette langue). Ecrit à la vitesse grand V par le courageux Lucius afin d’être présent aux Imaginales 2013, traduit et illustré, alors même qu'il était encore en cours d’écriture, par le tandem Brèque - Fructus, "Le Calice du Dragon" a pu faire son entrée dans le monde comme prévu, lors des dernières rencontres d’Epinal. Bel exploit pour un bel objet, le livre étant de fort belle qualité. Ceci dit, qu’en est-il du texte, ce roman de moyenne longueur, mondialement inédit, intitulé "Le Calice du Dragon" ?

Je te renvoie, lecteur, à ma chronique du Dragon Griaule pour le contexte. Je rappelle juste que, dans un XIXème siècle fantasmé et clairement sud américain, un gigantesque dragon endormi, devenu tout à la fois écosystème et formation géologique, « préside » mystérieusement aux destinées d’une vallée et à celles de ses habitants.
Lorsque le peu scrupuleux Richard Rosacher découvre, à son corps défendant, que le sang de Griaule peut être raffiné en une drogue qui fait voir la vie en rose, il saute sur l'occasion et déclenche une cascade d'événements sur lesquels il a moins de prise qu'il ne le croit.

Dans le monde très particulier de Griaule, entraînant le lecteur des venelles crasseuses de Teocinte à la jungle périlleuse du Temalagua, Shepard fait semblant de nous raconter l’histoire d’un homme. En fait, c’est de deux hommes dont il s’agit, la figure de proue et l’éminence grise, le manipulé et la manipulateur, la marionnette et son marionnettiste, le narco et le politique, le parrain et le consigliere, j’ai nommé Rosacher et Brèque (oui, oui, Le Brèque ! ).
C’est donc l’histoire parallèle de ces deux hommes que raconte l’auteur, de leur première rencontre jusqu’à la mort de Brèque, des décennies et beaucoup d’évènements plus tard (pour être précis on recoupe la période qui s'étend de la nouvelle 1 à la nouvelle 5 du Dragon Griaule, ce qui fait qu’il est vivement déconseillé de lire "Le Calice" avant son illustre prédécesseur sous peine de subir de nombreux spoilers ; si les histoires ne se croisent pas, il est, à plusieurs reprises, fait allusion à l’une dans l’autre).

"Le Calice du Dragon", c’est l’histoire de l’ascension d’un gars quelconque à qui le hasard a offert une idée géniale et qui s’est trouvé assez dépourvu de sens moral pour la mettre en œuvre, ne reculant devant aucune veulerie ni aucune brutalité (toutes offstage) pour accroitre son pouvoir et sa richesse. Charmeur et sans scrupule, intrigant dans tout - notamment la drogue (c’est ainsi que commence son empire), le sexe, et la religion - jamais loin du pouvoir politique, proche des puissants avant d’en devenir un lui-même, Rosacher passe toute sa vie à courir, sans trop savoir après quoi. Grossir, survivre, survivre, grossir, le Parrain de Teocinte est emporté par la dynamique qu’il a enclenchée, comme un fétu de paille par un fleuve en crue. Laissant derrière lui, au fil des années, l’amour, l’amitié, et jusqu'à l’enfant qu’il aurait pu avoir, confronté à la trahison, jamais sûr de la loyauté ni de la sincérité de ses partenaires, Rosacher est un boulet qui dévale une montagne sans pouvoir ni s’arrêter ni changer sa course. Il faut dire que les évènements s’enchainent inévitablement ; l’Histoire a son sens, Griaule son pouvoir d’influence, et Brèque ses buts. L’essentiel se joue en coulisses, Rosacher ne le réalisera vraiment que trop tard, comprenant par là même qu’il n’était ni aussi malin ni aussi maître des évènements qu’il voulait bien le croire. Je l’ai plaint, comme j’avais plaint Elric de Melniboné s’apercevant à l’ultime instant de sa vie qu’il n’avait été qu’un jouet pour la noire Stormbringer - même si l’histoire finit mieux pour Rosacher que pour Elric.

Très joliment écrit, agréable et rapide à lire, "Le Calice du Dragon" est imho, un peu au-dessous du Dragon Griaule. Le colossal dragon y est moins présent, moins central, moins énigmatique dans son pouvoir, et le questionnement sur son influence réelle ou supposée y est plus mécanique. De ce fait, la créature s’enfonce en partie dans le background, et si "Le Calice du Dragon" est une histoire qui n’aurait pu exister sans Griaule, celui-ci n’y tient qu’un rôle secondaire, en retrait derrière les manœuvres et les manigances de Rosacher et de Brèque. Un peu de la magie du premier volume a disparu ; c’est dommage, mais c’était presque inévitable tant Le Dragon Griaule était un objet unique et enchanteur.

Le Calice du Dragon, Lucius Shepard

L'avis de Lhisbei

L'avis de Cédric Jeanneret

L'avis de Tigger Lilly

5 ans de nouvelles gratuites en numérique chez Tor.com


Qu'on sache que l'aimable et généreux site Tor.com offre à tous (il suffit de s'enregistrer) un livre numérique multiformat regroupant les nouvelles offertes sur le site depuis 5 ans.

La liste comme le prestige des auteurs présents sont énormes. Beaucoup des textes sont d'excellentes facture. Le tout peut constituer le fond indispensable et toujours disponible de votre reader, vous accompagnant partout en grands comme en petits déplacements, et vous distrayant lors des innombrables occasions d'attente.

ENJOY !

The Stories, Five Years of Original Fiction on Tor.com

mercredi 17 juillet 2013

Even Ken can't fuck Barbie


Dans le Bifrost 71, il y a maintes choses : un bien bel édito d'Olivier Girard, une nouvelle de Thierry Di Rollo, une de Paul J. McAuley, les critiques de tout ce qui est sorti récemment, un long dossier sur Michel Pagel, assorti d’une interview, sans oublier la scientifiction et les news.

Il y a aussi, pour commencer, une fort agréable nouvelle de Michel Pagel intitulée « Cosplay ». Surfant avec habileté sur la mode du cosplay et la mêlant à la, malheureusement, peu résistible ascension de la téléréalité, Pagel crée une dystopie intrigante dans laquelle la popularité réseau liée à la bonne incarnation de son rôle est la clef de la fortune et du rang social. Ce monde, le lecteur l’observe de trop près, comme un voyeur à la recherche sordide de son propre écœurement.

La trame narrative n’est guère développée, format oblige, mais l’ambiance est posée de fort belle manière et la cryptocratie panem et circenses décrite par Pagel fait froid dans le dos tant elle semble être un prolongement possible de notre société du spectacle peuplée d’adulescents et d’apathiques. Une lecture plaisante.

Cette nouvelle participe au Challenge JLNN

Faire profil bas


Enfin le tome 18 de Walking Dead. Le plaisir est toujours le même à l’achat (qui clôt l’attente), puis le même à la lecture (jamais décevante).

Après l’horreur du tome précédent, après que Rick ait été contraint, pour éviter encore pire, de se soumettre au dictat des Saviors et de leur chef Negan, l’incompréhension est grande au sein de sa propre communauté face à ce qui apparait comme le renoncement à une légitime vengeance . Même son fils de 12 ans lui désobéit et s’infiltre dans le camp des Saviors, permettant ainsi au lecteur de découvrir bien des choses sur l’organisation de ce mystérieux groupe et sur la personnalité complexe de son leader.

Avec "What comes after", c’est aux débuts d’une nouvelle civilisation que s’attaque Kirkman, le créateur de cette toujours impressionnante série. Les hommes se regroupent, de gré ou de force, ils commencent donc à faire civilisation. Violence, inféodation, hommage, tribut, plusieurs groupes coexistent maintenant sur un territoire limité et ont connaissance les uns des autres. Chacun est organisé de manière différente, plus ou moins éclairée et/ou autoritaire ; chacun entretient avec les autres des rapports d’échange équitable ou de soumission/domination voire, pour certains, aucun rapport du tout. Les Saviors s’imposent de fait comme les suzerains de la zone, et, comme tout seigneur médiéval, Negan justifie sa violence par la nécessité de faire respecter l’ordre qu’il instaure, qu’il définit comme un échange (certes forcé mais à ses yeux équitable) de ressources contre de la protection. Une forme délirante de contrat social donc.

Mais chaque seigneur a ses ennemis, internes et externes. La violence crée la rancœur et un pouvoir dictatorial génère des révolutionnaires potentiels. Le vent se lève. La tempête devrait éclater dans le prochain volume.

What comes after, Walking Dead 18, Krikman, Adlard, Rathburn

lundi 15 juillet 2013

Vers la Kaaba


Voici le tome 2 de l’adaptation BD de la vie du Capitaine Sir Richard Francis Burton, intitulé "Le voyage à la Mecque". Je renvoie le lecteur à ma chronique du premier volume pour des éléments sur la biographie du grand explorateur ; l’épisode narré ici fait suite à la recherche des sources du Nil.

Rentré à Londres et trahi par son collègue et ami John Speke (lui-même poussé par le journaliste polémiste Laurence Oliphant), Burton doit défendre son honneur devant la Société royale de Géographie et prouver qu’il est bien celui qui a découvert les légendaires sources, contrairement aux dires du duo Speke – Oliphant. La confrontation entre les deux hommes n’aura jamais lieu ; Speke se suicide, l’annonce en est faite juste avant le débat. Face à une assemblée dont une bonne partie lui était déjà hostile et dont une autre le devient au vu des évènements, Burton réagit en défendant son travail et sa probité, non seulement à propos des sources du Nil mais également en ce qui concerne son voyage à la Mecque, qu’il raconte donc ici.

Déguisé en musulman, poussant le perfectionnisme jusqu’à se circoncire, Burton fut l’un des tous premiers occidentaux non musulmans à se rendre à la Mecque, intrusion qui aurait pu lui coûter la vie s’il avait été découvert. Partant en compagnie de nombreux autres candidats au Hajj, il connaîtra voyage en bateau surchargé, caravane de pèlerins traversant une terre aride, bandits du désert pillards et assassins, exploiteurs vendant à prix prohibitifs l’eau ou les chameaux. Démasqué par l’un de ses compagnons de route, il l’abattra pour sauver son secret et sa vie. Il atteindra enfin la Mecque où il réalisera, comme lors de ses étapes précédentes (Médine, etc.), cartes, dessins, et prise de coordonnées géographiques. Courage, ruse, intelligence, force, Burton parviendra à rentrer en Angleterre et à y ramener le riche fruit de ses pérégrinations.

L’album est aussi documenté que son prédécesseur. Il comprend aussi un dossier historique à la fin de l’ouvrage. Le scénario est un peu moins prenant que celui du premier tome car Burton est seul dans cette expédition, ce qui fait que les moteurs de la rivalité entre lui et Speke et de la complicité entre lui et Sidi Bombay sont absents.

La déception concerne les dessins. Changement de dessinateur, donc changement de style. Les personnages sont laids, les décors trop souvent étiques. Je pense que, pour partager quelques moments de la vie palpitante de Burton, il est raisonnable de supporter la vue de ces vilaines figures, mais je comprendrai qu’on ne veuille pas s’y astreindre.

Captain Sir Richard Francis Burton, t2, Le voyage à la Mecque, Clot, Nikolavitch, Marty

vendredi 12 juillet 2013

Chroniques de la Grande Séparation, Gabriel Eugène Kopp


Ami lecteur ! Si tu as 9€50 dont tu ne sais que faire, il y a pour ceux-ci nombre d'usages meilleurs que l'achat du "Chroniques de la Grande Séparation" de Gabriel Eugène Kopp.

Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 72, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…).

Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout :

L’exploration stellaire a fini dans une impasse au XXIe siècle.
Les moteurs les plus puissants ont éreinté les coques les plus dures. Les engins les plus raffinés, assez solides pour résister à l’usure et à la casse, ne promettent d’arriver que bien des générations plus tard.
Ces mêmes modules qui ont plongé au coeur du Soleil n’ont pu être suffisamment accélérés pour rendre la randonnée sympathique et courte : ils ne permettraient pas aux explorateurs de parvenir au terme du voyage dans un délai assez raisonnable pour profiter de la nouvelle terre visitée... autrement que lors d’une mise au tombeau.
L’espace entre les étoiles exige une solution bien plus rapide.

Voila. Rien de plus. Sinon voici ce qui m'attend :



jeudi 11 juillet 2013

Short-list du Prix Planète-Sf des Blogueurs 2013

Les quatre nominés de l’édition 2013 du Prix Planète-SF des Blogueurs sont là !
Un grand merci à tous les forumeurs qui ont inspiré la première liste puis voté, à côté des jurés, pour l’établissement de la shortlist.
Voici donc les heureux nominés de la troisième édition du Prix Planète-SF des Blogueurs, les quatre ouvrages les plus remarqués et appréciés par la blogosphère du Planète-SF :

  • Anamnèse de Lady Star, L. L. Kloetzer, Denoël

  • La maison des derviches, Ian Mc Donald, trad. Jean-Pierre Pugi, Denoël

  • 22/11/63, Stephen King, trad. Nadine Gassie, Albin Michel

  • Le calice du dragon, Lucius Shepard, trad. Jean-Daniel Brèque, Le Bélial

Encore bravo aux auteurs et traducteurs nominés. Le jury va désormais entamer sa sélection finale, le lauréat de cette édition 2013 sera annoncé vers la fin de l’année et se verra remettre un trophée à son nom. Peu de doute sur le lieu et la date : Utopiales 2013, sauf apocalypse.
Stay tuned !


mardi 9 juillet 2013

The rime of the spatial mariner


Fin de la trilogie « The Expanse », de l’auteur bicéphale James S.A. Corey, avec ce "Abaddon’s Gate" qui clôt superbement l’une des meilleures séries SF publiées récemment.

"Abaddon’s Gate" commence aux confins du système solaire. La protomolécule, sa maturation sur Vénus terminée, a engendré un Anneau, portail étrange vers on en sait trop quoi. Surveillé, scanné, analysé par les expéditions scientifiques tant terriennes que martiennes, l’artefact ne livre aucun de ses secrets, et s’enfonce lentement dans le bruit de fond médiatique et politique. Pendant ce temps, la vie reprend son cours dans le système solaire, et si la confiance n’est plus là, la paix au moins est revenue.
Il faudra qu’un idiot en quête de notoriété traverse l’Anneau dans un vaisseau de course pour que l’équilibre soit rompu et que trois flottes convergent vers l’inconnu.

Comme ses deux prédécesseurs, "Abaddon’s Gate" combine une histoire haute en couleurs, riche en action et rebondissements, et une galerie de personnages détaillés, complexes, tous attirants car chacun a le temps de dire sa vérité. Des héros et des salauds plongés au cœur de la plus grande menace qu’ait connu l’espèce humaine.

Au côté de Holden, héros charismatique de la trilogie, toujours poussé par un sens du devoir hors du commun à faire ce qui doit l’être même quand nul ne lui reprocherait de reculer, on trouvera donc Anna, une femme pasteur impulsive et profondément humaine, pétrie de compassion, qui convainc par la parole car elle est convaincue au plus profond que la violence n’est jamais la meilleure solution, seulement la seule à être toujours disponible, Clarissa, ivre de vengeance à en devenir folle, tiraillée de contradictions et bourrelée de remords quant au prix qu’elle fait payer à d’autres, et Bull, vétéran courageux et endurci, prêt à faire sciemment le sacrifice de sa vie pour tenir une parole donnée et sauver ce qui peut encore l’être de la flotte humaine.

Il y a aussi de nombreux seconds rôles qui n’ont pas de fils dédiés mais qui sont tous construits, intéressants, et moteurs pour l’histoire, chacun à sa manière, même les plus délétères.

Dernier « personnage », le Behemoth, colossal vaisseau arche mormon transformé, mal et en vitesse, en vaisseau de guerre, joue un rôle considérable dans le livre par les limites et les opportunités qu’il pose et propose, conséquences de l’imparfaite intégration des deux aspects de sa nature.

Guerre ou exploration, c’est finalement le dilemme du Behemoth que le roman pose à l’espèce humaine, dans ces confins où elle se trouve confrontée à une intelligence extra-terrestre dont les buts comme les moyens lui sont incompréhensibles.

Faut-il faire la guerre à ces entités qui dépassent l’entendement ? Faut-il commencer par se faire la guerre entre représentants de l’Humanité ? L’Anneau est-il une menace, la plus grande qu’ait connu l’Homme ? Ou est-il une chance qu'il faut savoir saisir ?

Quand trois armées « hostiles » se retrouvent au cœur de l’inconnu, quand l’inconnu offre un miroir déformant à la peur et à l’incompétence, les résultats prévisibles sont désastreux. C’est le cas ici dans une pyrotechnie d’aventures et d’action. Le roman est donc un vrai page-turner qui, après le polar de « Leviathan Wakes » et la diplomatie armée de « Caliban’s War », lorgne clairement ici du côté de la SF militaire sans oublier de se souvenir du Bounty.

C’est par la confiance et la parole que sera tranché le nœud gordien, mais pas avant d’innombrables convulsions, scénaristiques et matérielles (impossible d’en dire plus sur cet adjectif sans spoiler), qui feront de trop nombreuses victimes. Car la peur guide beaucoup des protagonistes d’"Abaddon’s Gate", les poussant au mieux à un sacrifice imposé à tous sans leur consentement, au pire au meurtre et à la déraison. Il est banal de dire que la peur est mauvaise conseillère, c’est ici visible de la manière la plus éclatante qui soit. Face à la peur et à la violence qu’elle génère, le sacrifice, consenti celui-là, de certains permettra, après maintes tribulations, à la raison de l’emporter.

Rapide, rythmé, trépidant, "Abaddon’s Gate" est un roman d’aventure spatiale palpitant qui est aussi un message de foi sur l’avenir de la conquête spatiale, et sur la capacité de l’Humanité à aller toujours plus loin, à chercher toujours ce qu’il y a derrière la porte car ne pas savoir nous est insupportable. Les auteurs y posent l’exploration spatiale comme seul espoir de sauver notre espèce, contrainte par son écosystème, en allant chercher ailleurs la place et les ressources devenus trop rares ici ; ils renouent avec un rêve spatial en voie de désuétude dans notre monde qui ne peut même plus faire voler des navettes spatiales. De la crise surmontée émerge une voie de renouveau, c’est le mieux que nous puissions espérer pour nous, ici et maintenant aussi.

Abaddon’s Gate, The Expanse t3, James S.A. Corey

Ce livre participe au Challenge Summer Star Wars Ep I

Nouveaux droits civiques


Rappelons très brièvement que Brunschwig et Hirn commencèrent, il y a bientôt vingt ans, une excellente série de BD d’anticipation politique en 5 tomes intitulée « Le pouvoir des innocents ». Presque dix ans après la fin de la série, ils revinrent avec deux séries suites : « Car l’enfer est ici », immédiatement après les évènements du Pouvoir des Innocents et l’arrivée à la mairie de New York de la très sociale Jessica Ruppert, et « Les Enfants de Jessica » qui démarrent dix ans après, alors que Ruppert est entrée au gouvernement américain et qu’elle va tenter d’y mener la même politique qu’à NY, mélange de Care et d’Empowerment, inspirée par les nécessités d’une nation ravagée par les effets d’une crise économique autant due aux effets de la globalisation combinée à la perte du leadership technologique qu’aux dépenses exorbitantes de plusieurs interventions extérieures au Moyen-Orient.

Dans le tome 2 des Enfants, "Jours de deuil", Jessica propose un plan de révolution institutionnelle en 200 réformes. D'occultes groupes de pression travaillent avec énergie pour l’empêcher d’y parvenir, y compris en l’éjectant de la vie politique, manipulant sans vergogne groupes paramilitaires et dirigeants politiques.
La violence règne dans les rues d’une Amérique de plus en plus divisée entre ceux qui ont et ceux qui n’ont rien, et une nouvelle forme de « lutte des classes » a remplacé la « lutte des races » (avec un choix de personnages fort judicieux). Et la violence politique, plus policée, n’est pas moindre. Une nouvelle marche vers Washington permettra-t-elle de forcer la transformation d’une société de plus en plus inégalitaire ?

Le récit de Brunschwig, solidement charpenté, est aussi dur qu’il le faut pour faire appréhender au lecteur l’urgence du moment et la division qui fracture les USA. Peu amateur des œuvres trop ouvertement militantes, je suis d’abord tenté de trouver que l’histoire est outrée et que l’auteur en fait un peu trop dans le souci de démontrer. Puis je me souviens de l’opposition violente et haineuse à laquelle se heurte Obama depuis sa prise de fonction, de l’accusation de « communisme » à laquelle il fait régulièrement face, des affadissements qu’il a dû apporter à son projet de « Sécurité Sociale » sous les coups de boutoir d’une opposition vent debout. Et je me dis qu’après tout… J’apprécie donc.
On oubliera juste la première scène, très peu crédible sur le plan économique. Parfois le désir de démontrer conduit à dire des bétises.

Le dessin de Hirn, pastel, est agréable. Très bien encré, il donne des traits expressifs et reconnaissables même aux personnages au second plan ce qui est toujours appréciable. La couverture, superbe, cercueil des victimes d’attentat sur fond de bidonville géant aux portes de New-York, résume parfaitement l’album et ses enjeux.

Brunschwig, Hirn, Les enfants de Jessica, t2, Jours de deuil

mardi 2 juillet 2013

Les portes des suggestions ferment, le scrutin pour la short-list ouvre



La phase 1, ouverte le 15 juin, est terminée et les portes de la suggestion viennent de se refermer.

Chaque juré a proposé quatre ouvrages éligibles et chaque blogueur/forumeur volontaire en a proposé un. En est sortie une liste de 21 ouvrages (ci-après).


  • 22/11/63
  • Stephen King
  • Albin Michel
  • Anamnèse de Lady Star
  • L.L. Kloetzer
  • Denoël
  • Atomik Aztex
  • Sesshu Foster
  • Passage du Nord Ouest
  • Dans les veines
  • Morgane Caussarieu
  • Mnémos
  • Descendre en marche
  • Jeff Noon
  • La Volte
  • Enig Marcheur
  • Russel Hoban
  • Monsieur Toussaint l'Ouverture
  • Exodes
  • Jean-Marc Ligny
  • L'Atalante
  • L'homme qui savait la langue des serpents
  • Andrus Kivirähk
  • Attila
  • La longue Terre
  • Baxter et Pratchett
  • L'Atalante
  • La maison des derviches
  • Ian McDonald
  • Denoël
  • Le calice du dragon
  • Lucius Shepard
  • Le Bélial
  • Le chemin des dieux
  • Jean-Philippe Depotte
  • Denoël
  • Le prophète et le vizir
  • Yves et Ada Rémy
  • Dystopia
  • Le temps du rêve
  • Norman Spinrad
  • Fayard
  • Le voleur quantique
  • Hannu Rajaniemi
  • Bragelonne
  • Leviathan - le pouvoir
  • Lionel Davoust
  • Don Quichotte
  • Martyrs
  • Olivier Peru
  • J'ai Lu
  • Point Zéro
  • Antoine Tracqui
  • Citric
  • Rêve
  • Martial Caroff
  • Terre de Brume
  • Tau Zero
  • Poul Anderson
  • Le Bélial
  • Vortex
  • RC Wilson
  • Denoël

La phase 2 commence donc aujourd'hui et pour une durée de 10 jours.

Durant cette phase, chaque juré vote pour quatre ouvrages de la liste, et chaque membre inscrit du forum peut voter pour un à quatre ouvrages qu'il doit avoir lu et chroniqué. Tout ceci se passe sur le forum. Le règlement de désignation de la short-list se trouve ici.

Stay tuned !

Nuigrave, Lorris Murail


Avec "Nuigrave", Lorris Murail proposait, dès 2009, de visiter un monde qui connait la guerre en Syrie et dans lequel fumer c'est le Mal. Pas mal vu du tout. Pour voir le reste il faudra lire le livre.

Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 72, et elle ne reviendra ici qu'un an après la sortie de la revue (c'est à dire, pfff...).

Je peux au moins donner le résumé de couv' car celui-ci est disponible partout :

Quand ? Vers 2030. Fumer NUIGRAVE. Où ? Au Petit Kossovo, zone de non-droit. La vie y est rude, violente, souvent brève. Pittoresque. Qui ? Arthur Blond, fonctionnaire de l'Office Européen de Restitution Patrimoniale, allait inspecter l'obélisque de la Concorde rendu à l'Égypte et gisant brisé dans le désert. Il n'ira pas. Quoi ? La coarcine. Une drogue qui modifie la perception du temps en est extraite. Sidonie, ex-compagne d'Arthur, l'a découverte en Amazonie et cultivée. Mais il n'en reste que deux plants. Ceux de Sidonie. Quand elle est assassinée, Arthur Blond ne peut trouver asile qu'au Petit Kossovo. Où il tente de comprendre pourquoi certains s'intéressent tant à la coarcine.

Voila. Rien de plus. Sinon voici ce qui m'attend :