mercredi 28 novembre 2012

Appel à texte : Boulevard des plumes n°2


La maison d'édition toulousaine Les Joueurs d'Astres, en partenariat avec l'association Du souffle sous la plume, organise...deux concours.

Le Boulevard des plumes n°2 :

Concours semestriel d'expression française, il récompense les cinq meilleures plumes dans deux sections distinctes : la poésie et la nouvelle. Les plumes remarquées se verront publiées dans un ouvrage exclusif tiré à 100 exemplaires.
Chaque participant recevra un exemplaire de l'ouvrage et un bref commentaire sur les œuvres envoyées.
Pour voir les prix et les modalités de participation, cliquez sur le lien suivant :

Prix, règlement

Appel à textes poésie et nouvelles :

Le thème de cette session d'appel à textes est libre.
Les textes sélectionnés se verront publiés dans un ouvrage collectif au titre simple : Du souffle sous la plume.

Seront publiés, en fonction du nombre de participants acceptés, soit un ouvrage commun réunissant poésie et nouvelles, soit deux ouvrages séparant poésie et nouvelles, « Du souffle sous la plume n°11 » pour la poésie et « Du souffle sous la plume n°12 » pour la nouvelle.

Pour voir les prix et les modalités de participation, cliquez sur le lien suivant :

Prix, règlement

CLÔTURE LE 31 décembre 2012 !!!

mardi 27 novembre 2012

Affres de la création


Toi zossi, si tu veux rire un bon coup, achète et télécharge la nouvelle "Semaine utopique" de Thomas Day sur le site d'ActuSF. Une nouvelle sans violence, pleine d'amour, de bonne humeur, et de progressisme éclairé, qui décrit finement le processus trop méconnu de la création artistique.

Semaine utopique, Thomas Day

lundi 26 novembre 2012

Cash from Chaos !


"Dans les veines" est le premier roman de Morgane Caussarieu, une fille de 24 ans dont la prose dément l’âge. "Dans les veines", comme « s’envoyer dans les veines ». "Dans les veines", comme une forme pervertie de « dans la peau ».
Le résumé nous dit de "Dans les veines" qu’il y est question des exactions d’une horde de vampires punks s’abattant sur Bordeaux et y apportant mort et dévastation. Cash from Chaos !!!

J’ai donc approché ce roman avec des pincettes. Dès qu’il s’agit de vampires, de gothiques, et de punks, je me méfie de mes emportements, et je me méfie encore plus de ceux d’écrivains, nombreux, dont le talent est loin d’égaler la motivation à décrire le monde de la nuit, si difficile à montrer dans son décorum et sa violence sans le caricaturer ou le dénaturer.

J’ai reposé ce roman soulagé. Caussarieu sait de quoi elle parle (est-on sûr qu’elle n’a que 24 ans ?), et elle en parle bien. Les lieux, les postures, les codes sont vrais, la séduction constante et la violence pas toujours contenue de l’underground aussi. Ecrivant ceci je pense au Neverwhere de Neil Gaiman, et je crois que Caussarieu a réussi à montrer qu’existe un véritable « En-Bas » dans les grandes villes d’Europe, un Ailleurs où les codes sont autres, dans les mêmes lieux que la ville originale mais pas aux mêmes heures. En cela, elle m’a rappelé le trop méconnu en France Brian Hodge, auteur du recueil Musiques liturgiques pour nihilistes et du roman Prototype, entre autres.

Étonnamment, pour une personne née 11 ans après la mort de Marc Bolan, 9 après celle de Sid Vicious, et 3 après la fermeture de la Batcave à Londres, les références de l’auteur tombent juste, toujours au moment opportun et dans l’ambiance adéquate (qu’on lise par exemple la scène du tampon en se remémorant Lydia Lunch gloussant à propos du gig « I need lunch » des Dead Boys ; de telles coïncidences n’existent pas). Il est facile de citer, plus difficile de placer ; c’est fort bien fait ici. Caussarieu s’offre même un luxe de vieux briscard : se moquer de la nouvelle génération de « gothiques », bouffons incultes qui ne sont que pose sans la moindre profondeur.

Laissons-là le rock et venons-en aux vampires qui animent "Dans les veines". La maîtrise du sujet impressionne encore. Caussarieu a visiblement beaucoup lu, beaucoup vu, et bien digéré le tout. Ici, les vampires, s’ils sont étrangement séduisants, ne sont pas « gentils », pas civilisés, encore moins aristocratiques. Revenant en arrière, et comme effaçant non seulement la bouffonnerie Twilight et la misérable Bit-Lit qu’elle a inspirée, mais également les films de Dracula avec Christopher Lee qui ont tant contribué à policer l’image du vampire, Caussarieu lui redonne sa forme originelle, celle d’un mort-vivant, malfaisant, pervers, et mortifère, proche du Nosferatu de Murnau dont on peut tout dire sauf qu’il a l’air aristocratique ou séduisant.

Elle retrouve, par l’ambiance splatterpunk à la Poppy Z. Brite qu’elle instille, toute d’odeurs, de sons, de goûts, et de moiteur, la corporalité profondément matérielle et sexuelle des vampires du XIXème siècle, Carmilla et Dracula en tête (n’oublions pas qu’à lire Dracula les jeunes filles de la bourgeoisie anglaise tombaient en pamoison, tant elles comprenaient ce que Stoker suggérait) ; et même si le Gabriel du livre rejette le Dracula de Stoker, comment ne pas penser à Mina Harker, et plus encore à Lucy Westenra, en assistant au dépérissement de Lily ? En notre temps où suggérer n’est plus de mise, Caussarieu montre, décrit, détaille jusqu’à l’écœurement les actes de créatures dont la survie implique le transfert très régulier de fluides corporels, quels qu’ils soient. Elle montre abondamment la mort, le sexe, la drogue, la violence, même sexuelle. Le roman est gore, cru, violent, très brutal (bien au-delà de ce qui se lit habituellement), mais pas plus que le fait de tuer chaque jour un innocent (et pourquoi pas un enfant ?) pour se nourrir de son sang.

S’ils tuent sans cesse et avec plaisir, c’est que les vampires de Caussarieu ne sont pas seulement des monstres répugnants (même s’ils le sont absolument), ils sont surtout des prédateurs affamés, bien plus proche de drogués en manque que de toute autre chose (J. F., le vampire punk, étant d’une originale manière les deux à la fois). L’immortalité est un leurre, elle ne leur apporte aucune vraie satisfaction, seulement l’oubli progressif de ce qu’ils furent, parallèlement à une vie de paria dominée par une souffrance que seule la mort de l’autre peut, très temporairement, soulager. Bourreaux et victimes à la fois, membres désolés d’une « famille » névrotique composée par la volonté de l’enfant monstrueux Gabriel, le plus vieux, le plus pervers, et sans doute le plus fragile de tous, les vampires de Caussarieu font ce qu’ils doivent et ont appris à aimer ce qu’ils font. Poussant toujours plus loin les limites de l’horreur (meurtres amoureux d’enfants ou agression bourgeoise à la Orange Mécanique) pour tenter, en vain, de garder à distance l’ennui mortel qui les guette, ils vivent une vie de bêtes, ne pensant qu’à calmer leur inextinguible soif, et ruminant sans fin regrets et haines anciens.

Les humains du roman ne valent guère mieux : familles très dysfonctionnelles (c’est un euphémisme) conduisant leurs membres les plus fragiles à ressentir la tentation vampirique (fuir la réalité pour le rêve, courir vers une mort qui, pour une fois, arbore un visage séduisant) ; flics peu efficaces ; vieille baba confite dans l’huile de cannabis ; mère absente ; père incestueux ; alcoolique dissimulée. Les vampires chassent dans des marges où ils ont peu de chances d’être repérés rapidement, mais c’est aussi dans ces marges qu’ils trouveront des proies que leur désarroi rendra plus facile à contrôler ou à convaincre. Il est néanmoins bien difficile d’accepter le « don obscur », même au fond du désespoir, même s’il est fascinant d’obtenir (ou seulement de côtoyer) un pouvoir sans limite. Lily le découvre en croyant aimer le vampire Damian ; mais Damian et Lily ne sont pas Lestat et Louis (même si un rat, ici aussi, fait les frais de l’affaire). Le triangle amoureux involontaire qu’ils forment avec Gabriel (et qui évoque Louis, Lestat, Claudia) va à sa perte ; les histoires d’amour finissent mal en général…

Caussarieu revitalise, régénère même, le mythe et la figure du vampire qui en avaient bien besoin. Elle fait montre, durant les 300 pages du roman, d’un estomac dont peu d’auteurs sont capables (il suffit de lire la première page pour s’en convaincre, et décider si on va vouloir encaisser la suite ou pas). Elle livre des dialogues crédibles et justes. Elle écrit, régulièrement, des phrases qui ont une vraie beauté stylistique, épurées jusqu’à l’essentiel. Elle parvient même à être drôle lorsque l’un des personnages, convaincu du caractère vampirique des évènements, déambule équipé pour la chasse au vampire comme les losers de Fright Night. Nul doute qu’elle gardera ces qualités et qu’on les trouvera dans son prochain roman.

Deux bémols imho :

D’abord, le roman manque, je trouve, d’une vraie tension dramatique, ou du moins celle-ci s’étiole au fil des pages. Ayant choisi de ne pas faire ce qu’aurait fait Sire Cédric par exemple, et donc de ne pas se centrer sur l’enquête, Caussarieu fait graviter le roman autour de la relation amoureuse entre Damian et Lily. Or pas de vraie tension possible ici, car dès le début du roman (dès la page 12, ligne 12 précisément) l’issue de cette histoire est prévisible même si les modalités de sa résolution restent à découvrir.

Ensuite, il est difficile à croire que même l’incompétente police bordelaise n’ait pas plus gêné les agissements d’une bande de meurtriers de masse tuant au minimum une fois par jour. Lestat et Louis y parviennent dans la Louisiane du XVIIIème, Dracula sur le voilier Demeter au XIXème, mais ici l’action se situe aujourd’hui, dans un pays décemment doté en moyens policiers, et l’inaction publique est pour le moins surprenante.

Nul doute qu’en tendant plus son intrigue, elle ne perdra pas ses qualités de narratrice, j’attends la suite.

Dans les veines, Morgane Caussarieu


samedi 24 novembre 2012

Aller et retour


Rassembler une équipe de héros, partir de chez soi , aller au loin accomplir une quête puis revenir à son point de départ, les grandes quêtes mythologiques sont aux principes de la fantasy. Et ce n’est pas un hobbit prénommé Bilbo qui me démentira.

Imaginaire antique et littérature contemporaine sont deux masques différents sur le corps unique du merveilleux. Silverberg le sait bien, et, à l’heure où Paul Veyne publie une nouvelle traduction de la grande saga héroïque qu’est l’Enéide, ActuSF s’offre le luxe de publier l’inédit "Dernier chant d’Orphée" de l’un de mes auteurs préférés.

Passionné d’histoire en général et d’histoire antique en particulier, Robert Silverberg s’est donc attaqué récemment à une réécriture courte du mythe d’Orphée ; le voici traduit par Jacqueline Callier et Florence Dolisi.

Joli texte qui nous remet en mémoire la vie du héros grec, son amour sans espoir pour Eurydice, sa quête de la Toison d’Or en compagnie du pusillanime Jason (et près de la terrible Médée), son expédition en compagnie d’Ulysse vers le bord du monde, puis sa mort atroce, nécessaire au rétablissement de l’harmonie cosmique.
Porteur et véhicule de l’harmonie des sphères, Orphée devra rassembler Dyonisos et Apollon, le créateur et l’organisateur, comme Elric de Melniboné rééquilibrant chaos et ordre et payant de sa vie le début d’un nouveau cycle cosmique.

Ballade résumée dans les longues années de la vie d’un Orphée qui vaut plus que son coup d’œil en arrière malheureux, on y voit le demi-dieu balloté au gré des désirs et des plans de dieux qui tiennent les hommes dans les rets d’un destin écrit pour eux de toute éternité. Cet heimarménè (fatum pour les latins), que les stoïciens ont tenté de réintégrer dans l’ordre des raisons naturelles , imprime ici la marque d’un ordre qui n’est pas gouverné par la raison mais par des décrets aussi incompréhensibles qu’irrésistibles ; décrets d’autant plus cruels qu’y obéir conduit souvent à enfreindre la loi divine et donc à être puni, de mort ou de malédiction, par ces dieux mêmes qui, l’ayant proscrit, rendirent ensuite l’acte inévitable. Antique double bind. Sous le regard souvent puéril des dieux, rois, héros, puissants et paysans souffrent des conséquences de décisions qui les dépassent et dont beaucoup n’ont même pas connaissance.

On est loin, dans la vision de Silverberg (il l’affirme même explicitement dans le texte), du libre-arbitre que professait Saint Augustin et qui est l’un des piliers de la pensée chrétienne (même si c’est un peu moins net chez les protestants). Le déterminisme est ici la règle, réglant l’opposition sociologique entre holistes et individualistes au profit des holistes. Il n’y a pas de grands hommes, il n’y a que les forces de l’Histoire (ou du Mythe). Hommes et dieux sont les notes de musique que le fatum pose sur une partition cosmique afin d'y transcrire une musique déjà écrite. Le monde est ici résolument présocratique ; Nietzsche aurait apprécié.

Et, pour Silverberg, peu importe le panthéon. Retrouvant ici encore des accents moorcockiens, il affirme plusieurs fois que les diverses divinités ne sont que des rôles endossés par ce qu’il nomme, sans le décrire, le Dieu unique, ce principe supérieur qui préside à la destinée des hommes. Comme il y a un multivers, il y a une multitude des peuples qui se tournent tous vers le même axe central, sans comprendre que, même si l’angle de vue change, ils observent en fait tous la même chose.

Le grand Bob sort de son style habituel avec ce chant mythologique. Cela peut étonner. Il prouve néanmoins une fois de plus qu’il est un auteur cultivé, intelligent et roué. C’est l’essentiel.

Le dernier chant d’Orphée, Robert Silverberg

Je manque à tous mes devoirs


J'annonce donc aux rares qui ne le sauraient pas encore que le numéro #2 de la revue Frontières est en ligne et téléchargeable gratuitement sur le site des Editions Nexus, c'est à dire ici précisément.

C'est toujours d'aussi bonne qualité et on y trouve, entre autres, un grand dossier sur Dystopia Workshop.

jeudi 22 novembre 2012

One book to bind them all


Les anthologies "Utopiales" d’ActuSF, comme celles des Imaginales publiées par Mnémos d’ailleurs, sont des souvenirs, au sens le plus touristique du terme.

On les ramène, puis on les accumule sur ses étagères, par année, et ils permettent de se rappeler y avoir été, y avoir vu tel et tel, y avoir fait ci et ça ; comme les boules de neige en plastique, ou ces dauphins magiques dont la couleur variait avec l’humidité de l’air qu’on ramenait de la grotte ceci ou de la cathédrale cela.

Soit, mais le recueil "Utopiales" est aussi un livre. En plus de la fascination émue qu’il inspire, pas plus mais pas moins qu’une danseuse de flamenco en coquillages, il est capable de distraire, divertir, émerveiller peut-être. Voyons donc ce qu’il y avait dans le cru 2012 (je rappelle aux distraits que dans les vierges phosphorescentes en plastique c’était de l’eau bénite qu’il y avait, espérons trouver mieux dans le recueil).

Après une présentation de Roland Lehoucq (nouveau président des Utopiales) et Ugo Bellagamba sur lequel je ne peux rien dire (d’aimable en tout cas) tant j’ai une sainte horreur de la métaphore filée, on trouve 10 nouvelles écrites par quelques-unes des personnes de qualité qui étaient présentes à Nantes début novembre, à savoir : Ayerdhal, Pierre Bordage, Sara Doke, Claude Ecken, Neil Gaiman, Nancy Kress, Tommaso Pincio, Laurent Queyssi et Xavier Mauméjean, Laurent Suhner, Robert Charles Wilson.
Quelques-unes m’ont spécialement touché.

« Fae-Space », de Sara Doke, est une charmante histoire de SF à la Amazing Stories qui rappelle par sa légèreté amusée un âge d’or disparu ou un épisode barré de Twilight Zone. Les faeries de Doke, c’est peut-être le vrai visage du « peuple de la SF » dont parlait RC Wagner.

« La finale » est une intéressante nouvelle de Nancy Kress qui touche une fois de plus avec bonheur une question de neuroscience.

« Et pleurer, comme Alexandre » est une très courte nouvelle de Neil Gaiman, tellement brillante qu’elle montre au lecteur, en sept pages seulement, pourquoi Gaiman est une star (je tiens à préciser que ce n’est pas une affirmation de fanboy, j'ai peu lu Gaiman).

« La fin de Léthé », de Claude Ecken, a sa place imho dans le genre Weird. Le tour de force d’Ecken est de rendre très étrange une situation qui ne l’est pas. Un tour de magie littéraire très réussi.

« Petite excursion à l’endroit des atomes », de Tommaso Pincio, est une nouvelle étonnante, très optimiste, alors qu’elle prend place dans une Italie post accident nucléaire, dystopique jusqu’au totalitarisme, qui devrait pousser au désespoir. La Beauté (ou l’Espoir) est dans les yeux de celui qui regarde, même et surtout si c'est une petite fille mutante.

« RCW » d’Ayerdahl est un long hommage à RC Wagner, écrit à sa manière dans l’univers des Futurs Mystères de Paris, dans lequel des extrémistes nationalistes littéraires reprennent à leur compte toute la littérature mondiale et adorent un Grand Ancien nommé RCW.

Utopiales 2012, Anthologie, ActuSF Ed.

mercredi 21 novembre 2012

Notre frère en Christ


"IF 837", de Jean-Michel Calvez, est un roman de SF de la jeune maison Atria.

Dans un avenir indéterminé, l’humanité a essaimé dans la galaxie. Le KOALA, une administration humaine dotée de trois vaisseaux spatiaux aux noms évocateurs (le Darwin, le Cuvier, et le Buffon), est chargée de répertorier et de classifier les espèces humanoïdes rencontrées pour leur accorder, ou pas, un statut porteur de droits, en fonction de leur intelligence observée et de la capacité à évoluer qu’on leur reconnaît.

Sur la planète IF 837, monde primitif recouvert d’une jungle omniprésente, une expédition de premier contact a été endeuillée par un « accident », impliquant les humanoïdes locaux et des animaux de la jungle, qui couta la vie à deux des trois explorateurs. Mais la mission doit continuer et les humanoïdes être évalués. Le KOALA doit donc retourner dans la jungle d’IF 837 pour tenter d’établir un contact plus fructueux avec les autochtones, au prix de périls qui ne cessent d’augmenter et alors que les morts s’accumulent. Comprendre, analyser, survivre, c’est ce que doivent tenter faire les humains du KOALA, loin de leur base, avec des moyens limités, sur un monde hostile et qu’ils ne comprennent pas.

"IF 837" est un roman que je qualifierais de bon « Fleuve Noir Anticipation ». Il en a les défauts et les qualités et, comme tout bon FNA, se lit rapidement avec plaisir.

Evacuons d’abord les défauts. Il y en a deux me semble-t-il. D’une part le premier quart du roman est haché du point de vue narratif par une trop grande quantité de détails techniques pas vraiment utiles à la narration, et présentés en sus du récit comme des précisions au lieu de devenir des objet du décor décrits comme tels dans le fil de la présentation des scènes. D’autre part, le world building est minimal, la situation politique et sociale presque inexistante. On ne sait pas grand chose sur le monde qui a envoyé ces gens sur IF 837 ; c’est un point que je regrette toujours. Puis, étonnamment, au fil des pages, il m’a semblé que le caractère étique du contexte participait subtilement à renforcer le sentiment d’isolement dans lequel évoluent les protagonistes de l’affaire et qu’il devenait donc un point positif du roman. Choisis ton camp, lecteur, je n’ai pas su trancher.

Pour les qualités, "IF 837" est d’abord un thriller efficace. Si je m’en tiens à la traduction de to thrill comme frissonner de peur ou d’excitation, alors le roman touche sa cible. Si je reprend la définition, que donnait il y a peu Georges Panchard aux Utopiales, du thriller comme roman dans lequel on s’inquiète de savoir si un personnage ou un très petit nombre de personnages vont parvenir à échapper à l’événement horrible qui leur est promis, c’est aussi une réussite. "IF 837" est, passé le début technophile un peu laborieux, tout à la fois intrigant, inquiétant, exaltant. On lit de plus en plus vite, pressé qu’on est par la volonté de savoir ce qui se passe réellement sous la canopée d’IF 837 et si les humanoïdes autochtones sont, ou pas, des candidats possibles à une « reconnaissance d’humanité ». S’ajoute rapidement une autre question, alors que le tension monte, « Qui survivra à l’expédition ? ».

Le gros de ces trois derniers quarts du livre compte une quantité impressionnante de conversations dont la finalité est, pour les protagonistes du récit, de comprendre ce qui leur arrive, et qui entrainent le lecteur dans une interrogation vivifiante et de bon aloi sur les critères d’humanité et sur les dérives de l’anthropocentrisme (on a souvent envie de s’adresser aux personnages pour leur parler des Traekis d’Elevation ou des Marionnettistes de l’Anneau-Monde). Développant et remettant en cause les théories de Spearman sur les facteurs d’intelligence, montrant qu’il est nécessaire de conserver un esprit ouvert face à une recherche d’intelligence qui ne peut être qu’un processus de Markov, le texte est aussi et surtout traversé par les mânes de ce Bartoloméo de Las Casas qui écrivit : « Dieu a une providence très singulière pour la nature humaine ; il a un souci singulier des hommes formés à son image et à sa ressemblance ». Quid des Traekis et des Marionnettistes alors ?

Inquiétant et captivant, "IF 837" est d’une lecture très agréable et invite, de plus, le lecteur à réfléchir ce qui ne gâche rien.

IF 837, Jean-Michel Calvez

lundi 19 novembre 2012

The Weird anthology (note 6)


Acheté il y a peu la colossale anthologie "The Weird", dirigée par les Vandermeer (on peut trouver pire comme anthologistes). 1152 pages, 110 nouvelles et autant d’auteurs, un siècle d’envergure, 1,4 kilo (on comprend mieux l’exquis dessin de Karl Lagerfeld ci-dessous). Et, last but not least, British Fantasy Award 2012 de la meilleure anthologie.

Deux belles introductions de Moorcok et de Jeff Vandermeeer définissant le Weird, comme (je résume de nombreuses page en deux mots, c’est donc réducteur) du « fantastique étrange ».

Quelques noms d’invités : Kafka, Lovecraft, Gibson, Miéville, Borges, Walpole, Leiber, Link, Tuttle, Gaiman, etc… (il y en a 100 de plus dans l'ouvrage).

Je la lirai au fil de l’eau, une ou deux nouvelles entre chaque gros livre, comme on mange du gingembre entre deux sushis différents. Et parfois, j’en dirai un (bref) mot ici, car on peut se procurer certains de ces textes, même sans acheter l’anthologie.


Replacements, de Lisa Tuttle, décrit l’éviction progressive d’un mari par sa femme, au profit d’une petite créature étrangère qu'elle a trouvée dans la rue et ramenée à la maison pour en prendre soin.
Difficile de ne pas penser aux recompositions, souvent douloureuses, qui suivent la naissance d’un enfant. D’autant que le personnage féminin de Tuttle tient, à un moment donné, un discours qui rappelle irrésistiblement celui de Clémentine à Angel, dans « L’arrache cœur » de Vian, lorsque celui-ci réalise qu’il ne touchera plus sa femme, nouvellement mère, et qui se conclut par « Tu ne m’aimes plus…, dit tristement Angel. Plus comme ça, dit-elle. »

Replacements, Lisa Tuttle

jeudi 15 novembre 2012

Parfois une chronique ne peut rendre un livre


Il y a des livres passionnants ou captivants ou fascinants ou brillants ou époustouflants. "Cloud Atlas" de David Mitchell est tout ça à la fois. Publié en France sous le titre « Cartographie des Nuages » (je serais curieux de voir ce que donne la traduction française d’un texte si absolument anglo-saxon), "Cloud Atlas" est un magnifique hommage à la littérature, anglo-saxonne notamment, le cri d’amour d’un écrivain à ceux qui l’ont précédé. Il m'a laissé pantelant.

Six histoires entremêlées, écrites à chaque fois dans le style caractéristique de l’époque décrite et tellement chargées de références, explicites ou non, qu’il est positivement impossible de les voir toutes, qui dessinent la forme d’une montagne que le lecteur grimpe puis redescend, comme le héros de l’histoire centrale.

Le lecteur trouvera donc dans le roman, suivant une structure quasi musicale qui est décrite par l’un des personnages comme étant celle du sextet qu’il compose et qui sera son grand œuvre, cinq parties progressant inexorablement vers une sixième plus longue qui sert de point haut ou de climax, suivies par une redescente durant laquelle les cinq premières parties reviennent dans l’ordre inverse de leur apparition. La séquence est donc A_B_C_D_E_F_E_D_C_B_A. Le lien entre chaque partie est fait par la connaissance (par tout moyen artistique possible) qu’a l’un des personnages d’un personnage de la partie précédente, ainsi que par l’existence d’une marque de naissance qu’ils possèdent tous, signifiant par là même la volonté de l’auteur d’établir des résonnances entre ces vies ; ce qui les lient toutes étant, contextuellement et aux principes, la Volonté de Puissance et l’Eternel Retour.

"Journal de la traversée du Pacifique d'Adam Ewing", chronique d’un voyage aventureux dans les mers du Sud au XIXème siècle, rappelle Melville ; "Lettres de Zedelghem" narre sous forme épistolaire les aventures parasitaires d’un dandy esthète et cynique dans l’entre deux guerres et m’a remis de grands moments du « Portrait de Dorian Gray » en mémoire ; "Demi-vies, la première enquête de Luisa Rey" est un thriller politique nerveux comme beaucoup en fleurirent dans les années 70 ; "L'épouvantable calvaire de Timothy Cavendish", dans lequel un éditeur vieillissant connaît un succès inattendu avant d’être enfermé dans un asile pour vieillards dont il n’aura de cesse de s’enfuir, fleure bon ces textes londoniens cyniques et pince sans rire qu’on croise chez les anglais de Joe Orton à Nick Hornby en passant par Ben Elton ; "L'oraison de Somni~451", dans une dystopie nord-coréenne consumériste (le pire du communisme et du capitalisme mêlés) où des clones servent d’esclaves, rappelle évidemment « 1984 », mais plus encore « Le meilleur des mondes » (à titre d’exemple, le nom générique pour les automobiles y est « une ford ») ; "La croisée d'Sloosha pis tout s'qu'a suivi" est un texte post-apo où on assiste à l’extinction (interne puis externe) des derniers feux de la civilisation et qui, dans un style à la Mark Twain ou au Lovecraft de « La couleur tombée du ciel » ne peut qu’évoquer Earth abides ou Un cantique pour Leibowitz.

D’autres auteurs viennent à l’esprit au fil des lignes (je ne parle pas évidemment de ceux qui sont explicitement cités, notamment Nietzsche dont la pensée est au cœur de l’ouvrage), et je pense que chaque lecteur sentira des madeleines proustiennes différentes sur son palais en fonction de sa propre histoire littéraire.

Partout, Mitchell capture à merveille non seulement le vocabulaire et le style (jusqu’à des logogrammes ou abréviations) de l’époque et du genre, mais aussi le fond de ce qu’on pouvait y trouver. Citons à titre d’exemples (il y a bien d’autres thèmes abordés dans le roman) : le racialisme « bienveillant » des « porteurs de civilisation » et l'acculturation mortifère des visités, la morgue esthétisante et détachée de la bourgeoisie du début du XXème siècle, l’amour immodéré et un peu fat de la « vérité » de journalistes qui en sont les prophètes auto proclamés, le jeunisme et la versatilité compulsive des sociétés modernes dans une Angleterre que les privatisations ont transformée pour le pire, la révolte manipulée, utilisée et vaincue, qui est presque toujours présente dans les récits dystopiques, le retour de l’intérêt porté aux « sauvages » dans un monde où le ratio « sauvages/civilisés » est redevenu très élevé et l’impossibilité de faire perdurer la civilisation en dessous d’une certaine masse critique.

Rythme dans le rythme, pour chaque personnage principal, dans chaque histoire, le récit est, comme pour le roman dans son ensemble et donc pour la civilisation entière, celui d’une ascension suivie d’une redescente, dans une cyclicité icaréenne qui donne son harmonie au tout que constitue "Cloud Atlas".
Ajoutons au sentiment hypnotique induit par les différents niveaux de sac et de ressac, le plaisir qu’apporte la qualité toujours très haute de l’écriture. Mitchell excelle dans chacun des styles qu’il visite, de la description ampoulée au parler des marins, de l’aphorisme bien senti (par lesquels se dégage progressivement la philosophie de l’auteur) au dialogue percutant en passant par le monologue cynique. Même l’annonce de son suicide par Frobisher, le personnage clé qui pose l’équivalence musique/roman, toute en retenue et détermination, combine justesse et finesse, rappelant les ultimes pages de Pavese dans « Le métier de vivre ».

Une question se pose néanmoins, que poseront les esprits chagrins. Mitchell n’est-il qu’un imitateur, très habile certes, mais qui n’aurait rien apporté à la littérature ? L’un des compositeurs du second récit répond par avance à cette critique en posant que tout a déjà été fait et qu’on ne peut que recycler. Ca peut suffire. On peut dire aussi que Mitchell a vécu longtemps au Japon, dans une culture où la copie des grands maitres est considérée comme une exigence et un art(isanat) à part entière. Le confucianisme est passé par là, Mitchell l’y a forcément croisé. Reproduire en faisant la somme, c’est apprendre, c’est aussi créer une chose nouvelle, une encyclopédie au sens philosophique du terme, d’une manière brillante et originale ici car la mémorisation et la transmission des connaissances littéraires accumulées passe non seulement par le fond de ce qui est écrit mais aussi par la forme dans laquelle ça l’est.

Il y aurait encore tant à dire mais le médium ne se prête pas à l'exhaustivité.
Il vient d'être adapté au cinéma. Je crains le pire.

Cloud Atlas, aka Cartographie des Nuages, David Mitchell

mercredi 14 novembre 2012

Les voies du Seigneur...

"La charte maudite" est une novella de Jean d’Aillon qui fait immédiatement suite à De taille et d’estoc.

Alors que Guillem d’Ussel se dirige vers Paris, il traverse un fief où se trament de biens sombres agissements. A son corps défendant, il devra « faire le chevalier » et défendre les humbles. Personnages retors et roués, héroïsme véritable et grande lâcheté, c’est dans un drôle de marigot que se débat Guillem d’Ussel le long des pages de ce texte, vif et enlevé, qui se lit d’une traite avec grand plaisir pour peu qu’on aime l’époque, toujours décrite avec force détails par d’Aillon dans un style qui évoque plus souvent le chroniqueur que l’auteur de romans historiques.

Comme toujours, le fonds historique est de qualité. Cruauté de mauvais seigneurs que le pouvoir absolu corrompt absolument, charte des droits seigneuriaux falsifiée en dépit de la malédiction écrite censée protéger le texte (une pratique courante au Moyen-Age, dans le but explicite de garantir le respect des accords signés), il y a dans cette novella quelque chose de la légende de Richard Cœur de Lion et de Jean sans Terre, quelque chose du malheur de la terre laissée en garde pendant la Croisade à un mauvais parent, malheur qui tombe sur les gueux soumis à l’arbitraire de seigneurs dévoyés. On se souviendra du Double Corps du Roi du duo Bellagamba / Day. Mais le XIIème siècle est aussi une époque charnière et le texte en prend acte. On y voit donc se développer les chartes « libérales » octroyées, plus ou moins volontairement, aux serfs et tenanciers, et les prélèvements sur revenus du commerce devenir des substituts, encore timides mais crédibles, aux anciens impôts et charges fixes, étant donné l’expansion des activité de foire et la prospérité grandissante des villes.

On notera que ce texte, qui n’existe qu’en numérique, est disponible sur le site français d’Amazon, mais aussi sur le site US. Pas de jaloux, quel que soit le type de compte qu’on possède.

La charte maudite, Jean d’Aillon

The Weird anthology (note 5)


Acheté il y a peu la colossale anthologie "The Weird", dirigée par les Vandermeer (on peut trouver pire comme anthologistes). 1152 pages, 110 nouvelles et autant d’auteurs, un siècle d’envergure, 1,4 kilo (on comprend mieux l’exquis dessin de Karl Lagerfeld ci-dessous). Et, last but not least, British Fantasy Award 2012 de la meilleure anthologie.

Deux belles introductions de Moorcok et de Jeff Vandermeeer définissant le Weird, comme (je résume de nombreuses page en deux mots, c’est donc réducteur) du « fantastique étrange ».

Quelques noms d’invités : Kafka, Lovecraft, Gibson, Miéville, Borges, Walpole, Leiber, Link, Tuttle, Gaiman, etc… (il y en a 100 de plus dans l'ouvrage).

Je la lirai au fil de l’eau, une ou deux nouvelles entre chaque gros livre, comme on mange du gingembre entre deux sushis différents. Et parfois, j’en dirai un (bref) mot ici, car on peut se procurer certains de ces textes, même sans acheter l’anthologie.

Bloodchild, de Octavia Butler (prix Hugo et Nebula 1985), est un véritable bijou de weird, intelligent (donc questionnant le lecteur) et déstabilisant (donc le déséquilibrant). Malheureux (ou trop heureux) lecteur.

Butler renverse, dans cette très intense nouvelle, les rôles habituels de l’agissant et de l’agi dans la colonie spatiale humaine qu’elle décrit.

Elle offre une description fine et bouleversante des rapports qui existent entre des individus de races différentes placés dans un rapport dont l’ambiguité est au cœur de la nouvelle. Parasite/hôte ou commensaux, le couple décrit intrigue et dérange, d’autant que Butler a la finesse d’inclure une dimension politique, sous l’angle de l’émancipation, qui brouille encore plus les cartes. Difficile d’en dire plus sans spoiler et ce serait dommage.

Bloodchild, Octavia Butler

lundi 12 novembre 2012

Utopiales 2012 : best ones ever


Fin aujourd’hui, avec la journée scolaire, des Utopiales 2012, un cru exceptionnel qui a attiré plus de 50000 visiteurs. Jules Verne aurait été fier. Roland Lehoucq, le nouveau président de l’événement, et Neil gaiman qui en était l’invité d’honneur, peuvent l’être aussi.

Commençons par le palmarès des nombreuses compétitions qui s’y sont déroulées :

Prix Utopiales Européen : « Mordre le Bouclier » de Justine Niogret
Prix Utopiales Européen Jeunesse : « Saba Ange de la mort » de Moira Young
Prix Julia Verlanger 2012 : « La Route de Haut Safran » de Jasper Fforde
Prix spécial du jury de la bande dessinée : « Big Crunch » de Rémi Gourrierec
Prix du Meilleur Album de SF 2012 : « Daytripper » de Gabriel Ba et Moon Fabio
Prix SyFy du public (compétition internationale de cinéma) : « Iron Sky » de Timo Vuorensola
Grand Prix du Jury (compétition internationale de cinéma) : « Eega » de S. S. Rajamouli
Prix Utopiales de la Compétition Européenne des courts métrages : « La Mysterieuse disparition de Robert Ebb » de Francois Xavier Goby, Clement Bolla et Matthieu Landour
Prix du meilleur scénario de jeu de rôle : « Héros de guerre » de Victor Bret
Prix Game Jam de création de jeux vidéos en 48h : ex aequo « Thanks for playing » et « 2012 le jeu »

Sans oublier le prix Planet-SF des blogueurs 2012, remporté par « La fille automate », roman de Paolo Bacigalupi, traduit par Sara Doke et publié par Au Diable Vauvert. Le trophée a été remis à Sara Doke en présence de Marion Mazauric et de Julien Vignal.

Photo Christophe Schlonsok

Raconter exhaustivement le plus grand festival SFFF de France est impossible, tant il y avait de tables rondes (2 par heure, simultanément, chaque jour de l’ouverture des lieux à la fermeture), d’expositions (citons Amazing Science, l’expo Mervyn Peake, l’expo Fructus, l’expo McKean), d’auteurs signant, conversant, se prêtant avec plaisir à la rencontre de leurs très nombreux fans. Tout ceci sous l’ombre bienveillante de l’immense Michaël Moorcock, père tutélaire et trésor vivant de la SF.



On y vit le très bon « Thriller et science-fiction » avec le très rare Georges Panchard, le fascinant « Mars : les nouveaux défis scientifiques et techniques » auquel participait Gilles Moutier, l’un des responsables du programme Curiosity sur Mars, l’inquiétant « Une technologie de l’invisible : ces nanosciences qui révolutionnent notre quotidien » avec un Thomas Day qui veut en tirer tout le potentiel SF. On vit aussi « La nuit des temps : les représentations du temps dans la SF » avec Pierre Bordage, Michaël Moorcock, Neil Gaiman, et le toujours percutant Gérard Klein. On vit, bien sûr (comment faire autrement ?) « Rencontre avec le robot Nao », rencontre émouvant et fascinante narrée en détail par le Traqueur Stellaire. On en vit d’autres encore, pas en totalité car il fallait circuler pour tout voir, pour voir toutes et tous, tant il y a à faire, et tant il y a à rencontrer.



On y vit aussi le très émouvant hommage à Roland C. Wagner par ceux qui l’ont côtoyé, qui ont dit le personnage, généreux, abordable, et attachant, qu’il était. Fare well, man.

Photo ActuSF

Mais les Utopiales, ce n’est pas que de la littérature, souvent associée, pour le meilleur  à de la science. C’est aussi du cinéma (nombreux films projetés (dont l’inénarrable Iron Sky), nombreux courts métrages), des jeux vidéo, des jeux de rôles et de stratégie, du cosplay, souvent magnifique et impressionnant par l’attention et le travail consacrés par ces amateurs à leurs costumes, plus souvent steampunk que manga cette année.



C’est aussi l’exposition « Dernière planète avant Légoland », plébiscitée, où des créations de SF en Légo (notamment de nombreuses scènes de Star Wars reconstituées) montraient ce que des adultes peuvent faire quand ils s’emparent des petites briques.



On pouvait y re-voir (après sa conférence) ou y pré-voir (avant) le très attachant robot Nao, de la société française Aldebaran Robotics, en démonstration permanente sur son propre stand, puis sur la scène principale devant un public nombreux et ébahi.



Les Utopiales, c’est l’expérience SFFF ultime. C’est une caverne d’Ali Baba où tout amoureux d’imaginaire peut trouver matière à nourrir sa passion. C’est aussi l’un des « derniers bars avant la fin du monde » les plus conviviaux de France.

Les Utopiales, enfin, sachez-le, c’est bon pour le cœur, tant il y faut marcher, marcher, marcher encore, pour ne rater rien ni personne. Et plus on y reste longtemps, plus on marche ; et plus on marche, plus l’effet est positif. J’ai fait en deux jours mon sport du prochain semestre.

mercredi 7 novembre 2012

There and back again


Les Utopiales 2012, ça commence demain. Et comme ma carte n’est pas claire, qu’il faudra éviter des trolls, des araignées, des gobelins, et même des elfes peu aimables, mon voyage durera longtemps. Mais il vaut la peine.

Au bout, pas le trésor de Smaug mais des libraires, des auteurs, des dessinateurs, des scientifiques, des joueurs, des exposants, des artistes, des vidéastes, des mangastes, des sites de SFastes, et j’en oublie sûrement, les blogueurs notamment…

Il y aura aussi de très nombreuses compétitions au cours desquelles de nombreux prix seront décernés : Compétition Internationale Cinéma, Compétition Européenne des Courts Métrages, Prix du meilleur album de BD de SF, Concours de nouvelles scolaires, Prix Utopiales Européen, Prix Utopiales Européen Jeunesse, Prix Julia Verlanger, sans oublier le Prix Planète-SF des Blogueurs.

Rendez-vous donc au Centre des Congrès de Nantes à partir de vendredi pour le plus grand événement SF de France. Cya.