dimanche 28 octobre 2012

Louveteau, au mieux


"Isabelle, La louve de France"est le second volume de la collection de BD Les reines de sang (le premier étant consacré à Aliénor d'Aquitaine). Il est aussi le tome premier de ce qui sera un diptyque.

Comme son prédécesseur, "Isabelle" veut narrer la vie d'une de ces reines de France qui furent légendaires (du temps où on enseignait l'Histoire) du fait de leur personnalité sulfureuse et de leur action politique volontaire mais aussi sanglante. Comme son prédécesseur, cet ouvrage n'est pas totalement convaincant, malgré un fonds historique plutôt réussi et des dessins d'un réalisme de bon aloi.

Pour le lecteur lambda (mais lambda achète-t-il des BD historiques ?), "Isabelle" est un album plutôt réussi, avec une intrigue bouclée, des personnages intéressants à défaut d'être très forts, une description réussie des rapports tumultueux, et largement incestueux, entre Couronne de France et Couronne d'Angleterre (Isabelle étant la fille de Philippe IV et la femme d'Edouard II ; son fils Edouard III pouvant donc prétendre aux trônes de France et d'Angleterre ; voila comment on démarre une Guerre de Cent Ans). Satisfaisant donc.

Pour le lecteur qui connait un peu l'Histoire et s'intéresse à Isabelle de France, le volume est décevant. Situé intégralement en France, lors d'un renouvellement d'hommage d'Edouard II à Philippe IV (le Bel) en 1314, il pose les rapports exécrables d'Edouard et d'Isabelle du fait de la bougrerie d'Edouard, mais centre son intrigue sur l'affaire de la Tour de Nesle, scandale retentissant pour le royaume de France, mais évènement finalement mineur dans la vie d'Isabelle, même s'il posera les questions de légitimité qui amèneront la Guerre de Cent Ans. Il est impossible à la fin de ce tome 1 d'imaginer qui va devenir Isabelle, quelle rancœur l'habite déjà à cause des amours publiquement scandaleuses d'Edouard et de son mignon Gaveston  - au destin funeste, quel rôle elle jouera dans la chute de son époux et roi et du nouveau favori de celui-ci, Hugh Despenser, ni quel sort lui réservera son fils, le futur Edouard III ; l'histoire de l'album fait même du jeune Edouard III le chevalier défenseur de sa mère, ce qu'il ne restera pas au long cours. A mon avis, et même si l'album est loin d'être déplaisant, mieux vaut lire, pour connaître Isabelle de France, les très bons romans que lui a consacré Paul Doherty, qui connait bien le sujet, puisqu'il a fait sa thèse sur Isabelle et Edouard.

Isabelle, la louve de France, Gloris, Gloris, Calderon

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