samedi 30 juillet 2011

J'arrive


A bientôt, j'espère.

vendredi 29 juillet 2011

Les idiots


"Qu'a-t-elle vu, la femme de Loth ?" est le troisième roman de la grecque Ioanna Bourazopoulou. Je suis tombé dessus par le plus grand des hasards. Quel dommage si ce n’était pas arrivé !
Le gouverneur de la Colonie vient de mourir. Qui l’a tué ? Comment ? Que faire maintenant ? Ce qui commence comme un passionnant Cluédo se poursuit, dans une folie irrésistible, comme critique sociale.
Car quand sommes-nous ? Où ? Dans quel monde ? J’y viens.
Dans un futur proche, la Mer Morte a débordé. Tellement débordé que les eaux ont submergé la moitié de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie mineure. . Des millions sont morts et les réfugiés ont afflué dans les zones restées sèches. Pourquoi ce cataclysme ? Nul ne le sait ; ce n’est pas la question. Là où se trouvait l’ancienne Mer Morte, on a découvert un sel mauve plus puissant que les plus puissantes drogues. Ce sel, exploité exclusivement par la firme géante des Soixante-Quinze, se vend à prix d’or. Pour l’extraire et le vendre, la firme a racheté aux Etats voisins toutes les terres adjacentes au filon puis y a créé une « colonie », peuplée de milliers de salariés sans autre Droit que l’extensif règlement de la Colonie. Dans ce lieu, qu’une particularité géophysique empêche de rejoindre en moins de trois semaines, aucun système électrique ne fonctionne, la technologie y est donc celle du XIXème siècle (avec quelques inventions originales comme les berlines tirées par des équipages de cyclistes). Autour de ce lieu, le désert, plein de menaces et inaccessible. Cette enclave libérale, coupée du monde, est dirigée par un gouverneur, aux ordres toujours oraux, et recevant lui-même des instructions du siège, par coffre scellé, une fois par semaine. Il est « assisté » par une coterie de six notables comprador. La hiérarchie est impitoyable, la ségrégation sociale absolue. La seule égalité est celle de l’origine. Ici échouent les réfugiés apatrides et les désespérés fuyant leur passé, la plupart, sans doute les moins corruptibles, dans des positions subalternes et exploitées. La mort inattendue du gouverneur, non prévue par l’omniscient règlement de la compagnie, ouvre une boite de Pandore dont vont surgir folie et déraison.
"Qu'a-t-elle vu, la femme de Loth ?" est constitué de deux parties entrelacées. D’une part, nous lisons les six rapports des six protagonistes faisant les récits, partiels et partiaux, des jours qui ont suivi la mort du gouverneur, d’autre part nous voyons un spécialiste du « décryptage épistolaire », au siège, tenter de comprendre, à partir de ces récits, ce qui s’est réellement passé. Seule la fin offrira au lecteur le fin mot de l’histoire. Et il court vers la fin, le lecteur. Fou de curiosité, happé par des situations qui rappellent la folie des auteurs russes, l'imagination sans limite de Boris Vian, le nonsense des Monty Python, il ne lâche plus le roman, tournant les pages à toute vitesse, comme saisi de folie lui-même. Mais ce n’est pas tout. L’auteur a mis dans son livre un peu de Désert des Tartares, un trait de Colonie Pénitentiaire, un zeste de Caverne des Idées. C’est bizarre (la 4ème de couv dit : « bizarrissime »), brillant, fascinant. Original et mené de main de maître, "Qu'a-t-elle vu, la femme de Loth ?" est le roman qui m’a le plus excité depuis longtemps.

Note : Je ne cite jamais d'extraits d'habitude mais ici j'ai envie de la faire pour que chacun puisse voir de quoi il retourne et décider (c'est un ordre) de lire "Qu'a-t-elle vu, la femme de Loth ?". Nous sommes dans le bureau du gouverneur mort et les notables veulent ouvrir le coffre scellé pour savoir q'il y a des instructions secrètes. Ils craignent que le coffre soit piégé. "Nous décidâmes de prendre nos précautions.Les rideaux furent découpés en bandelettes qu'on s'enroula autour de la bouche et du nez, les chaises dont on brisa les pieds furent disposées autour de la table, formant un petit mur de protection face à la serrure du coffre, et l'on se cacha derrière. D'un commun accord nous confiâmes l'ouverture au docteur Fabrizio, habile chirurgien doté d'instruments adéquats. On enveloppa dans le tissu des rideaux ses poignets et ses avants-bras, on protégea sa tête, ses épaules et son ventre avec des oreillers et des couvercles de casserole."

Note : Ce roman a été écrit en 2007, il ne faut donc pas y voir la critique de la sphère financière après la crise, de l'impuissance des gouvernements, ou je ne sais pas quoi d'autre.

Qu'a-t-elle vu, la femme de Loth ? Ioanna Bourazopoulou

L'avis de Pitivier

Lu dans le cadre du Challenge Fins du Monde de Tigger Lilly et d'un partenariat Babelio.

jeudi 28 juillet 2011

Art et éthique


Terminé, par petits bouts, le recueil "Aphorismes" d'Oscar Wilde publié chez Arléa. Les écrits d'un auteur nous en apprennent sur l'auteur, la sélection qu'en fait un responsable éditorial (ici Alvin Redman) nous en apprend sur le responsable, les extraits que met en ligne un blogueur nous en apprend sur le blogueur.

De ce délicieux petit ouvrage, joliment préfacé par le toujours stupéfiant Stephen Fry ("Pour une petite tapette juive de mon acabit, quoi de plus facile que de tirer une certaine consolation de Wilde...Si j'avais...été bon au rugby et excité par les filles, aurais-je quand même été capable de comprendre la vraie grandeur de Wilde"), j'ai retenu trois phrases qui résument à merveille ce que j'aime chez l'auteur du "Portrait de Dorian Gray", la disjonction entre morale et art, que j'étendrai à une disjonction nécessaire entre morale et science. La créativité humaine ne doit pas être entravée par un filtre, si noble soit-il.

"Désormais, je n'approuve ni ne réprouve plus rien. Il est ridicule d'envisager la vie de la sorte. On ne nous a pas mis au monde pour faire étalage de nos préjugés moraux. Je ne prête pas la moindre attention à ce que disent les gens du commun, et je ne me mêle jamais de ce que font les gens charmants."

"Un artiste n'a pas de sympathies éthiques. Chez un artiste, un tel sentiment est un effet de style impardonnable."

"Un livre moral ou immoral, cela n'existe pas. Les livres sont bien ou mal écrits. C'est tout."


Aphorismes, Oscar Wilde

mardi 26 juillet 2011

Métamorphoses


"A Dance with Dragons" est enfin disponible depuis deux semaines. Six ans, as the crow flies, après la sortie du décevant "A Feast for Crows". L'attente fut longue mais l'inquiétude jamais forte ; la "relative" déception que fut le tome précédent étant due aux fils qui y étaient développés, le suivant ne pouvait, mécaniquement, qu'être plus apprécié (on se souvient en effet que "A Feast for Crows" et "A Dance with Dragons" constituent un seul énorme volume, scindé pour raisons pratiques ; en fait "A Dance with Dragons", après avoir renoué les fils parallèles, poursuit sur sa lancée, ce qui fait que la chronologie est retissée, permettant le retour de certains fils du précédent tome). Plus ici de Brienne de Tarth ou de vipères de Dorne (ou si peu), et tant mieux. Reste Arya (j'en redirai un bref mot).

Je vais m'efforcer d'être bref et cryptique afin de ne pas spoiler. Si certains lecteurs veulent des détails précis, qu'ils me contactent par le lien dédié ou ici.

Ce qui caractérise cet énorme volume (plus de 1000 pages) est la thématique de la métamorphose. La Guerre des Trones a culminé, ceux qui n'ont pas chuté vers leur mort sont arrivés en haut de la montagne, et tous redescendent maintenant, en suivant les lignes de force existantes et les pentes de moindre résistance, vers un nouvel équilibre stable, encore lointain mais qu'on sent poindre à l'horizon, ou vers l'oblitération qu'apportent l'Hiver et les Autres. En équilibre sur ce maximum comme sur son Mur, Jon Snow se dit plusieurs fois qu'il doit tuer le garçon en lui pour devenir un homme ; c'est la problématique à laquelle la plupart des personnages sont confrontés. Et c'est long, pénible, douloureux. Adoptons l'approche Point de Vue qui est celle de George RR Martin.

Tyrion, le nain le plus sexy (et le plus priapique) de l'histoire de la fantasy, est confronté à un problème qui a le mérité d'être clair : "Comment survivre ?". Il devra abandonner toute fierté et devenir le dernier des derniers pour y parvenir. Lui qui tirait les ficelles devient une marionnette, mais comme son cerveau est le mieux fait des Sept Royaumes, il saura tirer partie de la première opportunité pour couper ses fils.

Daenerys doit devenir reine. Après la guerre et la conquête, elle doit gagner la paix, épreuve bien plus difficile. Elle devient la "mère" du peuple qu'elle a libéré et tente toujours de convaincre plutôt que de soumettre. Elle apprendra dans sa chair qu'une reine ne fait pas ce qu'elle veut mais ce qu'elle doit, et qu'on gouverne avec sa tête et pas avec son coeur, même si le sien tente souvent de prendre le contrôle. Elle sera peut-être le plus grand des Targaryen, en tout cas le plus compatissant.

Jon Snow, nouveau Commandeur du Mur, se doit d'être neutre dans les conflits du royaume. Il a besoin de l'aide, imposée, de Stannis et de sa sorcière rouge, il doit se positionner par rapport aux wildlings, imposer son autorité sur des "frères" souvent loins de cautionner ses choix ou sa personne, tenter de protéger du mieux possible les royaumes humains face aux terreurs d'au-delà du Mur. Confronté aux conséquences d'un choix qu'il regrette en partie, il tentera de faire ce qu'il croit juste et assumera ses choix the hard way.

Bran, porté (littéralement) vers son destin, s'éloigne du monde des hommes pour commencer à devenir ce qu'il est. Plus et moins que le chevalier qu'enfant il rêvait d'être, son rôle dans les combats à venir sera certainement déterminant.

Théon, pauvre Théon. Le turncloak paie très lourdement ses diverses trahisons entre les mains du dément Ramsay Snow (nouvellement Bolton, par la grâce du roi Tommen). Le "conquérant de Winterfell" tombe plus bas qu'il semble possible. Devenu beaucoup moins qu'un chien, une seconde chance lui sera donnée, presque par hasard.

Stannis, toujours aussi raide et morne, se lance, comme Hitler et Napoléon avant lui, dans sa campagne de Russie. Alors que ses hommes meurent, qu'on mange les chevaux, que des traitres l'entourent, il avance, porté par la foi qu'il a dans son destin et la justesse de sa cause. Il en sortira endurci, ou mort.

Les dragons ne sont plus des jeunes. Ils deviennent des dragons adultes, qui mangent beaucoup, tuent des gens à l'occasion, déchainent chaos et destruction. Avant d'être l'arme dont Daenerys a besoin, ils sont le problème qu'elle doit gérer. Un problème de plusieurs tonnes, tout en griffes, crocs, flammes.

Ser Barristan Selmy, archétype des valeurs chevaleresques, serviteur fidèle et silencieux de nombreux souverains, est obligé pour la première fois de sa vie d'entrer dans le jeu des trones. Hanté par le souvenir de ses échecs passés, à son corps défendant et par amour pour sa reine, il prend place dans le jeu politique de Meereen, jusqu'à la guerre.

Cersei doit descendre de son piédestal pour sauver, peut-être, sa vie. L'humiliation qu'elle subit la sort du jeu. Et nul ne peut dire comment Tommen, invisible, se positionnera par rapport à cette mère, si différente de la lionne flamboyante qu'elle fut.

Je ne parlerai pas ici de Davos Seaworth, de Mance, de Melisandre, des délicieux Boltons. Je ne parlerai pas non plus du nouveau prétendant, sérieux, au Trône de Fer, ni du prétendant malheureux. Je ne parlerai pas des éléphants, des criquets au miel, de la traitrise constitutionnelle des mercenaires, de la maladie blanche, des Ironmen et de leur prêtre rouge, ni de tant d'autres choses dont je pourrais parler. Vous verrez par vous-mêmes le moment venu.

Je ne parlerai pas non plus d'Arya, dont le fil me paraît toujours aussi ennuyeux et pénible, tant il est éloigné du jeu des trones. Elle me rappelle le Ozzie Isaacs de Pandora's Star, parti baguenauer dans l'Univers pendant le chaos.

Rapide à lire malgré son éléphantesque taille, très plaisant car toujours aussi détaillé, descriptif, précis, tortueux à souhait, superbement et intelligemment dialogué, cruel sans merci aucune, "A Dance with Dragons" tient toutes ses promesses. Le lecteur avance dans l'histoire vers une conclusion encore impossible à prévoir. Nombre de personnages rencontrent un destin définitif. La tectonique des plaques politiques continue de déplacer les positions des uns et des autres. De ce point de vue le roman tient ses promesses.
Que peut-on lui reprocher alors ? Sûrement d'être un peu trop long. Certains passages sont trop descriptifs (et c'est une chose que je ne dis que très rarement), certaines questions ne progressent pas assez vite, un fil entier (auto-contenu dans ce volume) aurait pu être négligé imho (et ce n'est pas celui d'Arya). George RR Martin aurait pu faire plus court en nombre de pages, et de ce fait plus court en temps d'écriture (et de lecture), sans que le lecteur y perde beaucoup. Ceci dit, la seule, mais intense, frustration qu'inspire le livre est qu'il finit trop tôt. On aurait voulu savoir. De là l'angoisse causée par le délai prévisible (deux, trois, cinq, dix ans ?) qui sépare le lecteur de la parution du sixième tome.

George RR Martin, A Dance with Dragons

lundi 18 juillet 2011

Les blogueurs parlent aux blogueurs : GiZeus



Il n'est pas facile de communiquer avec GiZeus. Celui-ci ne descend que rarement de son Olympe pour nous gratifier de paroles sibyllines, qu'il rassemble dans un codex intitulé Foudre Olympienne. Allez y puiser grande sapience, car GiZeus la dispense libéralement. Mais, jeune pucelle, sois prudente, car il nage aussi (O_o), sous la forme d'un beau taureau blanc au front orné d’un disque d’argent et surmonté de cornes en croissant de lune.




1) Bonjour, peux-tu te présenter en deux mots (tu peux être aussi bref que tu veux…jusqu’au néant)

Salut ! IRL je m’appelle Xavier et j’ai 21 ans. J’ai suivi une formation scientifique et maintenant je suis des études en ingénierie informatique. Certains de mes potes essaient de me faire passer pour un geek alors que je m’éloigne complètement de l’archétype geek (ok je porte parfois des lunettes, mais c’est un détail!). Et je passe en quatrième année.

2) Pourquoi avoir créé un blog ? Est-ce le premier ? Le seul ?

En réalité mon blog est l’extension d’un processus démarré il y a de cela quelques temps. Quand je me suis remis à lire, j’ai commencé par la bande dessinée, et je suis rapidement tombé sur un site très sympathique qui vient de fêter ses 10 ans en mai, et qui s’appelle BDThèque. Là-bas j’ai d’abord consulté les avis pour choisir quelles séries je lirais, puis à mon tour je me suis mis à en rédiger. Après quelques temps, un des modérateurs et membres les plus actifs du site, un gars passionné par la BD (salut Spooky), m’a proposé d’écrire un article pour son blog. J’ai accepté et j’ai commencé à lui fournir quelques articles, avant d’ouvrir ma crèmerie à mon tour, sur un coup de tête, un beau jour où je n’avais rien à faire pendant mon stage d’été. Je me souviens que je n’avais rien préparé, que j’y étais allé en freestyle, et j’étais bien embêté quand il m’a fallu rédiger mon premier article le soir-même:P

3) Combien de temps y consacres-tu ?

Au départ j’y consacrais pas mal de temps ; j’essayais de l’alimenter régulièrement, entre une et deux fois par semaine. Mais ces derniers temps j’ai largement réduit son importance. Même si j’aime toujours écrire des articles, mon temps de lecture ayant diminué je ne peux plus l’alimenter comme avant. Là j’y passe 3 à 4 fois moins de temps qu’avant, et finalement ce n’est pas plus mal !

4) Blogues-tu tout ce que tu lis ?

Avant oui, je chroniquais pratiquement tout. Mais là j’en ai laissé échapper quelques uns. Je me prends moins la tête avec ça.

5) Comment choisis-tu ce dont tu parles sur ton blog ?

J’essaie en premier d’avoir quelque chose à dire dessus, et pouvoir apporter un certain éclairage sur ce qui est chroniqué. Après y’a aussi la flemme du moment;)

6) As-tu déjà lu certains livres simplement parce que tu te disais que ça pourrait faire un article intéressant pour ton blog ?

Non, mais il m’est déjà arrivé une fois ou deux de privilégier un bouquin de ma PAL pour cette raison.

7) Depuis combien de temps lis-tu de la SFFF ?

Pas longtemps, depuis 3 ans à peu près, la même époque à laquelle je me suis remis à lire en fait.

8) A quel rythme lis-tu ?

Dur de dire ça, je sors d’une période de vache maigre. Disons simplement que les 2 ou 3 bouquins par semaine que je pouvais m’enfiler avant ne sont plus qu’un lointain souvenir !

9) Que trouves-tu dans cette littérature de genre ?

En SF notamment, une certaine réflexion sur notre monde, rendue possible grâce à la création de sociétés « sur mesure » . C’est du moins ce que je recherche le plus au niveau critique.

10) Partages-tu cette passion avec ton entourage ?

J’ai beau essayer mais pas moyen ! A part ma petite soeur que j’essaie doucement de convaincre, mes parents restent indécrottablement attachés à leurs polars.

11) Quel a été ta première lecture SFFF ? Te souviens-tu de l’occasion qui t’a amené à cette lecture ?

Je dirais 2001 l’odyssée de l’espace, ou les replis du temps, un très vieux bouquin de je ne sais quelles années finissant en « ties » mais que j’avais adoré. Mais pour le prestige je dirai 2001 ! Je devais avoir onze ou douze ans, et j’étais tombé dessus complètement par hasard, sans avoir la moindre notion de distinction des genres.

12) Peux-tu nous décrire un (ou plus) grand souvenir de SFFF ?

Le trio classique chez moi : 1984, Fahrenheit 451, et La Zone du dehors. Les deux premiers m’ont ouvert les yeux, et le dernier a balayé des convictions personnelles d’une manière incroyable.

13) Quel est le livre qui t’a le plus marqué récemment ? (Répondre sans réfléchir)

Alors... je dirais... comme ça à brûle pourpoint... et sans réfléchir un instant, Alice de l’autre côté du miroir, et Crime et châtiment en non SFFF. J’avais eu du mal à pénétrer complètement le pays des merveilles au premier essai, mais en passant de l’autre côté j’ai carrément adoré.

14) Vers quelle genre SF, F, ou F, va ta préférence ? Et pourquoi ?

Jusqu’ici plutôt SF, en raison du discours intellectuel mélangé à l’histoire qui le rend plus digeste (et subtil souvent). Mais je commence à pencher légèrement vers la fantasy, là j’ai commencé le premier tome du disque monde, et je réfléchis au fait de m’attaquer au Trône de fer. Quant au fantastique c’est très limité, j’ai bien lu quelques nouvelles des siècles passées mais sans plus.

15) Comment ont évolué tes goûts entre tes débuts en SFFF et aujourd’hui ?

Pas beaucoup, je cherche surtout à découvrir le plus d’auteurs pour me donner une image de la vaste étendue du genre. Comme je l’ai spécifié juste avant, la fantasy va peut-être faire son entrée sur mon blog de manière plus conséquente.

16) Quels sont tes auteurs préférés ? Pourquoi ?

Argl, la question que je redoute à chaque fois ! Mais connaissant le respect assidu des droits de l’Ohm chez les membres du planet-SF, dont tu es un membre éminent, je vais me forcer à répondre. Je dirais Damasio, c’est la dernière plume que j’ai lue en SFFF qui ait réussi à imprimer sa prose d’un rythme à la fois souple et cadencé, qui transmet assez bien la passion de son combat. Son innovation dans la narration permet aussi le rapprochement des protagonistes avec le lecteur.

17) Y a-t-il des livres que tu regrettes d’avoir lu (temps perdu) ? D’autres que tu aurais regretté de ne pas voir lus ?

Non aucun, je regrette plutôt de ne pas pouvoir en lire plus ! A part les livres de collège/lycée, j’ai toujours choisi mes lectures, donc j’ai à la base été attiré.

18) Y a-t-il des auteurs dont tu lis tout (ou voudrait pouvoir tout lire) ?

Non, je suis de ceux qui laissent au moins quelques miettes pour préserver une certaine forme de suspens. Et puis je l’ai déjà dit, je n’ai pas le temps de me pencher sur toutes les oeuvres d’un même auteur si je veux agrandir mon panorama.

19) Vas-tu voir les auteurs sur les salons ? Ramènes-tu des interviews, des photos, des dédicaces ?

Non pas encore, mais surtout en raison de la rareté de ces salons par chez moi. J’habite à Nice et il y a peu de manifestations SFFF. Je n’ai pas non plus l’envie ni le temps de voyager à l’autre bout de la France pour assister à des salons SFFF. Autrement j’aimerais bien.

20) Que penses-tu de la bit-lit ? Et de Harry Potter ? (je crois que ces deux questions étaient indispensables ;-)

J’avais adoré HP, et là je vais devrais bientôt commencer le premier tome en anglais, pour parfaire la langue. Quant à la bit-lit, sans rien avoir lu du genre, je considère que c’est un genre comme un autre, qui a simplement profité de l’effet twilight pour s’imposer aussi vite. Mais si tu parles de la qualité et de l’estime que je lui voue, je n’en pense pas grand bien. Cependant, si je n’en lirai certainement jamais, je considère que dans un sens ce peut-être une bonne chose. Si des personnes peuvent s’intéresser à de la vraie littérature à travers la bt-lit, je suis tout à fait pour. Leur montrer que les livres peuvent être un grand vecteur d’histoire et d’imaginaire, au même titre que d’autres supports, voire plus, puis les hisser progressivement vers des lectures plus élaborées. De mon point de vue, tout livre est un tremplin vers un autre plus complexe et plus riche (en schématisant). C’est l’expérience que j’en tire du collège-lycée, où je ne lisais rien parce que je n’aimais pas ce que j’y lisais. J’ai compris qu’il fallait d’abord accrocher les gens pour qu’ils se mettent ensuite à apprécier d’eux-même un Balzac, un Hugo, etc.

21) Tes fournisseurs : librairies, bouquinistes, Internet ?

Plutôt les librairies, et même si je privilégies les petites structures il m’arrive de passer de temps en temps à la fnac. Sur internet très peu encore, sauf quand un livre est inaccessible. Et, rarement, des bouquinistes.

22) BD, comics, ou non ?

Je me suis remis à lire avec les BD. Mais en me remettant aux romans j’ai progressivement arrêté de lire des BD/comics/mangas.

23) Lis-tu aussi de la littérature « blanche » ? Si oui, qui aimes-tu particulièrement dans ce « genre » ?

Je débute encore plus dans la blanche qu’en SFFF, c’est dire ! Mais de ce que j’ai lu j’ai grandement apprécié Crime et Châtiment, un autre pavé de Dostoïevski sera bientôt de la partie, je le sens ! J’avais adoré Anna Karénine de Tolstoï, mais mon regard sur l’écrivain a changé après avoir abandonné Guerre et Paix à la moitié du premier tome.

24) Tentative de Weltanschauung : qu’aimes-tu comme musique ? Comme cinéma ? Quel est ton loisir favori ? Qui est ton philosophe de prédilection ?

Tout du moment que ça me plait. Pas compliqué comme gars, hein ! Mon loisir de prédilection ce serait plutôt le karaté (plus précisément le shindokaï) que je pratique depuis 4 ans, mais avec l’été qui arrive c’est plutôt la plage et les grandes baignades effrénées jusqu’à la bouée.

25) As-tu un Reader ?

Non.

26) As-tu déjà lu en numérique, même sur moniteur ?

Sur mon PC, mais j’ai rapidement arrêté (je ne prends en compte que les fanfictions)

27) Quel est ton rapport à la lecture numérique ? Penses-tu lire plus sous cette forme dans un proche avenir ?

Je ne me vois pas lire autre chose que de la doc et des infos sur PC. Je n’arrive vraiment pas à plonger dans la lecture romancée autrement que sur papier (en même temps je n’ai pas essayé de reader, ça ne me tente pas)

28) Quel est ton rapport à Internet ? Connecté depuis longtemps ?

Connecté depuis environ 10 ans, soit la moitié de ma vie. L’utilisation globalisée s’est faite en même temps que l’adsl, c’est à dire vers mes 13-14 ans. Mais je me souviens encore du modem grésillant à la moindre connexion !

29) As-tu un lien avec le monde de l’édition ? Ou du livre plus généralement ?

Absolument aucun, si ce n’est celui de lecteur.

30) Une dernière chose à dire au lectorat en délire ?

Votez pour moi. Mangez de la choucroute et la force sera avec vous !
Ah oui, et merci à toi Gromovar ;)





Merci de votre attention. Et n'oubliez pas ! Duck ! And cover !

vendredi 15 juillet 2011

Régressif


"JLA - Avengers" est un crossover entre la plus célèbre équipe de super-héros de Marvel et la plus grande de DC Comics. Il faut savoir que ces gens ne se rencontrent jamais, car ils vivent dans deux réalités séparées par une différence de fréquence vibratoire. Pour d'obscures raisons cosmiques, les deux dimensions parallèles entrent en contact, à la surprise de chacune.
Méfiance initiale, combats fratricides, paires conflictuelles (Vif-Argent / Flash, ou Hawkeye / Green Arrow), alliance, le scénario est un ultra-classique de ce type d'histoire. Mis à part le respect des passages obligés, celui-ci n'est guère excitant. Succession de combats, entre héros d'abord, puis contre des vilains qui ne sont que de la chair à canon, dialogue souvent minimaux, linéarité et brièveté de l'intrigue, Bof ! Le seul effort qu'a fait Busiek est de brouiller un peu les cartes temporelles en mettant en scène des versions différentes des divers protagonistes. On retrouve avec plaisir des avatars plus anciens de certains personnages, mais le plaisir ne va guère au-delà. Le dessin est très classique, à l'ancienne, il rappellera des souvenirs aux lecteur des publications LUG.
Cet album ne peut clairement satisfaire que les fans, qui essuieront une petite larme en voyant la photo de famille (ci-dessous), qui profiteront de quelques scènes bien troussées, et qui s'émouvront en revoyant des héros morts bien vivants, ou des couples pas encore séparés. En tant que fan, je ne regrette pas cette lecture, j'ai même été ému de revoir courir Barry Allen, mais ça ne va guère au-delà.
JLA - Avengers, Busiek, Perez

mardi 12 juillet 2011

A Dance With Dragons nude with Shakira


Je montre ça, je montre rien.

Merci à Férocias pour cette subtile technique de référencement ;-)

Suite, pas fin, et tant mieux


Sortie de "Mantique", tome 4 du Prométhée du très talentueux Christophe Bec, déjà chroniqué. Je n'ajoute rien à ce que j'écrivais sur les deux premiers tomes (la chronique du 3 étant visiblement passée à la trappe :-). Qu'on sache seulement que l'intérêt ne se dément pas. C'est de grande qualité et, alors que certains mystères trouvent leur explication, de nouveaux apparaissent. Du bien beau travail.



Tome 2 du "Dernier Cathare" de Delalande et Lambert, "Le sang des hérétiques". Là aussi, la suite est à la hauteur des promesses du début. La croisade des Albigeois fait rage, avec ses massacres inouïs, conduisant à ce qui, si ce n'est pas un génocide, est en tout cas clairement un ethnocide. Delalande fait vivre de vrais êtres humains, veules et cruels d'un côté, mais pas forcément nobles et courageux de l'autre, il met en scène le courage des humbles, au prix de leur vie ou de leur liberté, et le simulacre de négociations politiques fermées avant que d'avoir été ouvertes. Le Comte de Toulouse, humilié puis résistant, y perdra son indépendance, et l'Occitanie deviendra pour l'éternité une annexe du petit royaume de Paris.
Signalons la superbe mise en couleur de Bruno Pradelle qui est pour beaucoup dans la grande beauté formelle des planches.



Tome 14 VO du "Walking Dead" de Kirkman, Adlard, Rathburn, "No way out". La encore je renvoie aux nombreuses chroniques précédentes. Je dirai simplement que ce tome 14 retrouve la très forte intensité émotionnelle qui caractérisait certains épisodes précédents. De nouveau on est époustouflé par ce que s'autorise Kirkman, et la manière dont Adlard le met en image. La tension monte progressivement parmi les résidents d'Alexandria qui réalisent que leur sanctuaire est devenu une prison. Cette tension culmine, explose, et certaines planches sont reçues comme un coup par le lecteur. C'est ça la force de "Walking Dead".

Trois excellents ouvrages, qui prouvent que les suites ne sont pas toujours décevantes, loin de là, et trois séries vivement recommandables.

Mantique, Prométhée t4, Bec, Bocci, Rafaelle
Le sang des hérétiques, t2 Le Dernier Cathare, Dalalande, Lambert, Pradelle
No way out, The Walking Dead t14, Kirkman, Adlard, Rathburn

lundi 11 juillet 2011

Les blogueurs parlent aux blogueurs : Pitivier



Pitivier a bientôt 40 ans et il est toujours geek. Il joue aux jeux qui rendent fou, regarde des films dans lesquels des adolescents saturés d'hormones et de drogue se font découper à l'arme blanche par des dégénérés consanguins, il a même une femme qui lit Anne Gavalda (c'est dire...). Pour couronner le tout il écoute du métal et n'aime pas Lovecraft (là, je fais un signe des Anciens pour me protéger de cet apostat). Si j'étais vous, je ne le fréquenterais pas. Mais Ranxerox a quand même une grande qualité, il tient avec maestria le blog Pitiland. Voici ce qu'il nous a dit.



1) Bonjour, peux-tu te présenter en deux mots (tu peux être aussi bref que tu veux…jusqu’au néant)

Bonjour, c'est donc Pitivier, bientôt 40 (putain les boules). Informaticien le jour, accro aux jeux vidéo et aux films d'horreur la nuit, père de deux petites filles le reste du temps.

2) Pourquoi avoir créé un blog ? Est-ce le premier ? Le seul ?

J'ai passé de nombreuses années sur un forum qui parlait beaucoup de cinéma et de tout ce qui a un rapport avec l'imaginaire et puis le forum est mort petit à petit. Manque d'implication des admins, gueguerre entre certains membres... du classique quoi. A la mort de ce forum, je n'avais pas trop envie de m'investir dans un nouveau donc un jour je me suis dit... Et si je faisais un blog. J'en lisais déjà quelques uns régulièrement et j'ai trouvé ça marrant de m'y mettre. J'ai donc créé mon blog pour m'amuser sans trop savoir où cela allait m'amener et presque un an plus tard, j'y suis encore. Euh, sinon, oui c'est le premer et le seul.

3) Combien de temps y consacres-tu ?

Ça dépend du boulot et de la motivation, mais peut être une heure par jour en moyenne. Au début c'était plus mais j'ai réduit le rythme car ça me prenait trop de temps. Aujourd'hui, je suis arrivé à un équilibre qui me va bien.

4) Blogues-tu tout ce que tu lis ?

Quasiment oui. J'ai du laisser passer un ou deux trucs par manque de temps et de motivation.

5) Comment choisis-tu ce dont tu parles sur ton blog ?

Disons qu'au départ, il faut que ça ait un rapport avec l’imaginaire sous toutes ses formes même si j'ai fait quelques hors sujets. Mes lectures, j'essaye de ne pas trop laisser passer de temps avant d'en faire une chronique pour avoir les idées fraiches. Pour le reste, c'est selon l'envie et le temps dispo. Au début je parlais plus de ciné et j'ai laissé tomber depuis quelques semaines à cause d'une grosse quantité de travail et d'un manque de films vraiment marquants. Mais je vais m'y remettre. Il y a un ou deux films dont j'aimerais parler et puis j'ai une idée de dossier consacré à un genre de cinéma bien particulier.

6) As-tu déjà lu certains livres simplement parce que tu te disais que ça pourrait faire un article intéressant pour ton blog ?

Non, je ne pense pas. Tout ce que je lis c'est d'abord par envie. Il y a certains truc, je sais par avance que ça ne va pas forcement intéresser beaucoup de monde (les comics par exemple). Mais ça n'est pas grave, tant que ca m'amuse.

7) Depuis combien de temps lis-tu de la SFFF ?

J'ai commencé ado vers 13-14 ans par du King. Pendant longtemps, j'ai eu une période mono maniaque où je ne lisais que du King ou des trucs du même style comme Dean Koontz par exemple. Et puis vers 16-17 ans j'ai commencé à lire de la Fantasy : Tolkien, Eddings, Weis & Hickman. La SF est venue plus tard avec Asimov.

8) A quel rythme lis-tu ?

Je lis principalement pendant les transports et le midi si je peux. Le week end, avec les enfants, c'est même pas la peine d'y penser. En moyenne, je dois faire une centaine de pages par jour.

9) Que trouves-tu dans cette littérature de genre ?

Dépaysement, aventures, héroïsme... Pas très original je sais. C'est un peu tout le monde pareil. La littérature de l’imaginaire c'est un moyen de s'échapper quelques instants du quotidien.

10) Partages-tu cette passion avec ton entourage ?

Pas trop non. Ma femme n'a pas le temps de lire ou ne le prend pas. Et quand elle lis c'est plus des trucs du genre Anna Gavalda. Ma famille, n'en parlons pas quand aux amis, ils sont plus branchés ciné.

11) Quel a été ta première lecture SFFF ? Te souviens-tu de l’occasion qui t’a amené à cette lecture

Tout petiot j'ai lu un peu de Jules Vernes. Sinon, le premier livre qui m'a vraiment marqué, ça doit être le portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde. J'ai lu ça pour l'école. Ça figurait dans une liste de livres et on devait en choisir un pour en faire une fiche. J'ai toujours détesté les classiques français. Balzac, Flaubert c'est vraiment pas mon truc donc je me suis dit, pourquoi pas ça et j'ai adoré.

12) Peux-tu nous décrire un (ou plus) grand souvenir de SFFF ?

Dur dur... Ado j'ai été très marqué par Ça de Stephen King. J'en rêvais la nuit. Si je relisais ce livre maintenant je trouverais ca sans doute ridicule. Mon amour de King s'est depuis bien longtemps envolé. Sinon l'échiquier de mal de Dan Simmons m'a foutu une trouille pas possible. La partie d'échec avec les prisonniers juifs est traumatisante.

13) Quel est le livre qui t’a le plus marqué récemment ? (Répondre sans réfléchir)

Sans hésitation possible, American Psycho de Bret Easton Ellis. Une claque monumentale. Il faut absolument que je lise d'autre livres de ce fou furieux. Sinon, dans une moindre mesure, le trône de fer.

14) Vers quelle genre SF, F, ou F, va ta préférence ? Et pourquoi ?

La Fantasy aura sans doute toujours ma préférence. J'ai moins une culture SF même si j'essaye de me rattraper mais la Fantasy, j'y reviens toujours avec beaucoup de plaisir. Tolkien, Eddings, Weis & Hickman, c'est toute ma jeunesse. Des heures de plaisir. Même Gemmell, j'aime beaucoup. Legend est un livre fantastique. Je me demande encore pourquoi personne n'a eu l'idée d'en faire un film. Ce mélange entre Conan et Fort Alamo ça marcherait du tonnerre.

15) Comment ont évolué tes goûts entre tes débuts en SFFF et aujourd’hui ?

J'ai complètement laissé tombé Stephen King dans tous les sens du termes. Ça fait des années que j'ai arrêté d'en lire et le bonhomme m'énerve pas mal. Sinon j'ai quelques lacunes honteuses en SF que j'essaye de rattraper, ce qui explique que la SF représente aujourd'hui la majorité de mes lectures.

16) Quels sont tes auteurs préférés ? Pourquoi ?

Tolkien, ben parce que Tolkien quoi. C'est quand même grace à lui que la Fantasy existe. Sinon, en SF mon auteur favoris est sans aucun doute Asimov. Il a une capacité à vulgariser la science pour que même un béotien comme moi réussisse à tout comprendre. J'aime beaucoup Dan Simmons, Robert Charles Wilson et Christopher Priest également.

17) Y a-t-il des livres que tu regrettes d’avoir lu (temps perdu) ? D’autres que tu aurais regretté de ne pas voir lus ?

Dernièrement, le tome 3 de Hunger Games. J'ai vraiment le sentiment d'avoir perdu mon temps. J'ai souvenir de séances chez le dentiste plus passionnantes.

18) Y a-t-il des auteurs dont tu lis tout (ou voudrait pouvoir tout lire) ?

Je dois avoir lu pas mal de romans d'Asimov. Sinon j'ai bien l'intention de lire tous les romans de Bret Easton Ellis. J'en ai déjà trois qui attendent sagement.

19) Vas-tu voir les auteurs sur les salons ? Ramènes-tu des interviews, des photos, des dédicaces ?

Euh non pas le temps et puis tous les salons intéressants sont en province, donc pas trop possible pour moi en ce moment.

20) Que penses-tu de la bit-lit ? Et de Harry Potter ? (je crois que ces deux questions étaient indispensables ;-)

La bit-lit, je n'en pense rien du tout. Je ne suis pas client (même si j'aime beaucoup la série True Blood) mais il en faut pour tous les gouts. Ca me gonfle juste un peu quand je vois la place que ça prend dans le rayon SFFF. Harry Potter je ne suis pas client également. Je n'en ai jamais lu. Mais le bonhomme a toute ma sympathie pour avoir donné le gout de la lecture à des milliers d'ados.

21) Tes fournisseurs : librairies, bouquinistes, Internet ?

Par facilité les grandes surfaces culturelles en premier et internet en second. J'ai un Gibert Joseph à coté de chez moi où je me fournis également de temps en temps en occasions.

22) BD, comics, ou non ?

Les comics oui beaucoup. J'ai commencé tout jeune avec les Strange et je me suis remis il y a quelques années. Je privilégie la vo car moins chère et j'ai plus de choix. En plus quand on vois le travail de sagouin que fait Panini, ca donne pas envie de se mettre à la VF. Heureusement, ils viennent de perdre les droits DC. La BD franco-belge, je n'en lis que très rarement. C'est assez cher et pas pratique à transporter (ben oui, je lis beaucoup dans les transports) et puis attendre 18 mois entre deux tomes, ca me gonfle. Au moins avec les comics, ça pulse. Tous les 6 mois, un volume de 130 pages... Quand aux mangas, c'est pas mon truc. J'ai essayé une fois. J'ai lu la série Monster de Naoki Urasawa. J'ai trouvé ça mauvais, mais mauvais et long, très très long.

23) Lis-tu aussi de la littérature « blanche » ? Si oui, qui aimes-tu particulièrement dans ce « genre » ?

Très peu et encore moins français. Breat Aston Ellis que j'ai découvert cette année. Cormac McCarthy que j'ai déouvert il y a deux ans. Dans les auteurs français contemporains, le seul que j'aurais envie de lire c'est Houellebecq. J'aime beaucoup le coté décalé du bonhomme. Après je ne sais pas si ses livres me plairaient mais je pense que j'en lirais au moins un un jour.

24) Tentative de Weltanschauung : qu’aimes-tu comme musique ? Comme cinéma ? Quel est ton loisir favori ? Qui est ton philosophe de prédilection ?

En musique, beaucoup de Métal mais aussi les Pink Floyd, Springsteen, les Beatles. Le Rock en général. Niveau cinéma mes réalisateurs préférés sont sans conteste David Lynch, Roman Polanski et Brian De Palma. J'aime également beaucoup le cinéma de genre. Beaucoup de cinéma d'horreur ou d'épouvante. J'ai une affection toute particulière pour le cinéma de genre italien. Mario Bava, Dario Argento, Lucio Fulci, Umberto Lenzi et des films comme Suspira, La baie sanglante, Cannibal Holocaust, L'au-dela. Enfin, je ne me lasse jamais de revoir Chaplin ou Buster Keaton.... Mes loisirs, mis à part remplir des Billy avec des livres et des DVD... les jeux vidéos qui me prennent une bonne partie de mon temps de sommeil. Ah et je me suis remis aux rollers pour pouvoir en faire avec ma fille. J'espère ne rien me casser. Enfin, mon philosophe de prédilection... François Rollin, ça compte ?

25) As-tu un Reader ?

Non

26) As-tu déjà lu en numérique, même sur moniteur ?

Oui sur un PC. Pas terrible.

27) Quel est ton rapport à la lecture numérique ? Penses-tu lire plus sous cette forme dans un proche avenir ?

Je suis intrigué et attentif. Je suis d'ordinaire technophile mais là je ne suis pas pressé de passer le cap. Je considère que l'offre n'est pas encore là et que la technique n'est pas encore mature. Les readers comme le Kindle sont pas mal mais ne permettent pas de faire autre chose. Quand aux tablettes elles ne sont pas encore performantes pour lire au quotidien. Et puis hors de question de dépenser 300€ dans un joujou comme ça.

28) Quel est ton rapport à Internet ? Connecté depuis longtemps ?

Internet c'est un peu mon quotidien et une partie de mon taf. J'y suis connecté depuis 1994 pour le boulot et 1996 perso. Je suis devenu Internet addict. C'est triste à dire mais je dois passer plus de temps sur le net qu'avec mes enfants. Quand je n'ai plus Internet chez moi, je regarde mon ordinateur en me demandant à quoi peut bien servir cette chose carré et moche.

29) As-tu un lien avec le monde de l’édition ? Ou du livre plus généralement ?

A part ma carte virgin... aucun.

30) Une dernière chose à dire au lectorat en délire ?

Euh.... du calme les filles.





Merci de votre attention. Et n'oubliez pas ! Duck ! And cover !

dimanche 10 juillet 2011

I'll come back for you


"Bridesicle" est une nouvelle de Will McIntosh publiée dans Asimov's en 2009, prix Hugo et nominée Nebula.
Dans un futur proche, les morts peuvent être cryogénisés pour attendre des soins et un réveil à venir. Une assurance paie la cryogénisation et la conservation, mais c'est à quelqu'un de payer, le cas échéant, les soins de réanimation. Mira est stockée après un accident mortel de voiture. Sortira-t-elle du stock et comment ?
"Bridesicle" traite intelligemment de questions d'éthique qui nous guettent peut-être à moyenne échéance. Faut-il stocker les morts en attente d'un espoir de soin ? Qui aura accès à ce service ? A quel prix ? Quels seront les droits de ces ni-morts ni-vivants ? Les réponses qu'apporte l'auteur sont glaçantes (c'est le cas de le dire). Car si la mise en chambre froide est payante, la sortie du centre est loin d'être gratuite, et les morts doivent payer de leur personne s'ils veulent espérer vider les lieux (difficile d'en dire plus sans spoiler).
Ce qui fait l'immense qualité de cette nouvelle tient au fait que McIntosh parvient à poser une vraie question intellectuelle et à lui donner corps à l'aide de personnages qui provoquent l'empathie du lecteur. L'angoisse de Mira, sa tristesse, ses maigres rêves, son espoir, donnent réalité à ce qui n'aurait été sinon qu'une interrogation théorique. Comme dans Soft Apocalypse, l'histoire est portée par un personnage avec qui l'on tremble et dont on veut le bien. Et, comme dans son roman, McIntosh, en abordant une problématique qu'il connait bien académiquement, parvient à en tirer le meilleur.
La nouvelle se télécharge ici. Ne passez pas à côté.
Bridesicle, Will McIntosh

Stilnox


"Magiciennes et sorciers" est la seconde anthologie publiée par Mnémos à l'occasion des Imaginales. Elle m'a paru bien inférieure à la première, "Rois et capitaines", qui était déjà bien moyenne.
Point de fantastique ici (ou à la marge) mais essentiellement de la fantasy, historique parfois. C'est un choix ; pourquoi pas ? Ce qui pose problème dans ce recueil, c'est qu'il y a écrit "Nouvelles de commande" à l'encre invisible sur la couverture. Les auteurs présents ne se sont visiblement pas trop fatigués, et je ne suis pas sûr qu'ils étaient tous inspirés par le thème (à preuve, beaucoup d'auteurs ont simplement recyclé leur univers ou leur personnage principal dans une optique Tintin ou Martine). La lecture de ce recueil a été un long ennui, à deux ou trois exceptions près dont j'ai envie d'embrasser les auteurs pour les remercier. Les voici :

Coeur de serpent de Sire Cédric est un bon conan-like qui, à défaut d'être original, est bien réalisé. Dès les premières lignes on sait où on se trouve tant les références sont correctement exploitées.

Toiles déchirées de Charlotte Bousquet est un joli texte sur la grandeur, la décadence, la trahison, et la vengeance, agréable à lire même s'il souffre d'une certaine lenteur.

T'humilierai de Justine Niogret est sans doute le meilleur par la tension et le malaise qu'il parvient à induire en seulement quelques pages, preuve d'une grande maîtrise littéraire C'est le seul texte dans lequel je sois entré émotionnellement.

Le crépuscule des maudites de Sylvie Miller et Philippe Ward est un bon texte de fantasy historique, crépusculaire, et au contexte original.

L'Autre de Pierre Bordage est un récit intelligent qui montre comment la frustration sexuelle et la rumeur ont conduit des milliers de femmes au bucher. Si on a aimé, il faut aller lire The Hangman's Daughter.

Au final, lire "Magiciennes et sorciers" ne fut qu'un ténébreux orage, traversé çà et là par de brillants soleils.

Magiciennes et sorciers, anthologie

L'avis d'Efelle

L'avis de Lelf

L'avis de Serafina

vendredi 8 juillet 2011

Break on Through


L'anthologie officielle des "Utopiales 2010" est un moyen agréable de se souvenir des Utopiales (à fortiori quand on n'y est pas allé). Elle m'a paru, de plus, supérieure à la version 2009.

Préface de Pierre Bordage pour démarrer, et préciser le thème de l'année, les Frontières. Puis huit textes globalement satisfaisants, avec des nuances que je vais développer maintenant.

Miroirs du ciel, de Vincent Gessler, est une nouvelle très bien écrite. Dans un monde qui rappelle un peu Dune, elle met en contact un inspecteur interplanétaire et la tribu d'autochtone. Passer la frontière entre leurs mondes va nécessiter beaucoup de temps, d'efforts, d'investissement personnel. Je ne sais pas si c'était le but mais j'ai trouvé que c'était l'un des plus beaux et virulents plaidoyers que je connaisse contre le tourisme, meme éthique. Ce texte m'a fait une bien meilleure impression que Cygnis, du même.

La chose, de Peter Watts, est une réflexion pertinente sur les concepts de vie, d'identité, d'intelligence. Watts maitrise toujours aussi bien ce type de problématique et il donne, à chaque fois, matière à penser. Accessoirement, ça m'a permis de comprendre enfin la logique interne du film de John Carpenter, et ça aussi c'est magnifique.

La fête de la comète, de Juan Miguel Aguilera. Texte fantasticouille avec univers parallèles et embranchement dans l'Histoire (un peu à la Spération de Priest). On y croisera les membres du Bauhaus, et des pratiquants de Mensur, duel martial universitaire prussien complètement inconnu en France (et dont je m'étonne qu'un espagnol le connaisse ;-) On y apprend que les nazis sont bien méchants, que les allemands sont vraiment un peuple amoureux du sang, et que répondre à la violence par la violence ne conduit qu'à plus de violence. De la bonne discussion de bistrot.

Reviens, Carol, de Larry Niven, prouve si besoin en était le génie des vieux auteurs américains. Récit drôle, enlevé, léger, presque ubuesque dans son absence d'explication, il devient hard-sf lorsqu'il prouve de manière percutante que la téléportation n'annule pas les lois connus de la physique.

Le vieux cosmonaute et l'ouvrier du bâtiment rêvent de Mars, de Iain McDonald, montre comment la vision romantique russe de la conquête spatiale aurait coulé dans les eaux glacées du calcul égoïste quand l'Ouest aurait repris les choses en main. Bien vu, mais que de mots pour le dire.

La ville féminicide, de Thomas Day, romance l'histoire des Disparues de Juarez. Dur, violent, gore, Day compose un récit d'une noirceur absolue, donne une explication originale à l'affaire, sans oublier de décrire en détail la misère, la corruption, et la violence de la cité-frontière. Il montre une fois encore qu'il est sans doute le plus couillu des auteurs français.

Le chasseur de jaguar, de Lucius Shepard, est tellement prévisible et convenu que ça fait pitié. On a connu le grand Lucius bien plus inspiré.

Les rivages extrêmes de la mer intérieure, de Justine Niogret, est un texte qui commence bien, par une description claustrophobique, un "mystère", et l'ébauche d'un système social, puis se perd dans la banalité. Dommage pour une jolie plume.

Au final ce recueil constitue une lecture agréable à qui il n'y a aucun grand reproche à faire.

Utopiales 2010, anthologie

L'avis du Traqueur Stellaire

Lu de conserve avec Efelle et Lhisbei.

Et parce que Lhisbei a écrit :"Et parce que la nouvelle de Ian McDonald nous parle de Mars, celle de Vincent Gessler nous emmène sur une exo-planète et que celle de Justine Niogret est pour moi du post-apo, j'appose solennellement une guirlande de logos", je fais de même.

Challenge Fins du monde
Challenge Summer Star WarsV
Défi martien

jeudi 7 juillet 2011

Water, water, everywhere, and all the boards did shrink

"Becalmed" de Kristine Kathryn Rusch est une nouvelle publiée récemment dans Asimov's. Dans un vaisseau spatial, partie d'une grande flotte, militaire, juridique, et stricte, à la Galactica, une femme attend un possible jugement. Elle aurait fait des choses terribles planetside mais ne veut/peut pas s'en souvenir. Attaqué, le dit vaisseau s'est retrouvé encalminé dans l'hyperespace. Encalminé comme la vie de cette femme à l'arrêt.

Je n'aime pas les récits dont la dynamique est basée sur un grand secret précédant le début du texte et qui n'ont pas la courtoisie de finir par éclairer le lecteur (de ce point de vue "La nef des fous" de Richard-Paul Russo est un cas d'école). C'est le cas dans "Becalmed". Et donc, comme pour d'autres textes, le côté "allumeuse" d'une nouvelle qui suggère beaucoup mais ne montre rien m'a profondément frustré et m'a fait sortir marri et un peu furieux de l'expérience.

Becalmed, Kristine Kathryn Rusch in Asimov's

Lu dans le cadre du challenge Summer Star Wars 5 de Lhisbei.

lundi 4 juillet 2011

Dans le royaume de Namor


"Le monde perdu sous la mer" est un court roman écrit en 1929 par Sir Arthur Conan Doyle. Après avoir envoyé de courageux explorateurs visiter les entrailles de la Terre dans "Le monde perdu", c'est cette fois au fond de l'Océan Atlantique que Doyle expédie d'intrépides anglo-saxons. Ils y découvriront, sans le vouloir, ce qui reste de la civilisation atlante, engloutie depuis 8000 ans.
"Le monde perdu sous la mer" est un petit bijou de désuétude. Désuet, ce roman l'est par sa forme. Epistolaire, il décrit les péripéties de trois explorateurs au fond des mers et les étranges rencontres qu'ils y font, à l'aide de force lettres et carnets de bord. Très descriptif, Doyle utilise une profusion d'adjectifs, souvent très évocateurs, qui n'est pas sans rappeler Lovecraft par moments. Quand aux expressions et tournures de phrases, elles sont aussi caractéristiques de l'époque, fréquemment emphatiques et gentlemanly. Mais le fond aussi donne à ce roman une patine charmante. Le Bien y affronte le Mal ; la passion scientifique rend fou et inconscient du danger ; on utilise l'Ether pour faire de la télépathie ; on mange au fond d'une fosse marine du pain, du café, du thé, du lait synthétisés par les atlantes ; la culture britannique conquiert et séduit un peuple atlante pourtant gros de 8000 ans d'Histoire ; les femmes sont belles, soumises, suivistes, les hommes courageux et nobles ; les progrès de la science permettent de croire que tous les mystères seront bientôt dissipés (on retrouve ici le Lovecraft des Montagnes Hallucinées en version optimiste).
Au final "Le monde perdu sous la mer" est une lecture rapide et agréable, dans la lignée de ces romans d'aventure scientifique du début du XXème siècle où tout finissait bien en général, et où de vaillants explorateurs britanniques (français quand l'auteur était français) ramenaient fortune, connaissances, et femmes exotiques, de leurs expéditions au-delà du monde connu.
Note : Un point sur lequel Doyle est tragiquement moderne (il n'a pourtant ni lu Marcuse ni connu la disneyisation du monde). Voici comment il explique la cause de la chute de l'Atlantide : "...à mesure que les richesses augmentaient, les visages à l'écran devenaient bestiaux et cruels...On nous montra les signes d'une dissipation lascive, d'une dégénérescence morale, l'accroissement de la matière et le déclin de l'esprit. Les sports brutaux avaient pris la place des anciens exercices virils. Il n'y avait plus ni vie familiale simple et tranquille ni culture de l'esprit, nous avions la vision d'un peuple superficiel, agité, en quête d'une chose puis d'une autre, voulant saisir le plaisir sans savoir le garder, imaginant pouvoir le trouver sous une forme toujours plus complexe, toujours moins naturelle. Apparurent, d'un côté une classe riche ne cherchant que la gratification sensuelle, et de l'autre, unrésidu pauvre dont l'unique fonction était de servir les besoins des maîtres, si mauvais fussent-ils.". Depuis Platon, cette occurrence ne cesse de se répéter.

Le monde perdu sous la mer, Arthur Conan Doyle

The androids are still dreaming


Chroniquer le tome 2 d'une BD revient à confirmer, ou pas, ce qui a été écrit sur le tome 1.
Je confirme donc. Le tome 2 du "Do androids dream of electric sheeps ?" a donc les (grandes) qualités et les (petits) défauts du tome 1. L'exposition terminée, l'action est plus intense, et il y a moins de mercérisme (je le précise pour les allergiques, qui ont bien tort, car le mercérisme est une partie importante de ce que K. Dick voulait dire). Le point est toujours l'empathie et la compassion, avec la volonté de vivre et de faire (Deckard dit de sa femme : "La plupart des androides que j'ai connus ont plus de vitalité et de désir de vivre que ma femme", à combien d'entre nous la femme de Deckard peut-elle être comparée ?). Le récit se déroule, intelligent et beau (nonobstant l'intervention inexplicable de Polokov), entre une très bonne préface de Richard Starkings, et un dossier conclusif qui ne l'est pas moins. Suite et fin en septembre.
Do androids dream of electric sheep ? tome 2, d'après Philip K. Dick, adapté par Tony Parker

dimanche 3 juillet 2011

The Devil inside


Nouvelle saison de la série de BD "Sept" dont j'avais chroniqué l'excellent Sept missionnaires. J'ai déjà écrit quelque part qu'il est difficile de faire de l'horreur en BD, et encore plus en one-shot. C'est donc un vrai plaisir de constater que Luca Blengino se sort avec les honneurs de cet exercice périlleux.
"Sept survivants" raconte le cauchemar que vivent sept voyageurs, perdus et enfermés dans un tunnel routier. Luttant pour survivre et fuir, ils y seront confrontés à la mort physique, mais surtout à leur propres démons, et ils sont nombreux. Tous sont vraiment antipathiques et pourtant nul ne peut espérer leur échec. C'est l'humanité du lecteur qui exprime sa solidarité face à une menace non humaine.
Le récit de "Sept survivants" est parfaitement maitrisé. Blengino fait monter progressivement la tension ; le mystère reste longtemps entier et le lecteur sent le piège se refermer sur lui comme sur les protagonistes du récit ; le final est plutôt malin, en forme de victoire à la Pyrrhus ; et une fois admis le principe de base qui est surnaturel, rien n'est absurde dans ce récit qui possède une logique interne forte.
En ce qui concerne les graphismes on ne peut pas dire que Denys et Delf se soient épuisés. Si les aplats de couleur peuvent se justifier par l'ambiance monochrome du tunnel, le trait de Denys est vraiment très basique, même s'il cadre plutôt bien. C'est le scénario qui fait la qualité de cet album aux graphismes décevants. Rappelons, pour mémoire, que le même Blengino avait déjà scénarisé le très bon Gold Rush.
Sept survivants, Blengino, Denys, Delf