lundi 12 septembre 2011

Il est la Loi


Soleil a eu la bonne idée de sortir récemment, dans sa collection Soleil Comics US, l'intégrale des aventures de Judge Dredd en plusieurs volumes de 300 pages noir et blanc. Le premier contient les épisodes 2 à 60 + le pilote et quelques bonus.
A Mega City One, mégalopole forte de plusieurs centaines de millions d'habitants, couvrant toute la côte Est des Etats-Unis et séparées des City Two et Three par le désert nucléaire où vivent les mutants cannibales, les lois sont innombrables, sévères, et un corps spécialisé de Juges les fait respecter. Ceux-ci interpellent, jugent, et appliquent immédiatement la sentence. Faire tenir un tel empilement d'humains sur un espace restreint sans que ce soit le chaos total n'est possible qu'au prix de restrictions sévères des libertés individuelles. Sévères mais justes, les Juges sont le bras armé d'une forme hobbesienne d'Etat. Ils sont la seule institution qui se dresse contre des menaces qui font parfois des milliers, voire des dizaines de milliers de morts d'un coup. Ils le font au péril de leur vie, et s'ils n'hésitent pas à tuer, ils sont aussi régulièrement victimes de la violence qu'ils combattent. Le plus dur, le plus implacable, le plus sévère de tous les juges est la légende vivante Judge Dredd. Plus héroïque de tous les Juges, il est aussi celui qui a le plus l'air d'un robot, tant il semble ne faire qu'un avec la Loi et être inaccessible à tout sentiment humain, notamment le pardon et la pitié.
Dans ce premier album nous assistons à un certain nombres d'évènements qui rappelleront des souvenirs aux fans : révoltes des robots, retour de Rico, singes mutants mafieux, conspiration des caverneux, affectation sur la Lune (avec les juges de la cité communiste, c'est écrit autour de 79), etc...
Soyons clair. Judge Dredd n'est pas très bien dessiné. Les histoires sont d'une simplicité biblique et contiennent souvent une petite morale finale qui prête à rire. La critique sociale, qu'on sent quelquefois sous-jacente, ne casse pas trois pattes à un canard. Le personnage principal est difficile à aimer comme à haïr tant il est froid et mécanique (son robot domestique, Walter, est bien plus humain que lui). Et pourtant j'aime vraiment bien. Judge Dredd parle à mes hormones males, à mon cerveau reptilien, à la partie de moi qui n'a aucune envie de tendre l'autre joue. De plus c'est d'une lecture tellement aisée et rapide que ça détend entre deux pavés de SFFF. Je me suis bien amusé et j'attaque sous peu le volume 2.
Judge Dredd, Intégrale t1, Collectif

11 commentaires:

Guillaume44 a dit…

La Loi, c'est Moi !!!

Gromovar a dit…

Usurper le statut de Juge est passible de dix ans de prison.

C'est d'ailleurs ce qui est marrant dans Judge Dredd. On y juge non pas un homme comme dans nos systèmes judiciaires mais un acte. Donc à chaque infraction correspond une peine unique qui est immédiatement appliquée.

Munin a dit…

Ca simplifie le problème. Plus besoin d'intention de nuire, de circonstances aggravantes, d"intention dolosive, de préméditation, ou quoi que ce soit d'autre. Les pénalistes qui ont conçu le code ont tellement bien fait leur boulot qu'on a plus eu besoin d'eux pour l'interpréter après !

Gromovar a dit…

Voila, c'est précisément ça :)

Melcouettes a dit…

ahhh merci! Ca fera une belle petite surprise pour l'homme :-)!

Aigo a dit…

Dans le fond c'est une conception de la justice qui est assez semblable à ce que décrivent les Européens voyageant en Turquie aux XVIIe et XVIIIe siècle.

Gromovar a dit…

@ Melcouettes : Heureux homme.

@ Aigo : Tout à fait.

Un lecteur a dit…

"There is no justice. Only me."
~Dredd

Gromovar a dit…

"You'd better not forget it"

Un lecteur a dit…

Je viens de me le procurer. La traduction est SCANDALEUSE : des fottes daurtogueraff particulièrement immondes toutes les deux pages...

Gromovar a dit…

Absolument d'accord. On se croirait chez Panini.